‹ Épitres, stances, et odes de VoltaireChapitre 51 sur 134 · LXIII. A M. LE DUO DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

LXIII. A M. LE DUO DE RICHELIEU

J/ANs VOS projets étudiés

Joigtnant la force et l'artilice,

Yous devenez doac un Ulysse

D'un Acliille que vous étiez.

Les intérêts des deux couronnes

Sont soutenus par vos exploits;

Et des fiers tyrans du Génois

On vous a vu preudre à la fois

Et les postes et les personnes.

L'ennemi , par vous déposté,

Admire votre habileté.

En pareil cas quelque Voiture

Vous dirait qu'on vous vit toujours.

Auprès de Mars et des Amours ,

Dans la plus brillante posture.

Ainsi jadis on s'exprimait

Dans la naissante académie

Que votre grand-oncle formait ;

Mais la vieille dame endormie

Dans le sein d'un triste repos

Semble renoncer aux bons mots ,

Et peut-être même au génie.

Mais quand vous viendrez à Paris,

Après plus d'un beau poste pris.

Il faudra bien qu'on vous harangue

Au nom du corps des beaux esprits

Et des maîtres de notre langue.

Revenez bientôt essuyer ^

Ces fadeurs qu'on nomme éloquence •

Ft donnez-moi la préférence.

Quaud il faudra vous ennuyer.

io6 EPITRES.

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