‹ ErasmeChapitre 53 sur 247 · Ep. :>:,i · texte numérisé non relu

Ep. :>:,i

2. Le jiassagc qui donna lieu à la preniit-re alUuiiu! du inoiuc :^o lit au ch. XV de la l'" Épître de saint Paul aux Corintliious : « Onnies quideni restirgenius, sed non onmes iminutabiunir. » Dans le texte grec ou lit : llàvTsç ]j.£v ou xoi|Jir|iTÔ(j.eOa, TrâvTsç o£ àX^ayrirrôfxeOa ; leeon préférée par saint .lean Clirysostome qui l'entendait ainsi: «Nous ne niourrmis ])as tons (puisqu'il y aura des hommes qui vivront an dernici- jnni- du niiuide); mais nous serons tous changés. » Entin d'autres éditions jiortaient: << Omnesqnidem dormiennis, sed non omnes innnutaliiuiur. i Erasme ne désapprouvait aucune de ces leçons qu'il croyait égaienieid conformes à la piété chrétienne et à la vérité évangélique. V. Ernsnii npohxjid de Imo la.rfitn in i)(iIjH(:ii iirofessioHi' per .V. E^jnninilnivinu ''!''■

<[u"il m'adresse ; je pourrais renvoyer insulte pour insulte. Il m'appelle retors, je pourrais l'appeler renard ; il m'appelle un homme double, j(^ pourrais l'appeler mi homme quadruple ; il dit que j'enlace tout de ma queue, je pourrais dire qu'il salil tout du poison de sa lantj,ue ; mais tout cela n'est pas dii^ne d'un homme. » <lcpendant la séance continue sans beaucoup de suite. Erasme se met à couvert derrière le bref du pape. — « Oui a vu ce bref? <lit d'Egmond. — Vous pourrez le lire ({uand vous voudrez. — Non, je ne veux pas voir vos affaires. » Puis d'Egmond accuse Erasme de fabriquer des lettres de grands personnages pour les montrer avec orgueil. Enfin, ce qui prouve qu'il ne veut pas faire la paix avec les théologiens, <''est qu'il a refusé de prendre part au ban(piet donné au collège du Faucon. — « Je ne savais pas, dit l^lrasme, que des gens de bien ne pouvaient pas faire la paix sans boire ensemble. » D'Egmond, pressé de triompher d'un adversaire qu'il croit avoir abattu, prétend même lui dicter ses conditions. Erasme va écrire que les théologiens de Louvain sont honnêtes et sincères, il va attaquer Luther qu'il a trop longtemps défendu ; du moins il écrira que Luther a été vaincu par les théologiens de Louvain. « — Assez d'autres le crieront sans moi, répond Erasme. » La séance est levée, etd'Egmoixl quitte la salle en grondant et sans même saluer son adversaire ' . Peut-être, dans le récit <!'!']rasme, d'Egmond nous paraîtra d'une naïveté un peu lourde ({ui fait trop bien le jeu de son interlocuteur et lui prépare de faciles réparties. Nous aimerions à avoir le contre-rapport du moine. Ce récit du moins nous replace au milieu des mœurs théologiques de l'époque et nous montre combien elles restent encore brutales et

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