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le démontrent. Il finit par s’établir une sorte d’équilibre chimique entre les proportions du corps primitif, et celles des produits de sa décomposition.
Réciproquement, si on met en présence les éléments d’un corps à la même température, il s’établira le même équilibre; par conséquent il y aura combinaison partielle, et le fait de cette combinaison partielle explique la production de chaleur observée par M. Deville, lorsque l’acide chlorhydrique et le g*az ammoniac se i^encontrent.
Il est évident que nous igmorons dans quelles proportions existent l’acide chlorhydrique, le g’az ammoniac et le chlorhydrate d’ammoniaque. Ou le chlorhydrate d’ammoniaque n’a subi qu’une décomposition trèspartielle, ou il n’existe qu’en très-petite quantité dans le mélangée ; nous ne pouvons le savoir ; par suite, nous ne pouvons rien conclure du fait mis en avant par M. Deville. Jusqu’à nouvelle preuve, il est permis de supposer une dissociation pour explicjucr les densités de vapeurs anomales.
Ces nouvelles preuves ont été fournies par M. Wurtz (1 ).
Les densités de vapeur du chlorhydrate d’àmylène et du hromhydrate d’amylène sont normales, lorsqu’on les prend aune température suffisamment basse; mais à une température plus élevée, ces corps se dissocient progTessivement. 11 y a décroissement dans le poids de leur vapeur, et il arrive un moment où la densité correspond à 4 volumes de vapeur. C’est que la vapeur est alors un mélang’e d’acide et d’amylène, qui se combinent de nouveau par le refroidissement. Cependant le
(1) Complrs-ypiuhir,, f. LX, p, 7“29. Id., t. I.XIF, p. 1182.
dilopliydnale d’amylèiie no se reconsllliie pas tout en fier; on retrouve, après l’expérience, des traces d’acide cldorliydriqiie et d’amylène libres, témoins de la dissociation ; car ces deux corps n’ont pas à froid assez d’affinité pour se saturer intég*ralement, tandis que dans la dissociation du cldorbydrate d’ammoniaque, l’affinité des corps constituants est telle, que la reconstitution est intégTale par le refroidissement.
Puisque la décomposition va prog*ressivement et qu’il y a une limite de température, où il peut, suivant l’opinion de M. Lieben, coexister de l’acide bromhydrique, de- l’amylène et du bromhydrate d’amylène, il y aura combinaison si on fait se rencontrer à cette température de l’acide brombydrique et de l’amylène. Alors la combinaison.ne pouvant être que partielle, le dég’ag’ementde chaleur sera moindre que si les deux g’az se rencontrent à une température inférieure à celle de leur dissociation. M. Wurtz a fait des expériences qui ont confirmé cette prévision : le bromhydrate d’amylène commence à se dissocier à 185°. Eh bien! entre 120 et 130 deg’rés, température où la vapeur de bromhydrate d’amylène présente une densité normale, l’élévation de température produite par la combinaison a été ordinairement de 4 à 3 degrés. Entre 21o et 223 deg'rés, cette élévation n’a été ordinairement que de 0,3; la combinaison des g’az n’a donc été que partielle.
M. Deville (1) objecta alors que la vapeur du brombydrate d’amylène a, comme la vapeur de soufre, un coefficient de dilatation variable.
«J’admets, répond M. Wurtz (2), qu’il existe une cer-
'l) Comptes-rendus, t. LX, p. 8”24.
(“2) Comptes-rendus, t. LXIl, p. 1183 (I8C6).
« taine analogie entre la dilatation fie la vapeur du sou- ' «fre et celle du bromhydrate d’amylène. Dans les deux «cas, des molécules plus condensées se dédoublent en «des molécules plus simples. Pour le soufre, le g’roupe «ë^, qui occupe 2 volumes à 500 deg’rés se dédouble en «trois gToupes S-, qui occupent cbacun 2 volumes à «100 deg’rés. Pour le bromhydrate d’amylène, la molé- «cule D^H^®,HBr, se dédouble de même en deux molé- «cules, qui occupent chacune deux volumes. »
Les expériences de M. Wurlz.nous montrent quelle est la véritable interprétation à donner aux expériences de M. Deville. Ce savant a du reste fait de nouvelles recherches qui viennent à l’appui de la décomposition partielle des molécules à densités de vapeurs anomales.
