CV. AU ROI DE SUEDE, GUSTAVE III
Jeune et digne héritier du grand nom de Gustave, Sauveur d'un peuple libre, et roi d'un peuple brave, Tu viens d'exécuter tout ce qu'on a prévu: Gustave a triomphé sitôt qu'il a paru.
On t'admire aujourd'hui , cher prince, autant qu'on
t'aime; Tu viens de resaisir les droits du diadèm». Et quels sont en effet ses véritables droits? De faire des heureux en protégeant les lois ; De rendre à sou pays cette gloire passée. Que la discorde obscure a long-teraps éclipsée; De ne jdiis distinguer ni bonnets , ni chapeaux , Dans un trouble éternel infortunés rivaux ; De couvrir de lauriers ces tètes égarées Qu'à leurs dissentions la haine avait livrées , Et de les réunir sous un roi généreux. Un état divisé fut toujours malheureux ;
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De sa liberté Taine il vante le i>restige. Dans son illusion sa misère l'afflige; Sans force, sans projets pour la gloire entrepris , De l'Europe étonnée il devient le mépris. Qu'un roi ferme et prudent prenne en ses mains les
rênes , Le peuple avec plaisir reçoit ses douces chaînes , Tout chani^e, tout renaît , tout s'anime à sa voix , On marche alors sans crainte aux pénibles exploits, On soutient les travaux, on prend un nouvel être; Et les sujets enfin sont dignes de leur maître.