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Malgré les faiblesses coupables do sa vie privée, son esprit supérieur lui faisait suivre la conduite que lui eut dictée un profond sentiment religieux. Déjà il avait appelé au collège des cardinaux plusieurs hommes de savoir et de piété, le Vénitien Contarini, Caraffa, Sadolet, Polus, Giberti qui, après avoir pris part à la politique générale, administrait d'une manière exemplaire son diocèse de Vérone, presque tous, comme on le voit, membres de cet oratoire divin qui fut le premier foyer de la renaissance catholique. Inspiré par la même pensée, il voulut intéresser directement l']rasme à ses projets de réforme religieuse, en l'élevant à une situation égale à sa renommée. Déjà, au mois de mai 1535, il l'invitait à honorer le dernier acte de sa vie par une défense courageuse de la foi catholique, et il ajoutait : (( Vous ne me trouverez ni ingrat ni oublieux. Berus vous fera connaître les sentiments qui m'animent à votre égard *. » En même temps Bembo, encore à mots couverts, parlait à l^]rasme des prochaines grandeurs qui l'attendaient. Celui-ci en effet ne tardait pas à apprendre que le souverain pontife voulait le créer cardinal, pour qu'il put à ce titre prendre place dans le prochain concile. « Mais, écrit Erasme, bien des obstacles se présentent, une santé incapable de remplir une si lourde charge, et l'insuflisance de ma fortune. On dit qu'il existe une loi ([ui écarte de cette dignité ceux qui ont un revenu inférieur à trois mille ducats. On cherche pour le moment à m'accabler de bénéfices, pour que ma fortune me permette d'avoir le (diapean. .Eai à Rome un ami qui s'occiqx' activement de cette affaire, <pioi(pie je Favertisse dans toutes mes lettres que je ne souhaite ni pensions ni