‹ ErasmeChapitre 239 sur 247 · Ep. 402. — .-i.Ei.. 1104. - C. .M. Nisard · texte numérisé non relu

Ep. 402. — .-i.Ei.. 1104. - C. .M. Nisard

avait pas chez Erasme d'art à proprement parler. Il n'a pas dérobé aux anciens tout le secret de leur forme précise, mesurée et ferme. L'étude prolongée des Pères de l'Église, sa nature propre, peut-être l'impatience de la publicité, l'ont déshabitué de cette surveillance sévère de soi-même. M. Guizot a fait cette remarque profonde : « Ce qui fait la beauté d'une composition, de ce que, dans les œuvres de l'art, on nomme la forme, c'est la clarté, la simplicité, l'unité symbolique du travail. Avec la prodigieuse diversité des idées, des sentiments de la civilisation européenne, il est bien difficile d'arriver à cette simplicité, à cette clarté *. » Erasme subit déjà en effet la condition des temps modernes. Il n'est plus dans la situation si favorable de l'écrivain ancien qui, non encore accablé par le nombre toujours croissant des faits et des idées, domine d'autant mieux son travail, en distribue à loisir les parties, vient au détail avec la fraîcheur entière de son esprit, et, d'une plume que rien ne presse, qui repasse sur son premier dessin légèrement, mais sans impatience, finit par donner à son œuvre cette perfection dans la simplicité, qui est peut-être le caractère le plui expressif et le plus inimitable de l'art antique.

En lisant h>asme, nous comprenons mieux pourquoi cet âge d'or de l'art ancien est passé sans retour. Comment assouplir, sans la déformer par quelque endroit, cette admirable langue latine, et la plier à l'expression d'idées et de faits nouveaux? Erasme la recevait déjà meurtrie par la scolastique. Il ne pouvait effacer toutes les traces de ces blessures. Lui-même avait compris que le plus sage, après tout, était de puiser également à la

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