QUANTITÉS III
Hydrogène libre. .
0 autre cmrps.
Acide clilorhydr. .
17,75 de chlore.
— hromhydr. .
40 de brome.
— iodliydrique
63,5 d'iode.
— cyaniiydr . .
13 de carbone et d’azote réunis.
Eau
8 d’oxygène.
Acide sullhydrique.
16 de souffre.
— formique. . .
21 de carbone etoxygèrie réunis.
Ammoniaque. . . .
7 d’azote.
Hydrog. phosphore
15,5 de phosphore
Acide acétique. . .
28 de carbone et oxygène réunis.
Ethylène
t2 de carbone.
Alcool
28 de carbone et oxygène réunis.
Ether
32 de carbone et oxygène réunis.
On voit que la plus petite quantité d’hyfli’og'ène contenue dans ces molécules est 1/2. L atome de 1 hydroo-ène, la plus petite quantité d’hydrog’ène qui puisse exister dans une molécule est donc 1/2, et comme nous sommes partis de la molécule de l'hydrog’ène ég’ale à un, l’atome de l’hydrog’èneest donc la moitié de sa molécule.
La molécule de rhydrog*ène renferme deux atomes, et rien ne s’oppose n ce que nous prenions cet atome pour unité; et nous établissons définitivement le poids de l’atome égval à 1 , le poids de la molécule ég'al à 2, et les poids moléculaires du tableau précédent sont dou-
])lés, puis([Li’ils sont coinpai’és au poids 2 de la molécule de rhydrog’ène. C’est ce que nous avons fait, du reste, eu établissant les poids moléculaires.
Un même raisonnement nous prouverait (jue les Jiiolécules de l’oxyg’ène, du soufre, du chlore, etc., renlerment deux atomes.
Les considérations chimiques nous fournissent d’autres preuves.
M. Wurtz découvrit, en 1843, une combinaison d’hydrog’ène et de cuivre ; cette combinaison est détruite par l’acide chlorhydrique avec un dég*ag’ement tumultueux d’hydrog’ène et formation de chlorure cuivrique.
Or, l’acide chlorhydrique n’est pas attaqué par le cuivre: comment ce métal, combiné à l’hydrog'ène, a-t-il plus d’affinité pour le chlore, que lorsqu’il est libre de toute combinaison? Cette difficulté disparaît, si l’on admet qu’à l’affinité de l’atome de chlore pour l’atome de cuivre, se joint l’affinité des deux atomes d’hydrog*ène qui reconstituent la molécule HH.
Cu H H- H Cl = Cu Cl + H H
Ilydriire de Chlorure Chlorure Hydrure
cuivre. d’hydrogène. “ cuivrique. d’hydrogène.
Dans cet exemple, on a donné au cuivre le nombre proportionnel 31,5 fourni par la table des équivalents. Nous verrons plus tard que le poids atomique du cuivre est 63,5, et l’équation devient i
H2Gu + HCl -P HCl = Cu CP ~p HH -p HH
Hydrure 2 moléc. Chlorure 2 moire,
de cuivre. acide chlorhydrique. cuivrique. hydrogène.
On peut objecter que dans cette équation il est inutile d’invoquer l’affinité de l’hydrog’ène pour lui-même, puisque l’hydnire de cuivre renferme les éléments d’une
molcculc (riiy(li’o^»M')nc, cl, (iiic les deux mrjléeules d’aeide cldor!iydi*i([ue l•eIdeI‘mellUes éléments d’une autre moléeulc.
«Cette ül)jeetion est écartée par les considérations
«sur la polarité des éléments
« L’hydrog’ènc de l’iiydrure de cuivre montre une «si gavande tendance à s’unir à l’hydrogènè de l’acide «chlorhydrique par la raison qu’il se trouve dans ces «deux comhinaisons dans un état de polarité opposé. « L’hydrogène de l’acide chlorhydrique est positif par « rapport à l’hydrog’ène de l’hydrure de cuivre. »
Gu H II + H Cl + H Cl = H H + H H + Gu C12 (l).
Avec l’oxygène on a des doubles décompositions analogues à celle de l’hydrure de cuivre et de l’acide chlorliydrique ; telles sont les réactions où l’eau oxygénée réduit un oxyde et est réduite elle-même.
Telle est surtout la réduction curieuse de l’ozone par l’eau oxygénée.
1 mol. I mol.
