‹ Equitation des damesChapitre 26 sur 68 · EURE · texte numérisé non relu

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ne suffit pas de décider l'animal à prendre cette allure, il faut encore le contraindre à partir du pied sur lequel vous voulez qu’il galope. — Il existe donc bien évidemment, avant le départ du galop, une préparation que je dois avant toute chose vous décrire.

Nous avons démontré que le rassembler prédisposait le cheval à toute allure, et qu’en principe, les moyens d'obtenir le pas, le trot et le galop ne différaient entre eux que par l’application motivée des oppositions et des soutiens de main. — Si donc, après avoir rassemblé l'animal, nous voulons le mettre au galop, abstraction faite du pied qui le détermine, il faudra élever et soutenir la main, assez pour faire refluer les forces, des épaules sur les hanches, pas assez cependant pour paralyser leur mouvement. — Comme déjà la nature et l’éducation ont appris à l’animal à se soutenir sur ses hanches et à s’enlever du devant, il engage sous son centre le membre qui doit porter la masse, et s’embarque au galop, pour peu qu’à ce moment, vous ne gèniez pas son désir de se porter en avant.

Rassembler et soutenir l'avant-main sont donc deux idées qui constituent la première partie de la préparation du galop. — Il ne reste qu'à savoir par quels autres soins on détermine cette allure, plutôt à droite qu'à gauche. — Il faut cependant que votre pensée

RE + LS se communique immédratement, que votre volonté se

transmette impérieusement, qu’il ne soit pas permis au cheval de s’y soustraire.

Livrer votre cheval à ses propres instincts, Vous soumettre à sa loi, c’est faiblesse, Madame ; C’est une indifférence indigne d’une femme :

Il faut le maîtriser, car il est dans vos mains!

Et ce problème se résout de lui-même par ce peu de mots : /mprimer à l'animal une position telle qu'il lux soit impossible de dégager la partie que vous voulez

charger, et de charger celle que vous voulez dégager.

Or, Je vous l’ai dit précédemment, le cheval en galopant se place un peu obliquement; nous le remarquons, d’ailleurs, lorsqu'il galope près d’un mur, a nous nous plaçons derrière lui.

Cette position est inhérente à la nature du mouvement, aussi est-il si difficile, même pour le plus habile écuyer, de placer au galop un cheval exactetement droit sur la piste.— Il faut dès lors, à l’aide de votre main, mettre le cheval, après l’avoir rassemblé, dans cette position instinctive, et ne marquer votre temps d'enlever, votre soutien de main, qu'après avoir donné une inclinaison préparatoire. — Si vous voulez donc embarquer votre cheval au galop à droite : vous le rassemblez, puis votre main,

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se portant généralement à gauche, produira sur la masse équilibrée les effets suivants :

L’appui de la rêne droite portera le poids de l'épaule droite sur la gauche, en même temps que la tension etle soutien de la rène gauche arrêteront le mouvement de cette épaule gauche et du membre postérieur gauche, dominé d’ailleurs par l'opposition des épaules aux hanches; en d’autres termes, rejetée à droite par l’inclinaison des épaules à gauche, la hanche gauche ne pourra se mouvoir qu’en s’engageant sous le centre, pour supporter, au moment de l'enlever, tout le poids de la masse.

Ainsi nous voyons le côté gauche retardé, grâce à l'arrêt et à l’inclihaison, et donnant au côté droit, destiné à s’enlever le premier, une grande facilité pour cheminer en avant du bipède latéral gauche.

Mais, me direz-vous, comment saurai-je si les moyens employés ont réussi et si mon cheval est ce que vous appelez quste et galope à droite?

Lorsque vous aurez monté quelque temps à cheval, que vous aurez acquis un peu de solidité et de confiance, vous posséderez déjà, Madame, ce sentiment du galop à droite ou à gauche qui, pour un homme, est une véritable difficulté et exige quelquefois des années de travail.

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La raison bien simple de ces progrès rapides, nous la trouvons dans votre position à cheval; car, lorsque votre cheval galope à droite, il rejette constamment votre assiette de droite à gauche, où elle se trouve consolidée par la fourche et l’étrier ; lorsqu’au contraire le cheval galope à gauche, la réaction que vous ressentez en sens inverse vous rejette vers le côté où votre assiette n’est pas maintenue, et elle imprime à votre corps un déplacement très-sensible, au point qu'il ne vous soit pas possible de ne-pas établir une différence très-grande entre les deux sensations que vous avezéprouvées.—On peutdire, même, que le galop à gauche rend l’allure du chevalle plus cadencé, désagréable à une femme, et qu'il vous faudra une longue pratique pour vous familiariser avec ce galop. — Vous serez, dans les commencements surtout, moins solide et moins correctement placée à main gauche qu'à maim droite, et votre professeur vous exercera tout partüculièrement à cette main, afin d'égaliser votre assiette et de corriger son

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obliquité souvent exagérée.

En résumé, rassembler, placer et enlever sont les trois temps dont se compose une judicieuse préparation au galop.

Vous trouverez, Madame, une foule de chevaux qui, par routine et souvent par usure, S'enlèvent

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au petit galop, dès que la main marque la plus légère opposition, ou même que la cravache effleure leur encolure, sans qu'on ait besoin, par conséquent, d'appliquer la théorie que jé viens de vous expliquer.— Mais ici, loin de simplifier les difficultés, nous devons les chercher, et préférer à tous autres, les chevaux qui, bien dressés et non brisés d’allures, obéissent seulement aux exigences d’une main juste et précise. — Ces chevaux, tels que nous les comprenons pour vous, doivent posséder leurs trois allures bien pures et bien régulières.

Convenez avec moi, Madame, qué je ne pouvais'me dispenser de développer devant vous ces moyens qu'une saine théorie nous indique, et qu’une pratique bien dirigée vous rendra de jour en jour plus simples et plus clairs. — A l’époque où nous vivons, chacun veut le pourquoi de tout. Laisser où abandonner au hasard ou à l'instinct le soin de vous instruire et de redresser vos erreurs, serait une faute impardonnable, que je ne puis me résigner à commettre.

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