SIECLE
2o5. L'Eglise avait été assez tranquille pendant les vingt dernières années du siècle précédent; mais le démon avait augmenté la séduction. Au f.ommencement du troisième siècle, il reprit la voie de la violence , et Dieu permit la sanglante persécution de l'empereur Sévère pour couronner les forts, fortifier les faibles, et purger son troupeau d'une foule de chrétiens lâches et charnels qui le déshonoraient. Parmi les victimes , on doit remarquer saint Irénée , évêque de Lyon , qui , digne successeur de saint Pothin, marcha sur les traces de cet illustre ponlife, en souffrant comme lui un glorieux martyre , avec la plus grande partie des fidèles confiés à ses soins.
21 5. Tandis que la tyrannie s'efforçait de renverser l'Eglise, Dieu lui suscitait des docteurs poui
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l'éclairer. Tertullien , prêtre do Cartilage , l'édifia par ses écrits; mais il la quitta ensuite , aveuglé par une orgueilleuse sévérité, et séduit par les visions du fauxpropliète Moutan. A peu près dans îe même temps, le saint prêtre Clément d' Alexandrie confondait le paganisme par ses propres raisonnemens. Origène , ÏIls du saint martyr Léonide, se rendit célèbre par toute l'Eglise, dès sa première jeunesse, et enseigna de grandes vérités , parmi lesquelles, néanmoins , l'on crut apercevoir quelques erreurs. Le philosophe Ammonius fît servir à la religion la sagesse platonicienne, et s'attira le respect des païens eux-mêmes.
235. On rejette sur les chrétiens les maux qui affligeaient l'empire , et l'on en prend occasion de les persécuter de nouveau sous Maximin. Déjà l'on avait commencé à bâtir des temples au nom de Jésus crucifié : alors les païens en firent la proie des flammes. Vers le milieu de ce siècle, le pape saint Fabien envoie dans les Gaules saint Denis et fix autres évêques, qui y font revivre la foi , et deviennent nos apôtres. Saint Denis s'élablit à Paris, saint Martial à Limoges ; saint Paul fonda les églises deNarbonne, de Béziers et d'Avignon; saiiit rVratien celle de Tours, et saint Sanétin celle de Mc'uux.
230. Tandis que le christianisme s'étend dans ies Gaules, l'empereur Dèce renouvelle la persécution avec plus de fureur que jamais. Le saint pape Fabien reçoit à Rome la couronne du martyre ; saint Babylas , évêque d'Anlioche, et saint Alexandre, patriarche de Jérusalem, périssent dans les prisons, ainsi qu'une multitude de fidèles. Ce fut alors que saint Paul, premier ermite, se retira dans les solitudes , et y jeta les premiers fondemens de la vie solitaire et pénitente.
257. Valérien , l'un des successeurs de Dèce , déploya contre les chrétiens seuls toute sa cruauté.
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Sous lui, le pape St. Etienne, et saint Cyprien, ëvéque de Carthage, reçurent tous deux la même couronne. Deux ans après, le pape saint Sixre II suivit au marlyre saint Etienne, son prédécesseur: il eut la tète tranchée , et laissa un plus grand, combat à soutenir à son diacre saint Laurent, qui fut, to'it vivant, rôti sur des charLons ardens.
2J2. Aurélien , homme de Lasse naissance , mais recommandabie par ses vertus guerrières, semble ne monter sur le trône des Césars que pour exercer, durant deux ans, contre les cljrétiens, une fureur qui enleva un nombre prodigieux de fidèles, et qui ne s'éteignit que dans le sang du pape saint FéJix.
286. Sous Maximien , collègue de DioL'létien , 1p. léiiion thébéenné souifre le inartvie avec son illustrechef Siiinl Maurice. Saint Sébastien, capitaine de la cohorte prétorienne , a le même sort, ainsi qu'un grand nombre d'autres victimes aussi illustres , et parmi lesquelles on remarque saint Denis , premier évêque de I^iris.
