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inclinaison soit exagérée, car elle est disgracieuse et fait perdre de la régularité au mouvement.— Vous vous donnerez de garde aussi de vous enlever trop haut, car vous retomberiez trop tard sur la selle et pourriez éprouver de désagréables contre-temps.
Il faut, en un mot, que l'impulsion que vous donnez à votre corps soittellementen mesure etidentifiée avec la cadence que vous imprime l'allure, qu’elle ne fasse que seconder l’enlever involontaire. Sem blable à la bonne danseuse, enchaïnée, comme malgré elle, à la mesure d’un orchestre, qui double ses forces et son impulsion, vous cesserez, Madame, d’éprouver, en trottant à l’anglaise, la gêne et la fatigue qui résultent d’un effort inusité, vous finirez par oublier même, entrainée par le mouvement rapide et puissant de votre cheval, à oublier, dis-je, que c’est à l’aide de ce trot, naguère maudit, que vous franchissez si gracieusement l’espace.
Je sais que, pendant vos premières leçons, vous éprouverez beaucoup de peine à vous enlever en mesure, vous perdrez un temps précieux en efforts et en contractions superflues ; aussi dois-je vous indiquer un petit soulagement à vos peines, qui sera d'appuyer votre main droite sur la fourche pour aider et régulariser vos enlevers. Lorsque, toute Joyeuse et tout étonnée, vous serez parvenue à faire quelques
pas sans vous être aperçue des réactions, ne persistez pas dans le travail, reposez-vous un instant, pour recommencer et bientôt interrompre de nouveau le trot à l’anglaise. — Entremèêlez quelques {enps de trot à la française, pour raffermir votre position et bien vous rendre compte de la mesure des réactions. Au bout de huit jours, vous devez être en état d’exercer au dehors ce que vous avez appris au manége, et quelques promenades sur un cheval bien régulier vous donneront une habitude définitive du trot à l'anglaise.
Presque toutes les femmes ont un défaut imhérent à leur position, c'est de laisser le haut du buste se pencher vers la gauche, du côté où se produisent l'effort et l'appui qui déterminent l'enlever. Rien n’est plus disgracieux que cette incorrection, et moins propre à faire valoir la taille d’une femme.
On doit remédier à un tel inconvénient en jetant, au contraire, le haut du buste à droite, en sorte qu'il vous semble, Madame, vous élancer, en vous appuyant sur l'étrier, en dehors de votre selle. — Ce mouvement, qui pourrait vous sembler exagéré, n’est cependant que ce qu'il faut pour maintenir la ligne de votre corps au centre de la selle, et vous faire paraitre carrément posée à cheval. — Votre
professeur, passant fréquemment derrière vous, vous
AL
avertira de la nature de vos endevers, car vous ne pouvez apprécier vous-même ce désordre de lassiette. — Si le trot à l'anglaise est gracieux et com— mode pour une femme, lorsqu'elle n’y apporte aucun effort, 1l n’est point, en revanche, d’allure qui lui soit plus désavantageuse, lorsqu'elle ne lui est point encore familière. — Pendant le trot allongé, votre main sera fixe, vos rènes tendues régleront l’incertitude des mouvements, et vous pourrez, avec certains chevaux difficiles à trotter, recourir aux rênes de filet, dont nous vous définirons l'usage un peu plus tard ; enfin, chaque fois que vous voudrez arrè-
ter votre cheval ou le mettre au pas, vous aurez soin
de vous asseoir et de reporter le haut du corps en arrière quelques pas avant le temps d'arrêt. —Il sera bon, d’ailleurs, de débarrasser les épaules du poids qui leur était affecté, en reportant ce même poids sur les hanches et l’arrière-main. — Rien n’est plus dangereux qued’arrèter un trotteur brusquement sur les épaules et en conservant le corps en avant: c’est par degrés qu'il faut diminuer la vitesse des allures, c’est progressivement, enfin, que l’on doit reporter les forces de l'avant sur l'arrière-main, qui ne peut les recevoir qu'après s'être rapprochée elle-
même du centre de gravité.