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ses progrès devancent le zèle du maitre, quand celui-ci sait lui dire et lui prouver qu’elle n’est pas faible, qu'il lui suffit de vouloir, qu’elle possède au ; plus haut degré la force du cœur, celle du tact, celle de l’à-propos, celle que donne l'influx nerveux, que sals-je?... tout ce qui constitue le noble et gracieux apanage de ce fair defect of nature.
Pour moi, tantôt persuader, tantôt convaincre, tantôt enfin dominer : telle est la base, le point de départ de tout enseignement équestre.
Je le répète, l'élève à qui l’on a su donner confiance, foi dans ses forces, n’a plus rien à apprendre; elle à l'intuition de tout. — Un mot, un signe suffit pour lui révéler nos ennuyeuses théories.
La théorie est froide et sa langue est aride,
Quel que soit mon désir d’être aimable aujourd’hui : Pour vous je la redoute, et mon esprit timide Pressent à chaque pas les écueils de l’ennui.
De nos démonstrations, de nos éclaircissements plus ou moins embrouillés, faisons-lui grâce, à cet être d'élite qui possède, ne le savons-nous pas, au moins un sens de plus que nous.
Nous venons de le dire, la femme est alternativement, ou tout à la fois, forte et faible; toute la diffi-
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culté, tout le mérite consiste donc à arriver chez elle à la force, en s’emparant de la faiblesse, eu à aborder brusquement la première, sans tenir compte de la seconde. Dans le premier cas, le rôle du maître est tout entier d’abnégation et de condescendance momentanées; dans le second, au contraire (et il faut un bien orand tact pour apprécier la nature morale d’une femme dès sa première leçon), on marche droit au but sans mettre en doute une énergie qui se révèle bientôt; on aborde franchement les difficultés, et, laissant de côté la routine fastidieuse, on résume la théorie par des faits et quelques conseils semés çà et là sans pédantisme. L'enseignement est alors une véritable jouissance; le professeur tout fier de son œuvre, s'admire et s’applaudit. Laissons-lui ce petit triomphe ; mais avouons qu'il n’a le plus souvent d'autre mérite, je le répète, que celui de ne point avoir gâté la nature. Je démontrerai plus tard que c'est déjà lui faire la part assez belle.
Après une telle définition de l’enseignement, on me reprochera, sans doute, de créer à plaisir d’insurmontables difficultés; les professeurs, commé je les rêve, sembleront impossibles. Qu'ils se consolent, mes chers collègues, nous rencontrons chaque jour de charmantes amazones, ravissantes de grâces, en dépit de nos leçons. Et puis, s’il est permis de rêver la perfection, il est permis aussi de supposer la médiocrité :
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c'est par l'idéal de l’un que nous arrivons à perfectionner l’autre.
Avant de donner, sous une forme didactique, la marche que la pratique m'a fait adopter, je dois appeler l'attention de mes lecteurs, et en particulier de ceux qui se destinent à l’enseignement, sur quelques observations hygiéniques dont l’équitation a été pour moi lobjet.
L'exercice du cheval a été reconnu de tout temps, par les médecins, comme généralement salutaire et même curatif dans certaines affections. Un médecin, entre autres, qui s'était spécialement occupé de cette gymnastique médicale, me fit part, 11 y a déjà longtemps, de ses judicieuses remarques, et me démontra qu'il était indispensable d’approprier l'allure et le caractère du cheval à la force et à la nature du
malade.
J'ai reconnu depuis, et en maintes circonstances, qu'en effet, l'exercice du cheval avait sur l'élève, même en santé, et sur la femme en particulier, une influence trop directe au physique et au moral, pour ne pas éveiller l'attention d’un professeur intelligent.
Du choix judicieux des premiers chevaux qu'on donne à cette élève, dépendent presque tous ses pro-