‹ ErasmeChapitre 34 sur 247 · LES MOEURS ANGLAISES · texte numérisé non relu

LES MOEURS ANGLAISES

pour justifier son nouveau titre, dédiait au jeune roi son livre de l'Institution d' un prince, qui parut en loi 6 à Louvain.

En lol4 le légat du pape, Canossa, (juKrasme, sans le connaître, avait rencontré chez Ammonio, s'était étonné qu'un homme aussi savant se résignât à vivre au milieu d "une nationpresque harhare, et non à Rome, le vrai centre de l'érudition.. Erasme avait répondu modestement qu'il aimait mieux vivre dans un pays où il était le dernier savant que dans une ville où il ne passerait pas pour l'être '. Il n'est pas moins vrai ([u'il songeait dès lors à quitter l'Angleterre, et sa correspondance de lolo témoigne qu'il y avait trouvé assez d'ennuis pour ne plus souhaiter d'y fixer sa vie. Les mœurs anglaises le froissaient par bien des côtés. La rudesse en effet s'y mêlait à un certain raffinement. On construisait des palais à l'Italienne, on portait des costumes brodés d'or, on ornait les maisons des riches tapisseries de Flandre; mais sous ces dehors d'une civilisation délicate perçait toujours la grossièreté première de la race. Henri YIII et les nobles s'exerçaient à la lutte, ou assistaient à des combats d'ours ou de taureaux ; les grandes familles payaient un bouffon dont le métier était d'égayer les convives par ses grimaces. Elisabeth, plus tard, frappera encore sesfilles d'honneur. (>)let, qui prétendait réformer l'éducation, usait du fouet avec une odieuse rigueur. Le ton d'Erasme avait bien changé. Il reprochait maintenant auxAnglais d'avoir le travail en aversion, et c'était avec peine, disait-il, qu'il trouvait des copistes pour transcrire ses manuscrits -. Lui-même avait eu des démêlés

1. Ep. 1239. Cf. pour 1p? détails rnrieux de cette entrevue Roscoe, Vie de Léon X, oh. xii.

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