XCI. A Madame DE SAINT-JULIEN
ÏJ E S contraires bel assemblage , Vous qui , sous l'air d'un papillon , •Cachez les sentiments d'un sage.
Revolez de mon liermitagc
i52 EPITRES.
A votre brillant tourbillon; Allez chercher rillusion Compagne heureuse du bel âge.
Que votre imagination Toujours forte, toujours légère.
Entre Boufflers et Voisenon Répande cent traits de lumière; Que Diane, que les Amours Partagent vos nuits et ^•os jours:
S'il vous reste en ce train de vie , Dans un temps si bien employé.
Quelques moments pour l'amitié, ]N e m'oubliez pas , je vous prie ; J'aurais encor la fantaisie D'être au nombre de vos amants :
Je cède ces honneurs charmants Aux doyens de l'académie.
Mais quand l'aurai quatre-vingts ans.
Je prétends de ces jeunes gens Surpasser la galanterie.
S'ils nve surpassent en talents.
Ces petits vers froids et coulants Sentent un peu la décadence :
On m'assure qu'en plus d'un sens Il en est tout de même en France.
Le bon temps reviendra, je pense; Et j'ai la plus ferme espérance Dans un de messieurs vos parents.