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186 VIE DÉRAS.ME.
abbayes, que je ne suis plus qu'un homme qui vit au jour le jour, qui attend la mort et quelquefois la désire, tant sont cruelles les douleurs que j'endure ' ! » Le pape cependant, par un bref du mois d'août 1533, le nommait à la prévôté de Deventer « malgré toutes les harpies ^, » ce qui représentait un revenu de quinze cents ducats. Mais Erasme ne voulut pas prendre au sérieux ces avances de la fortune : elle se présentait à lui trop tard, c{uand il était « vieux et édenté. » Il ne fit même pas usage auprès de la gouvernante des Pays-Bas du bref que lui avait envoyé la chancellerie romaine et qui fut retrouvé après sa mort dans ses papiers ^
Erasme n'était plus à Fribourg quand ces tardives faveurs vinrent l'y chercher. Au mois de juillet de cette même année il était revenu à Bàle, porté sur un brancard, et il consacrait les derniers efforts de son activité à l'impression du Prédicateur, qu'il avait voulu achever pour faire honneur à ses engagements, mais sans avoir retrouvé l'entrain des anciens jours ^ Cet ouvrage néanmoins, malgré les traces visibles d'une fatigue extrême, est précieux encore par les détails qu'il fournit pour l'étude de l'éloquence sacrée au seizième siècle. Erasme avait chargé son ami (lilbert Cognatus de vendre sa maison de Fribourg et son mobilier " ; il avait dessein de retourner dans le Brabant au printemps suivant, ou de s'établir à Besançon ; il écrivit même dans ce sens à Conrad Coclenius. Bnlc d'ailleurs était IraïKjuille. Gilcolampade était moii en i.j.'JI, jiccablé des coiqts (lu diable, selon Liillit'i'. ou [>lulôt reuqili de
l.Eii. 1280. 1. Kp. 12i)l.
3. On piMil lire ce hicf djuis les lA'Itrrs frÉrns)nn n Amerbarh, publiées en 1770, à liàii-, p. 11'.).