Malgré toutes ces perse niions, les maux intérieurs dont on voit l'Eglise affligée durant ce siècle, les schismes, les hérésies, prouvent que les chrétiens commençaient à^d4^générer de la perfection des leujps apostoliques; et trente-six conciles -£[ui se tinrent dans les diverses églises de fem]>ii'e, annoncent asst-z la décadence des moeurs. Les deux premiers siècles sont 1 âge de la plus grande beauté et de la plus grande vij^ucur du Christianisme ; le troisième lient le milieu entre féminente sainteté de' cet âge, et le reîâchfment Irappanl qui suivit la tranqniijifé procurée par les piinces chrétiens. Cej)endant l'Eglise vil briller dans son sein wwq foule de pnlats illustres et de docteurs habiles, qui l'édifièrent par leurs exemples, et féclairèrent par leurs écrits. Elle admira surtOLt quatorze papes, qui, pour la plupart, parurent ne monter sur le
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siège de saint Pierre, que pour en descendre, comme ce prince des apôtres , par un glorieux martyre.
Prmcifaiix hérésiarqves durant les trois premiers siècles , et conciles qui les ont réprimés,
34. Simon ^ svu^nomir.é le Magicien, voyant que les apôlres donnaient le Saint-Esprit par l'imposition des mains, à ceux qui , conime lui , avaient i eçu le baptême, leur offre de l'argent pour avoir le même pouvoir. Saint l'iene rejette avec indignation cette proposition sacrilège ; et Simon , pour se venger, devient l'autenr de la première hérésie qui se soit élevée dans le christianisme. 11 se disait la puissance souveraine qui avait ]^aru cluz les Juifs, comme fils; à Sam.arie, comme père ; et, chez les autres nations , comme saint esprit. Il débitait encore une quantité d'extravagances semblables , qui ne laissèrent pas de lui attirer des sectaleurs ; il se fit même adorer sous le nom de Jupiter, ainsi qu'une infâuie prostituée qu'il traînait partout avec lui sous le nom de Minerve. Sa secte ne fV.t pas persécutée, et cependant elle ne dura pat» plus d'un sièrle.
54. Céri/îfhe s'élèxe aussi contre les apôtres, et combat vivement leur doctrine. Cependant, il reconnaît que Jésus-Christ a l'ait des miracles, ce qui prouve que ]c6 n:'M'acles du Sauveur a\ aient alors un degré d'évitdence qui ne permet la jl pas d'en contester la vérité. C<riuthe supposait en Jésus-Christ deux êti es différens : Jésus , fil> de Joseph et de Mai ie , et le Christ, qui était descendu en Jésus sous la iorme d'une colombe après son l)aptên)e. Les apôtres chiisseient Cerinthe de l'Eglise, connue un corrupteur de la doctrine. L'apôtre saint Jean écrivit son Evangile pour ]irénuurir les fidèles contre les héi ésies de cet apostat et de ses disciples.
i^^.Hymênéa ^ Pinut et Jlexcaidre enseignent que ta résurrection générale était déjà laite , ne rcconnaissajit que la résurrection spirituelle du pêche à la grâce : ils furent iinalhéniatisês par saint Paul.
66. Quelques faux docteurs, te couvrîml d'une maxime équivoque de Nico/ai^ , i'un des sept premiers diacres ,
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qui avait dit c^n'iljil ait abuser de la chair ^ pour dire qu'il la fallait monuier, enseignent que tout, jusqu'aux femmes, doit être cornnum parmi les chrétiens : en conséquence , ils se livraient , dans leurs assemblées, aux ciiiiies les plus infâmes. On les appela Nicolaltes ^ et saint Pierreles foudroya dans sa seconde épître.
72. Ebion , chef des Ebionit&s, se disant disciple de saint l'ierre , enseigne qu'il faut consacrer l'eucharistie avec de l'eau seulement , nie la divinité de Jésus-Christ et la virginité de sa mère, ajoute que Dieu avait donné l'empire du monde présent au diable , et celui du siècle futur au Christ , qu il distinguait , comme Cériuthe , du fils de Marie et de Joseph.
74. Ménandie ^ Samaritain, adopte les erreurs de Simon-le-Maj;icien et des Nicolaîies. Il soutenait que le monde avait été créé par les anges , et que lui-même était la toute-puissance de Dieu , le père et l'unique sauveur des élus, qui ne pouvaient entrer dans le ciel que par son art magique. Ses disci]Jes se précipitaient dans les plus affreuses dissolutions, comme la plupart des liérétiques de ce premier siècle. C'est de cette secte, qu'environ trente ans après, sortit Saturnin, qui enseignait que le mariage etla génération étaient une œuvre diabolique.
io5. Basil des ^ voulant concilier l'origine dj mal avec la bonté de Dieu, enseigne que le monde n'a point été créé immédiatement par l'Etre suprême, mais par des intelligences que TEtre suprême avait produites, et que c'est de l'impertection de ces intelligences que naît le mal que nous voyons dans le monde. Le Sauveur, seion Basilides , avait fait les miracles dont parlaient les chrétiens ; mais il soutenait qu'il ne s'était point incarné ; qu'il n'avait eu qu'un corps fanta^ti^ue : qu'il n'avait point été véritablement crucifié , et qu'on ne devait pas s'exposer à la mort pour lui.
