CONSEILS PRATIQUES POUR L'ETUDE
rasme, le père ne doit en aucun temps se distraire de l'œuvre si essentielle de l'éducation de son fils. Il voudrait que les lois pussent frapper les insouciants qui, en négligeant un si grave devoir, « tuent les âmes » de leurs enfants ^ Cette voie moyenne, qui parait propre à réunir les avantages de l'éducation publique et de l'éducation privée, est celle que recommanderont aussi Budé, Vives ", Rabelais et plus tard les maîtres de Port-Royal ^ Érasme devance même le vœu de Rollin, quand il engage les familles riches à joindre à leurs fils un enfant pauvre et d'heureuse disposition, qui, en entretenant l'émulation de ses nobles condisciples, se fera à luimême par son travail une meilleure destinée.
Avec Erasme il faut aimer le détail. 11 y excelle et volontiers il s'y attarde. Sur ce sujet, qu'il aime avec prédilection, rien ne lui parait indifférent. On peut dire sans figure qu'il dirige la main de son jeune élève, qu'il lui apprend à tracer sur le papier des caractères lisibles et agréables ; car, en homme qui tient lui aussi par quelques côtés au passé, il ne laisse pas de regretter ce bel art graphique dans lequel Albert Durer s'était encore distingué, et que l'imp^'imerie faisait trop négliger *. Mais surtout il demande avec insistance qu'on épargne à l'enfant les subtilités rebutantes de la grammaire, que, les flexions des noms et des verbes une fois apprises, il passe aussitôt à la lecture directe des