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et pressenti les charmes tardifs, je ne devrais pas vous en parler, je craindrais d'augmenter le dégoût momentané qu'il vous inspire. — Le trot, je l’avoue, n'est qu'une allure intermédiaire qui ne convient qu'imparfaitement à votre instinct prédominant, à votre sympathie native pour les extrêmes. — A cette allure, il faut toujours plus ou moins se laisser déplacer ou se déplacer soi-même, c’est un problème à résoudre. — Le galop, au contraire, c’est la difficulté franchie, surmontée par l'énergie; c’est l’élan dans. la pensée, l’idéal dans le mouvement, la vie dans la jeunesse; c'est plus qu’un rêve, moins qu’une réalité, parce qu'il ne dure pas assez.
Si je ne vous avais annoncé la définition du trot, toutes réflexions faites, je l’omettrais; mais nous en avons besoin de ce trot calomnié, et un temps viendra où l’allure réglée et sûre du trotteur pourra avoir son charme et son avantage. — Moins paresseux que l’Arabe au désert, qui galope sans cesse, nous saurons, par quelques soucis et quelques fatigues, acheter nos jouissances; car l'Anglais, dans son égoïsme pratique, nous a démontré que, pour éviter une secousse désagréable, il fallait mettre l’élasticité à la place de la résistance. Une balle de plomb lancée sur un dur pavé s’aplatit et'se déforme, mais le souple caoutchouc bondit et rebondit vainement, 1l ne conserve aucune trace de ses rechutes répétées. — Je vous
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parlerai ailleurs de ce trot à l'anglaise, düt-1l me valoir bien des malédictions!
Le trot est ce que nous appelons une allure à deux temps, c’est-à-dire que le cheval se meut en faisant marcher ses membres diagonalement deux par deux, se lançant d’un bipède diagonal sur l’autre. — Lorsque l'allure est vite, on remarque un petit espace de temps pendant lequel les quatre membres restent en l’air. — On conçoit que ces sauts et ces élans répétés occasionnent un déplacement désagréable.
Le trot, comme le pas, peut être de deux sortes :
Le trot de manége, raccourci et moins déplaçant, et le trot allongé ou du dehors. C’est seulement ce dernier dont on peut, à l’imitation des Anglais, éviter les réactions.
Ai-je besoin de vous dire, Madame, que le galop est la plus agréable, comme la plus vite de toutes les allures? N'est-ce pas un soin superflu que de réclamer votre attention pendant la définition assez longue qui va vous être donnéet.
Le galop vous offrira trois modifications, où plutôt trois degrés de vitesse dans le mouvement, qui por-
tent un caractère bien distinct et sont de nature à
Re vous procurer des impressions toutes différentes. — Ainsi le plus lent de ces trois degrés sera la galopade, où galop de manége, que vous rencontrerez mème rarement dans toute sa pureté. Il n’y a que quelques chevaux puissants et bien équilibrés qui possèdent cette allure; les autres chevaux de manége, consacrés à l’enseignement, possèdent bien un galop court, mais brisé et dénaturé par la fatigue et l’inhabileté des élèves. Ce petit galop, dans son acception la plus vraie, est aussi gracieux qu'agréable ; 1l permet à une femme de jomdre la régularité de la position à la grâce et à l'abandon du maintien ; il ne lui fait dépenser aucune force de contraction, et la laisse toujours dans cet état calme et fixe que je rêve pour elle.—Cette allure, si nous la supposons un peu plus allongée, et je sais qu'alors elle elle vous plaira davantage, c’est le galop de chasse. Bien qu'à cette dénomination je vous voie sourire, et votre propre monture sera, Je gage, un type d'appropriation à cet usage, ce galop, j'en conviens moi-même, est l’allure qu'un cheval soutient le plus longtemps; car ses forces, abandonnées à ses instincts, ne sont comprimées par aucune opposition. Ce sera donc à ce mezzo termine du galop qu'un cheval pourra vous donner la mesure de sa durée et de son énergie. — Vous avez entendu dire aux nombreux amis du Sport : « Le galop des chevaux « de course, c’est l'effort à son apogée. > — Oui,
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sans doute; mais si cet effort et cette vitesse sont l'expression fidèle, Ia preuve irrécusable d’un noble sang et de moyens surnaturels, il ne peut durer que quelques minutes; et cette puissance, cette force vitale, réparties sur un travail modéré de plusieurs heures, produiront la durée du galop de chasse.
Aussi, Madame, aurez-vous le droit d'exiger d’autant plus de votre chval qu'il sera d’un sang et d’une origine plus nobles, qu'il aura plus souvent dans une lutte sérieuse disputé et remporté un plus grand nombre de lauriers.