107. Éîrai , Juif d'origine, chef des Elcêphaites^ plus connus sous le nom à' Osséens , prêche qu'on peut et qu'on doit dissimuler sa loi , pour se soustraire aux persécutions : il enseigne que Jésus-Christ est une vertu matérielle, à laquelle il donne qiiatre-vingtrseize mille pas de longueur, vingt-quatre mille de largeur, et de l'épaisseur à proportion, Quant au Saint-Esprit , il le
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représentait comme une divlnilé femelle po.-.ée devant le ChiLt, en tonne d«' statue, ^ur un uuage, enfie deux mon[;<^nos qui avaitut les jnènies dimen-iuns. Cet extrav;ig;;iil et ses discipics abhoriaieut la (ontinenre, et regardaient la virgiuité comme une infamie.
Ce fut au comutencement de ce siècle que la plupart des hérétiques priieut le nom de gnostigues ^ mot qui signifie savans ou illuminés, et qui prouve que l'orgueil était le seul flambeau qui les éclairait.
iL^i. Cerdon tt Marcion admettent deux principes, l'un bon , père de Jésus-Chi ist , qui , selon eux , ne s'était jamais incarné ; l'autre mauvais, aiileur de la loi judaïque, et créateur de ce monde. Ils furent condamnés dans un concile tenu eu Orient quelques années après.
144. Thêodoie ^ homme très-instruit, nie la divinité de Jésus-Christ , et l'existence du Verbe éternel. Cet hérésiarque et ses disciples, qui furent appelés aloges ou e/memis du f^erbe ^ furent condamnés dans les conciles de Rome, en i46; d'Hiéraples, en Asie, en lyS, et dans plusieurs autres.
168. Montan^ chef de la secte des nwntanistes^ était un eunuque phrygien. Il enseignait que Dieu ayant d'abord voulu sauver le monde par Moïse et par les prophètci , il n'avait pas réussi: qu'ensuite, s'étant incarné, il n\ivait pas eu meilleur succès , et qu'enfin il était descendu en lui par le ^aint-Esprit . dont il avait, disait-il, reçu la plénilude. Aussi se faisait-il donner le nom de Pnraclet^ c'est-à-dire , Esprit consolateur. Il se piquait d'une plus grande perfection que les apôtres. Il défendait les secvondes noces comme une débauche , et permettait do dissoudre les mariages. Au lieu d'un carênie institué par les apôtres, il en ordonn^iit trois par an; enfin il ne recevait presque point de pécheurs à la pénitence. Long-temps combattues par un grand nombre d'évpques, ses erreurs furent analhémalisées dans les conciles d'îconium et de Synade , en Asie, tenus vers l'an 235. La secte de Monlan en produisit une infinité d'autres.
. 175. appelles., disciple de l'hérés'arque Marcion, s'écarle de sou mr.ître en plusieurs points , et devient chef d'une secte qui , de son nom , est appelée Jppeliite.
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Il disait , entre autres absurdités, que Jésus-Christ s*é* tail formé uu corps des parties de tous les deux par lesquels il était passé en descendant sur la terre , et qu'en remontant, il avait rendu à chaque ciel ce qu'il en avait pris. Une des grandes objections qu'il prétendait faire contre le livre de la Genèse, est que Dieu n'avait pu menacer Adam de la mort, s'il mangeait du fruit défendu, puisqu'Ailam ne connaissant "pas la mort, ne pouvait pas savoir si c'était un chàliinent.
240. ]Soëthus se dit un nouveau Moïse, et nomme son irère Aaron. Il n'admet qu'une seule personne en Dieu, ce qui fait appeler ses seclaiears monarchiques ; mais il recoimaît diverses opérations et dénominations. Il lut condamné dans les conciles d'Ephèse , en 245, et de Rome, en 25;.