M. Baudrimont a montré que le perbromure de phosphore se détruit à la distillation. En est-il dè même du perchlorure? Si la vapeur de' percblorure de phosphore est un mélangée de chlore et de protochlorure, elle doit être jaune verdâtre; et effectivement cette vapeur présente la couleur du chlore.
Il en est de même de la vapeur de l’iodure de mercure qui J à une certaine température, présente la belle couleur violette de l’iode; il y a donc aussi dans la vapeur d’iodure de mercure, un mélangée de vapeur d’iode et de vapeur de mercure (1).
De ce que nous n’avons pas de preuves semblables à invoquer pour le chlorhydrate d’ammoniaque, faut-il donc conclure que, seul il restera à représenter 4 volumes de vapeur? Le bromhydrate d’amylène a une limite de température où sa densité est normale, il n’en est pas de même du chlorhydrate d’ammoniaque, oh-
(1) Comptes-rendus, t. LXII, p. 18S8 (1860).
1866. — Grimaux.
jecU; iM . l)o^’ille. liiL pomvjuüi ce sel no se dédoiiblerailil |)iisen ses éléments an moinenl de la volatilisation?
En résumé, les expériences tentées sui* les densités des vapeurs anomales, nous permettent de conclure à la décomposition partielle des composés qui présentent de telles densités, et l’hypothèse d’Ampère n’en suhit aucune atteinte. t
•l’ai du résumer d’une manière aussi complète que possible, les nombreuses discussions auxquelles donnent lieu les densités de vapeurs anomales. Il n’est pas permis de passer rapidement sur un débat de cette importance, car l’édifice presque entier de la chimie est en jeu dans cette discussion.
Si l’hypothèse d’Ampère est fausse, si volumes ég’aux de g’az renferment un nombre différent de molécules, il n’y a, en chimie, rien de certain, rien de fait. Nous ne savons comment fixer la molécule des corps volatils, et depuis le temps que nous employons les densités de vapeur pour la fixation ries poids moléculaires, nous avons entassé erreurs sur erreurs.
« S’il m’est démontré que l’hypothèse d’Ampère est « fausse, disait un illustre chimiste étrang*er, je renonce a à jamais à la chimie. »
Que le savant M. Deville ne s’étonne' donc pas de la répugnance invincible (pue professent un grand nombre de chimistes^ pour attribuer 1 ou i- volumes à la m lécule des corjis simples ou composés (1).
(1) î!. Hi’-vill;'. C nnpes-reniha, I. LXIII, |k (ISn;î).
s 2. — Atomfis.
Los molécules des corps simples peuvent renfermer plusieurs atomes. — Délermination dos poids atomiques. — Table des poids atomiques. — Loi des chaleurs spécifiques. — Loi do l’isomorphisme. ~ De la théorie des équivalents et de la théorie atomique.
L’atome d’un élément est la plus petite quantité de cet élément, qui puisse exister dans une molécule. Il est aussi bien indivisible par les forces chimiques que par les forces physiques. .
La notion de l’atome devient plus précise que cette définition abstraite, à mesure qu’on arrive à déterminer les poids relatifs des atomes. Gès poids atomiques découlent donc de la connaissance des poids moléculaires, eh avant d’étudier les règ’les qui ont servi à leur détermination, il nous faut reprendre ce que nous avons dit plus haut, à savoir que : les molécules de corps simples peuvent être elles-mêmes composées d’atomes. Cette proposition a déjà été démontrée par l’étude de la formation de l’acide chlorhydrique (pagn 39), mais il n’est pas inutile d’apporter d’autres preuves à l’appui.
Partons de ce point de départ : que nous avons déterminé les molécules de plusieurs corps composés, mais qu’ig’norant la complexité de la molécule de l’hydrognne, nous l’avons prise pour unité de convention. Les molécules des autres corps sont déduites des rapports dés densités, et nous pouvons dresser le tableau suivant (1) :
(l) Le tableau est emprunté h M. Naquel. Principes de chimie, 186?>. p. 24.
NOMS
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Composition qiiantitalivede la molécule
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AU noms ni', i.a
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QUANTITÉS n' Il Y 0 rt O 0 É N n CONTENU BS HANS I.A .MOUBCUI.i:.