DU TROT A L'ANGLAISE
Madame, en vous parlant des trois allures naturelles que possède le cheval, j'avais cherché à combattre vos préventions contre le trot, et déjà je vous faisais pressentir le moyen d'échanger ces inconvénients contre de véritables jouissances.
Aujourd'hui que vous possédez une bonne position, une bonne main, que vous savez théoriquement comment s'effectuent les divers mouvements et comment on les obtient, Je puis vous révéler l’art d'éviter les réactions du trot, cette heureuse découverte que nous devons à nos voisins d’outre-Manche.
Avec ce qui le gène, engager une lutte,
Se raidir contre tout, est bien d’un esprit fort, Que l'épreuve agrandit et que rien ne rebute. Mais si l’on applaudit à ce genre d'effort, Dira-t-on que cet autre est faible et sans mérite, Qui dédaigne un combat vainement périlleux, Qui de loin voit le mal et sagement l’évite,
Qui suit partout le bien et recherche le mieux ?
Oui, Madame, la recherche du mieux amène totou tard d’heureuses découvertes; ainsi, ce trot à la française, qu’il y a soixante ans on supportait classiquement avec toutes ses rigueurs et ses Inconvé— nients, cette allure, qu'un grand nombre rejetaient comme un supplice inutile, est devenu, de nos jours, un moyen de locomotion tout aussi commode et tout aussi sympathique que le galop.
Vous savez que le trot s'effectue en deux temps. Plus chez un cheval la détente du jarret est puissante, plus ses reins sont courts et forts, plus aussi ses réactions sont dures. — Cependant elles sont réguhères, et vous vous sentez enlever en mesure sur votre selle, où vous retombez entre deux réactions, de manière à rebondir constamment et à éprouver la fatigue dont vous vous plaignez. — Il vous arrive cependant, à force de souplesse et de laisser-aller, d’amortir un peu l'intensité de la réaction; mais cette souplesse et cette vibration de la colonne vertébrale, toutes naturelles qu’elles puissent être, ne peuvent