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408 ROLE LITTFlRAIRE D'ÉRASME.
réelle étendue l'influence d'Erasme sur l'enseignement et par suite sur les lettres elles-mêmes, le suivre sous le double aspect où il se présente naturellement à nous : d'abord comme une sorte de directeur d'études, qui se plaît dans la précision pratique des conseils les plus familiers, et ensuite comme précepteur de son temps par ses divers ouvrages de rhétorique et d'érudition.
On pourrait en effet extraire des livres d'Erasme un agréable recueil de conseils utiles pour la pratique do l'étude. Erasme, le plus souvent, a moins en vue la direction de l'enseignement public que la conduite encore délicate d'un groupe peu nombreux d'enfants choisis, réunis sous un précepteur commun qui leur distribue la science dans la mesure où chacun peut la recevoir avec fruit. Sans doute il encourage volontiers les écoles ou les collèges où il voit tenter de sérieux efforts contre l'aridité de l'enseignement scolastique. Il écrit le de duplici copia pour l'école de Saint-Paul fondée par Colet. Il reste de longues années le directeur honoraire du collège des Trois Langues, fondé à Louvain par Busleiden, et qui ressemblait assez à un fort détaché, isolé en plein pays scolastique \ Malgré tout, le mode d'enseignement qu'il préfère est une sorte de compromis entre l'éducation du collège et celle de la maison paternelle, et qui consiste à placer un petit nombre d'enfants sous la dii'ection d'un maître, soutenu dans sa tâche par l'active surveillance des familles. Car, aux yeux d'E-
1. M. le recteur Doellinger dit dans le discours cité plus haut : << Le collège des Trois Langues semblait promettre une féconde pépinière de philologues. Mais les noms de ces professeurs glissenl, presque tous, devant nos yeux, comme des ombres sans vie; après Juste-Lipsc, la sève scientifique semble s'y éteindre. C'est que le souffle de la liberté ne régne pas là; c'est que quatre ou cinq puissances y interviennent, comme fait la rovauté en France, imur niMi'iL'i'Mirr le-; professeurs. »