‹ Equitation des damesChapitre 57 sur 68 · DEUXIÈME LECON · texte numérisé non relu

DEUXIÈME LECON

La première leçon à eu pour but le déplacement latéral de la croupe et le reculer; la seconde se propose de déplacer simultanément l'avant et l’arrièremain, de droite à gauche et de gauche à droite, en faisant marcher le cheval de deux pistes, mais en laissant décrire à l’arrière-main une piste circulaire plus étendue que celle de l’avant-main.

Vous plaçant, comme dans la leçon précédente, à l'épaule gauche de votre cheval, vous le dirigerez de la main, de gauche à droite, en même temps que vous solliciterez de la cravache l’arrière-main à se porter à droite. Vous ferez en sorte que les jambes de devant se croisent, en marchant de côté, de telle manière que la jambe gauche de devant passe pardessus la droite, et empècherez le cheval de reculer.

Votre aide vous secondera dans ce travail, soit en atürant l’avant-main du côté où elle doit se porter, soit en l’arrètant vivement lorsqu'elle se précipite. Le teneur de longe suivra vos indications et rendra votre besogne plus facile et moins fatigante. Le cheval décrira, avec ses membres antérieurs, vous le comprenez, Madame, un cercle plus où moins restreint, mais naturellement moins grand que celui de la croupe, qui devra se mouvoir plus vite et se trouver toujours sur la mème ligne que les épaules. C'est, du reste, une volte renversée, ainsi que je l'ai défini: dans les chapitres précédents, mais dans laquelle l'avant et l’arrière-main sont simultanément mobilisées. Il va sans dire que vous exercerez votre cheval aux deux mains, en suivant la même pro- QTeSSion.

Vous terminerez cette leçon par les effets d’élévaüon et le reculer. Si le cheval se montre docile à cette seconde partie du travail, vous pourrez déterminer cette marche rétrograde à l’aide du mors, ayant eu soin de tenir la gourmette lâche, afin de diminuer la puissance du mors et d'éviter le désordre et les défenses.

À la fin de l'exercice, vous ferez à votre cheval quelques flexions de mâchoire, afin d’en amener la décontraction et de prévenir des résistances qui

Re rendraient plus tard sa conduite difficile et désagréable. Le cheval, aux allures lentes et cadencées, doit jouer avec le mors, desserrer sa mâchoire et accepter l’action de ce frein si doux dans votre main, sans se pousser violemment dessus, n1 s'y appesantir lourdement. Ce poids anormal, cette contraction constante de la mâchoire, sont les symptômes d'un défaut d'équilibre, et les forces que dépense l’animal dans cette lutte, révèlent, le plus souvent, une arrièremain roide et éloignée du centre, un rein privé d’élasticité et. une mauvaise répartition du poids. Lorsque, par un assouplissement général, vous aurez imprimé à l'animal une attitude plus harmonieuse, vous obtiendrez constamment la légèreté et le relàchement de mâchoire. Toujours est-il que, dès les premières lecons, il est préférable de faire comprendre à l’animal les actions du mors et du filet, en vue tle la décontraction, actions que vous reproduirez bien fréquemment lorsque vous le monterez, tout aussi longtemps que la légèreté ne sera pas persistante et que le poids aura une tendance à se reporter sur Pavant-main,

Il existe plusieurs manières d'opérer la flexion de mâchoire, mais la plus simple et la plus facile d'exécution est celle que je me permets de vous indiquer. Vous prendrez de la main droite (étant placée

à gauche dé votre cheval) la rène droite de bride

passée par-dessus l’encolure. et de la main gauche, la rêne du filet; vous les tendrez toutes deux gra- * duellement, en faisant agir le filet par un effet d’élévation qui le fasse remonter jusqu’au haut de la commissure de la lèvre; puis par de petites vibrations des poignets, délicatement renouvelées, vous obtiendrez inévitablement une ouverture ou relâchement de mâchoire, qui, s’il est complet, produira un jeu du mors soulevé par la langue. À ce moment, toute action cessant, vous rendrez vivement et flatterez le cheval. Vous recommencerez plusieurs fois de suite la flexion de chaque côté. Cette lecon sera un peu plus longue que la précédente, et si, comme je n’en doute pas, elle à été méthodiquement dirigée, vous ne tarderez pas à en apprécier les résultats, en montant votre cheval.

J’insiste toutefois sur l'importance des élévations d’encolure que vous pourrez, en terminant, exercer ‘avec le mors, avant de le faire agir pour reculer. L’encolure ne peut jamais (dans un cheval régulièrement conformé) s'élever trop haut et céder trop facilement au soutien du poignet lorsque vous êtes à cheval. Je dis : dans un cheval régulièrement conformé, parce qu'il existe des chevaux qui ont l’encolure fausse, la tête mal attachée, qui portent ay vent, et chez lesquels on à la plus grande peine à combattre cette fâcheuse conformation. Vous ne choi-

Sirez Jamais une telle monture, eût-elle des qualités, car elle est souvent dangereuse et toujours difficile dans son emploi et dans son éducation.

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