Vous avez vu souvent de ces femmes que rien n’effraie et qui se sont volontairement placées en dehors des devoirs et des attributions de leur sexe, vous les avez vues, dis-je, lutter à l’hippodrome dans des courses de vitesse, et peut-être vous viendrait-1il à l’esprit qu'un jour vous devrez, en forçant un dixcors, tenter de ces tours de force, que je suis loin
d'approuver. — Repoussez, de grâce, cette idée ex-
centrique ; la nature ne vous à point destinée à ces violents exercices, et si votre poids léger, votre éneroie morale, peuvent, en certaines circonstances, se— conder vos efforts et surpasser même votre nature, qu'il vous suffise, pour rejeter de pareilles tentatives, de savoir que vos bras ne sont point doués d’une force musculaire suffisante pour dominer un
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cheval de course, et que, d’ailleurs, votre position à cheval n’est point celle qui convient à ce. violent exercice. — Restez donc femme et, passez-moi ce conseil, conservez par devoir, je dirai presque par bon goût, cette prudente dignité qui ne fera qu’a- Jouter à vos charmes et augmentera chez vous, en particulier, la confiance et la sécurité dont nous avons besoin pour vous enseigner.
Le galop, quelle que soit sa vitesse, est une allure dite à trois temps, c’est-à-dire que, pour accomplir un pas, le cheval fait entendre trois battues régulières; nous vous dirons tout à l’heure dans quel ordre elles s'effectuent.
Vous savez peut-être déjà ce qu’on entend par: galoper à droite et à gauche, cependant je crois à propos de vous le dire.
Un cheval, en galopant, avance un membre antérieur et un postérieur du même côté plus que les deux autres du côté opposé, et, pour peu que vous y fassiez attention, vous verrez une des deux jambes de devant s'élever de terre plus haut que sa voisine, en même temps qu'elle la devance sur la piste. — La nature à fait au cheval une loi de galoper à droite lorsqu'il tourne de ce côté, et vice versd. Cette sage prévision a pour but la conservation de
l'équilibre. — Or, vous savez que si votre cheval g'alope à droite, il prend son point d'appui sur lajambe gauche de derrière, etque, dans cette condition d’équilibre, s’il tourne à droite, son centre de gravité se trouve déplacé dans ce sens, et les trois membres, dégagés au moment où il prend son point d'appui sur le postérieur gauche, sont tout prêts, en retombant sur le sol, à consolider ou rétablir l'équilibre, s’il venait à chanceler ou se perdre.
Si, au contraire, le cheval galopait à gauche en tournant à droite, tout le poids de son corps, déjà porté sur la partie droite, devrait encore pivoter sur cette jambe droite de derrière, dans un sens opposé À l'impulsion des autres membres et sans soutien du côté où le centre de gravité se trouve rejeté, c’est-àdire à droite.
Aussi, arrive-t-1l souvent qu'un cheval, pressé en tournant à faux, croise brusquement ses jambes pour rattraper l'équilibre perdu, et ne fait qu'accélérer sa chute. — On dit donc qu'un cheval galope faux, si, tournant à droite, il galope à gauche. — Vous verrez cependant des écuyers exiger ce travail de leurs chevaux ; mais ce sera alors à une allure trèsraccourcie, avec de grands ménagements, un grand soutien de jambes, enfin, avec un cheval étroitement
renfermé.
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Cela ne dérange donc rien au principe établi, et sur lequel je rappellerai votre attention en maintes circonstances. — Vous m'entendrez si souvent vous répéter : Votre cheval est faux; et si souvent vous défendre de prendre un tournant, avant d’avoir fait changer de pied à votre cheval, que tôt ou tard, vous comprendrez l'importance d’une telle recommanda-
tion.
Il est encore une irrégularité d’allure que je ne saurais vous laisser ignorer, celle du galop désuni. — Lorsque les deux membres d’un même côté cessent d’embrasser le terrain dans les conditions que nous avons décrites plus haut, ne se portant pas en avant
des deux autres, et que, par exemple, le membre
antérieur droit figure le galop à droite, quand le postérieur du même côté, reste en arrière, comme dans le galop à gauche.
Ainsi, un cheval est désuni du devant, quand, tournant à droite, 1l galope à gauche du devant et à droite du derrière. — Il est désuni du derrière, lorsque, tournant à droite, il galope à gauche du dernière et à droite du devant.— Disons maintenant dans quel ordre les pieds se posent sur le sol pour exécuter les trois foulées ou le femps de galop complet.
Supposant un cheval au galop, à droite, et le pre-