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—————————e———aaE om APPENDICE 237
d'équilibre, mais en même temps donne à ce pendule une énergie potentielle qui lui permettra de revenir à la position d'équilibre.
Semblable à la conservation de l'énergie, cette réversibilité a été constatée pendant tout un siècle. Elle permettrait de vérifier expérimentalement un niveau d'inflation, constant ou presque, pendant de longues périodes.
4. Nous voulons maintenant définir la variation des niveaux d'inflation, Rappelons-nous qu'avec un mécanisme économique caractérisé par la concurrence parfaite, l’homo œconomicus, l'équilibre budgétaire, l'absence de frontières économiques, ainsi qu’un mouvement lent de la population, du progrès technique et des stocks de métaux précieux, le niveau d'inflation restait constant parce que les écarts par rapport aux équilibres partiels étaient réversibles. Mais, il peut arriver que cette réversibilité ne soit pas assurée : par exemple, les syndicats ouvriers s'opposent d’une manière durable à une baisse nominale des salaires.
Alors, un équilibre aura encore lieu, mais dans des conditions différentes, et, en général, c’est là notre proposition fondamentale, à un niveau différent d'inflation.
L’exigence des syndicats entraînera en effet d’autres altérations du mécanisme, souvent un déficit budgétaire ou une amélioration de la technique bancaire.
On se trouvera alors à un niveau supérieur d'inflation, par exemple à 400. À ce stade, les mouvements économiques pourront pendant un certain temps être réversibles, et le niveau inflationniste rester constant bien que, par exemple, les prix augmentent. Puis, pour une raison ou pour une autre, le processus inflationniste peut se reproduire.
Les causes motrices de ce processus peuvent être multiples. Ce sont dous les incidents qui s'opposent à la réversibilité des équilibres partiels.
L’attrait des valeurs nominales est une de ces causes. Le monopole des intermédiaires est une autre de ces causes parce qu’il fonctionne comme un clapet dans l’évolution économique, en empêchant les baisses.
Le comportement de la mulier œconomica (1) est également une de ces causes parce qu’elle agit à sens unique, pour déterminer un faux équilibre, comme il a été dit plus haut.
(1) Ainsi appelons-nous, par ailleurs, le comportement d’allure féminine des éléments économiques tels que les syndicats patronaux qui demandent à se faire imposer par l’État les décisions qu’ils n’osent prendre en raison des réactions de certains de leurs membres. Cf. du même auteur : L'Observation économique.
Une telle évolution a pour caractère essentiel d’être sans retour : ainsi défini, le niveau de l'inflation ne peut que s'élever ou rester constant sans jamais s’abaisser. Comme l’entropie d’un système physique, ou comme l’âge physiologique d’un individu, l’évolution inflationniste est irréversible, parce qu’elle prend naissance dans divers phénomènes élémentaires eux-mêmes irréversibles.
5..Les mouvements économiques de longue durée participent-ils de l'évolution irréversible ? Autrement dit, ces mouvements amènent-ils le système économique qu'ils affectent à un degré d'inflation plus élevé, ou, au contraire, peuvent-ils être ramenés à des mouvements réversibles ?
Cela dépend de ce que l’on considère. D'une part, les trois éléments à long terme de l’économie sont : les mouvements de population, c’est-à-dire l'offre de main-d'œuvre et la demande de consommation, et par ailleurs le progrès technique. Cela n’a aucun sens de dire que leur variation lente engendre une inflation, parce que c’est par rapport à eux qu’un niveau inflationniste peut être défini. Il n’y a, en effet, pas de comparaison possible en matière d'inflation entre deux époques d’une économie pour lesquelles les trois éléments précités diffèrent considérablement.
Mais, une variation brusque de certains d’entre eux, comme celle qui s’est produite après la guerre dans la demande de consommation en France et dans le progrès technique, peut amener un trouble de déséquilibre portant à un niveau plus élevé l'inflation, de même qu’une compression trop brusque d’un système physique en augmente l’entropie.
Toute autre est la variation à long terme de l'élément monétaire, c’est-à-dire de la quantité de monnaie sous toutes ses formes que ce soit l’augmentation du stock d’or au xvirre siècle, ou le développement de la monnaie scripturale au xixe. Si la quantité de monnaie varie en proportion des trois autres éléments (cette définition étant d’ailleurs fort vague), on peut admettre que le niveau inflationniste n’est pas modifié, comme cela semble s'être produit au xrxe siècle. Dans le cas contraire, on peut être amené à un niveau inflationniste différent et alors l’évolution semble encore irréversible, car pour des raisons diverses, l'expansion à long terme de la monnaie est un phénomène à sens unique.
En résumé, les mouvements à long terme, dans le cas où le niveau inflationniste peut continuer à être défini, amènent comme les mouvements à court terme, une évolution irréversible de la situation inflationniste.