25 1. Novatien , prêtre de Home , fait schisme contre le pape Corneille^ refuse la pénitence à ceux qui sont tombés dans le crime après le baplcme , et proscrit ïes secondes noces. Son paiti, qui fut très-nombreux, et qui subsista long-temps , fut foudroyé dans les conciles de Rome, la même année; de Carlhage, l'année suivante, et surtout de Mcée , en 525.
277. Mcuiè's^ chef des Manichéens ^ secte qui fut fort étendue, et qui subsista long-tenips, était païen et Persan de nation. Après ^'être converti au christianisme , il sen déclara le plus mortel ennemi. Comme plu>ieurs autres hérésiarques qui l'avaient devancé , il distinguait deux principes . l'un bon et l'autre mauvais : il admettait aussi dans fhomme deux âmes, fiiue bonne et l'autre mauvaise. La chaire tait, selon hâ . l'ouvrage du mauvais principe; par ^nn^équent , il lallait empêcher le mariage et la généralioii. 1 attribuait lancienne loi à ce même principe, et prétendait que tous les prophètes étaient damnés. Tl proscrivait l'aumône . traitait d'idolâtrie le culte d.s reliques, et défendait de croire que Jésus-Christ sefùt incarné, et eut véritablement souffert. Il rejet. lit tous les sacremens, même le baptême : enfin , il ajoutait à celle doctrine impi*.- une ioule dexlravagances II soutenait, par exemple, que celui qui arrachait une pfiiite , ou tuait un animal , serait lui-mô ne ch.ingéencet an-mal ou en cette plante. Sur ce fondement, ses diociples se cioy aient obligés d'user d'une
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espèce de protestalion avant de manger du pain : ils le jetaient en l'air et maudissaient celui qui l'avait fait , lui souhaitant d'être semé , moissonné et cuit lui-même, comme le pain dont ils allaient user.
Manèspreuj.it le nom de Paraclet , et se faisait suivre par douze lanatiqu-s qu'il rppelait ses apôtres. Ses sectateurs furent analhémalisés avec leur maître dans un concile qui se tint en Mésopotamie , l'année même où ils parurent ; et , dans la suite , saint Augustin porta le dernier coup à celle secte détestable.
XY»^ ENTRETIEN
Tableau liistoriqiie de la Religion, depuis le quatrième siècle ]\tsqu au septième.
ï V^ SIÈCLE.
3o5. L'eiiipereur Galère, marqué par lesliistorieiis comme Je principril instigateur de la dernière persécution , contraignit Dioclélien, son collègue, à publier un sanglant étlit, qui ordonjiail de persécuter les disciples de Jésus-Chrisl plus violemment que jamais. Maximien , autre empereur, collègue des préeédens , animait les magistrats et les bourreaux; mais les chrétiens lassèrent leurs persécuteurs par une patience à loiiie épreuve , et les monstres qui les ijuinolaient , désespérèrent enfin de les vaincre. Frappés d'une maladie terrible. Galère et Maximien révoquèrent leurs édits, et ces deux princes barbares expirèrent , comme Antiocbus, avec une aussi fausse pénitence.
5i2. Maxence , fils de Maximien , s'élève contre Constantin , qui venait d'être placé siirle trône i mpérial. Constantin marche à Rome avec ses troupes. Pendant qu'il assiège le tyran , une croix lumineuse lui apparaît dans les airs, et tous ses soldats y lisent, comme lui, une ijiscription c|ui lui
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promet la victoire. En effet, le lemleniain il gagne cette célèbre bataille , qui délivra d'un monstre la capitale de l'empire, et l'Eglise, d'un persécuteur. La croix fut alors élevée comme le bouclier du peuple romain et de tout lempire. Après trois siècles de combats, l'Eglise triomphe, les rois de la terre la respectent, et deviennent sesenfans. Quand Dioclétien, qui avait abdiqué l'empire , eut appris la conversion de Constantin, il ne put se résoudre à survivre à la victoire de la religion; il se laissa mourir de faim , et devint son propre bourreau , après l'avoir été de tant de fidèles.
3! g. Les premiers soins de Constantin, après avoir embrassé le christianisme , furent d'apaiser les troubles qu'excitait dans l'Eglise le schisme de Donat, qui s'était séparé de la communion de Cécilien, évêque de Carlhage, ville principale de l'Afrique; mais il ne put vaincre l'opiniâtreté de ces schismatiques, qui causèrent de grands maux dans cette portion de l'Eglise.