Eau oxygéiicc. Ozone., Oxygène. Oxygène. Eau.
MM. Favre et Sillærmann (2] les premiers, ont supposé ([ue l’oxyg’ène hljrc est forme de deux atomes. Lu nrùlant du charhon dans le protoxyde d’azote et dans l’oxyg’ène, ils ont observé ipie le dégagement de chaleur est plus grand dans le premier de ces gaz. La chaleur observée dans les deux cas, est la différence entre la fjuantité de clialeur produite par la combinaison, et la ijLiantité de chaleur absorbée par la décomposition d un
(1) Wurlz. Leçons de Philosophie chimique, page 03.
(2) Comptes-rendus, t. X.XVIII, |>. 200. 1846.
corps. L’oxyg’ènc absorbe donb plus de cbaleur poui se déeomposer (jiie le protoxyde d’azote.
Enfin l’étude de eertaines réactions de la chimie org*anique nous aide à comprendre le g'ronpement des atomes d’un corps simple en une molécule.
Lorsqu’on traite l’iodure d’éthyle par le sodium, le groupement éthyle G“H^ comparable sous bien des rapports à un élément de la chimie minérale, se double pour constituer la molécule éthylure d’é-
thyle.
2 (G2H5I) q- Na2 = €2HS + 2 Nâl.
Il est donc admis que les molécules des corps simples peuvent être elles-mêmes composées d’atomes; c’est le cas le plus g*énéral de tous les éléments dont on a déterminé la densité de vépeur. Il est encore vrai que, pour la plupart, la molécule renferme deux atomes. On ne connaît que peu d’exceptions; pour le mercure, le cadmium et le zinc, la molécule et l’atome se confondent; la molécule du phosphore et celle de l’arsenic renferment au contraire (juatre atomes.
Mais, hâtons-nous de le dire, il n’y a pas là d’anomalie; la molécule de la plupart des corps simples est constituée par deux atomes, c’est là un fait d’observation et rien de plus. On lui a attribué beaucoup d’importance, alors qu’on appli([uait l’hypothèse d’Ampère à la détermination des atonies chimiques, et non des molécules. De ce ([u’un g'rand nomlire de molécules renferme deux atomes, et de ce que les molécules se rapportent à 2 volumes, on en était venu à confondre l’idée d’atome et de volume. Du volume ou a voulu déduire le poids atomique, et on a repoussé la tliéorie
inoléculairc parco ([uc l’aloiiie du pliosplioi’c pai* exemple ne coiTcspond pas au volume g’azeux de ce métalloïde. La molécule du pliosphoi*e renfermant 2 volumes et i atomes, 1 atome ne correspond plus f|u’à un demivolnnie ; c’est-à-dire que l’atome calculé d’après les règ'les ([u il nous reste à voir, n’est que la moitié de l’atome, qu’on calculait faussement d’après la densité de vapeur.
Qu’on restreig’ne l’hypothèse émise d’ahord par A.vog*adro à la considération des molécules, ainsi que le faisait ce savant, à juste raison, et l’on voit qu’il n’y a pas d’anomalie dans la constitution de la molécule du mercure, du cadmium, du zinc, du phosphore et de l’arsenic. Ce sont, répétons-le, des faits d’ohservation ; ils ne sont en contradiction, ni avec les règ’les qui nous ont servi à établir les poids moléculaires, ni avec celles qui vont nous servir à déterminer les poids atomiques (1).
La connaissance des molécules et de leur composition g’énérale amène à la connaissance des poids atomiques. En comparant les molécules des corps hydrog’énés, on voit que la plus petite quantité d’hydrog’ène qu’elles renferment étant 1, le poids de l’atome de l’hydrog’ène est ég’al à un; c’est à lui que sont rapportés les poids atomiques de tous les éléments.
Qu’on prenne les molécules de plusieurs corps azotés, et qu’on cherche par l’analyse quelles quantités d’azote renferment ces molécules, on aura le tableau suivant :
(l) M. Gannizzaro a ramené l’allenLion sur ce point ; il a très-bien montré (jue l’hypothèse d’Avogadro sert à la détermination des poids moléculaires, tandis que la loi de Dulong et Petit sert à la détermination des poids atomiipies.
- Bl. —
j NOMS
j DES
j COUPS.
POIDS
DE LA. MOLÉCULE R.A.PPORTÉ A CELUI DE l’atome d’hydrogène = 1.