LXL AU ROI DE PRUSSE
qui avait adressé des vers à l'auteur, snr ces rimes redoublées. ( 1747.)
Xu ORSQUE deux rois s'entendent bien , Quand chacun d'eux défend son bien.
Et du bien d'autrui fait ripaille ; Quand un des deux , roi très chrétien , L'autre qui l'est vaille que vaille, Prennent des murs, gagnent bataille, Et font sur le bord stygien Voler des pandours la canaille; Quand Berlin rit avec Versaille
Aux dépens de l'Hanovrien , Que dit monsieur l'Autrichien :' Tout honteux il faut qu'il s'en aille Loin du monarque prussien , Qui le bat, le suit , et s'en raille.
Cela pourra gâter la taiUe De ce gros monsieur Bartenstein, Et rabaisser ce ton hautain Qui toujours contre vous criaille.
C'est en vain que l'Anglais travaille A combattre votre destin ; Vous aurez l'huître et lui l'écaillé; Vous aurez le fruit et le grain , Et lui l'écorce avec la paille.
Le Saxon voit que c'est en vain Qu'un petit moment il ferraille:
Contre un aussi mauvais voisin Que peut-il faire ? rien qui vaille. Vous seriez empereur romain Et du pape première ouaille , Si vous en aviez le dessein ; Mais votre pouvoir souverain Subsistera pour le certain Sans cette belle pretintailie.
Soyez l'arbitre du Germain , Soyez toujours vainqueur humain, Et laissez là la rime en aille.