LVIII. AU ROI
Présentée à sa majesté , au camp devant Friliourg. IVovenifare 1744.
V on s, dontl'Europeentiepeaime on craint la justice, Brave et doux à la fois, prudent sans artifice, Roi nécessaire au monde , où portez-vous vos pas ? De la ficvi-e échappé vous courez aux combats ! Vous volez à Fribourg ! En vain la Peyronie Vous disait : « Arrêtez, ménagez votre vie ; « Il vous faut du régime et non des soins guerriers : « Un héros peut dormir couronné de lauriers». Le zèle a beau parler, vous n'avez pu le croire; Rebelle aux médecins, et lîdele à la gloire. Vous bravez l'ennerui, les assauts, les snisoas, Le poids de la fatigue et le feu des caiiOQs. Tout l'état en frémit , et craint votre -courage :
EPÎTRKS. il
Vos ennemis, grand roi, le craignent davantage. Ah! n'effrayez que Vienne, et rassurez Paris; Rendez, rendez la joie à vos peuples chéris ; Rendez-nous ce héros quon admire et qu'on aime.
Un sage nous a dit que le seul bien suprême , Le seul bien qui dn moins ressemble an vrai bonheur, Le seul digne de l'homme est de toucher uu cœur. Si ce sage eut raison , si la philosophie Plaça dans l'amitié le charme de la vie, Qi;el est donc, jnstes dieux .' le destin d'un bon roi Qui dit , sans se flatter, Tous les cœurs sont à moi '.' A cet empire heureux qu'il est beau de prétendre ! Vous qui le possédez, venez, daignez entendre Des bornes de l'Alsace aux remparts de Paris Ce cri que l'amour seul forme de tant de cris : Accourez, contemplez ce peuple dans la joie Bénissant le héros que le ciel lui renvoie : Ne le voyez-vous pas tout ce peuple à genoux. Tons ces avidt's yeux qui ne cherchiut que vous. Tous nos cœurs enflammes volant sur notre bouche? C'est là le vrai triomphe et le seul qui vous touche.
Cent rois au capitoie en esclaves traînés, Leurs viUes, leurs trésors, et leurs dieux enchaînés, Ces chars étincelauts , ces prêtres , cette armée , Ce sénat insnllant à la terre opprimée. Ces vaincus envoyés du spectacle au cercueil; Ces tî-iomrihi s de Rome étaient ceux de l'orgueil : Le vôtre est de l'amour, et la gloire en est pure; Un 'Our les effaçait, le votre à jamais dure ; Ils effrayaient le monde, et vous le rassurez : A"(ius, limage des dieux sur la terre adores. Vous, que dans l'âge d'or e!le eût chf)isi pourmaiue, Gi>ùt;^z les ioais heureux que vos soins font renaître: Que ia paii: florissante embel'i.'se lenr cours. Mars faitdesjoursbrillaiits. la paxfaitles beaux ours ; Qu'elle vole à la voix du vaimiutuv cul l'appeilt- , tt qui n'a combattu que pour nous et pour elle!
EPITRES. t,g