325. Déjà le prêtre Arius s^était élevé dans Alexandrie contre la divinité même de Jésus- Christ; déjà son erreur avait été frappée d'anathème par l'évêque saint Alexandre; mais elle se répandait, et ses sectateurs se multipliaient. L'empereur, pour arrêter les progrès de cette hérésie naissante, convoqua à Nicée en Bithynie, le premier concile général, où trois cent dix-huit évêques, qui représentaient toute l'Eglise, condamnèrent le dogme impie d'Arius, dressèrent le symbole, où la consubstantialité du père et du fds est solennellement définie. Constantin même prit séance dans cette auguste assemblée; mais les ariens cachant leurs erreurs, oa^nèrent bientôt ses bonnes
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grâces , et lui inspirèrent de lâcheuses préventions contre l'illustre saint Athanase, successeur de saint Alexandre, et contre les autres défenseurs de la foi.
ou l'amt de la jeunesse. i59 535. Indisposé de plus en plus contre l'inlrépide Alhanase, l'empereur assemble à Tyr un concile composé d'évêcfues , dont les noms lui sont donnés par les ennemis de ce grand homme. On forme contre lui trois accusations absurdes, dont il se justifie pleinement : néanmoinscette assemblée inique dépose le vertueux pontife, qui, peu de temps après, est exilé dans les Gaules. Sous le règne des trois fils du grand Constantin, Constantin-le-Jeune, Constant et Constance, TEglise continua d'admirer les longues souifrances de ce même saint Athanase, inébranlable confesseur de la foi de Nicée, et le premier des grands docteurs ecclésiastiques après les apôtres.
547- Le concile de Sardique, enllljrie, assemblé par l'ordre de Constant et de Constance, à la prière du pape saint Jules , qui avait authentiquement justifié Atlianase, et dont l'objet était de faire cesser le schisme qui désolait l'Eglise , fut divisé : les Orientaux s'en retirèrent, et les décrets que les Occidentaux y prononcèrent, n'apportèrent que de légers remèdes aux maux, sans en pouvoir tarir la source. Athanase y fut de nouveau déclaré innocent de tous les crimes que la calomnie lui imputait; mais il n'en fut pas moins violemment persécuté par ceux qui avaient juré sa perte.
35 1. Yalens , évêque arien , secrètement averti par ses amis, que l'armée de Constance venait de vaincre Magnence, quiavaitosé ceindre le diadème, annonce, d'un ton de prophète , à ce crédule empereur, que ses guerriers triomphent, et que le rebelle est en fuite, ajoutant que c'est un ange qui vient de lui apporter cette heureuse nouvelle. Séduit par cette imposture, le monarque se livre de plus en plus aux ariens , et met en usage toute sa puissance, pour faire régner leurs dogmes abominables. Athanase est de nouveau anathéraatisé dans le faux concile de Milan, et saint Hilaire , évêque
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de Poitiers , nouvel athlète que la Providence oppose comme un mur d'airain à tous les efforts de i'iiérésie , est exilé dans la Plirjgie. Un homme sans naissance , sans lettres , Georj^'-es est placé à main armée sur le sié^e du saint évéque d'Alexandrie ; dès lors toute l'Eglise est remplie de trouble et de confusion. Rien n'éj^ale les persécutions que l'on Aiit essuyer à ceux qui reCusent d'adopter les erreurs ou de reconnaître la f)uissance de l'évêque intrus; personne n'est épargné, pas même les femmes et les enfans, et Ton peut dirt* que jamais la tyrannie n'avait déployé tant de fureur sous les princes idolâtres.
357. Les ariens souscrivent àSirmichune formule de loi , dans laq lelle ils conviennent de retrancher les termes de consnbstantitl ^ et de semhlable en substance^ comme ne se trouvant pas dans l'EcritTire. Toutes les expressions dont ils se servent tendent à faire le fils de Uieu de nature différente du \)'i'-y'^ ■> le père, selon eux, étant plus grand que le fils, en huniieur, en dignité, en majesté et en gloire. On force tous les évèques à adopter cette nouvelle profession de foi. Les lourmens font succom])er le grand Ositis, évèqne de Cordoue, qui, au concile de ^licée, avttit lui-même dicté le symbole. Le pape Libère cède aussi aux ennuis de l'exil, auquel on l'avait condamné; il souscrit comme Osius à Fimpiélé arienne.
559. Le concile de Rimini, plein de fermeté d'abord, fléchit à la fin par surprise et par violence. Plus de quatre cents évèques qui le composent, signent une formule qui portait que le fils est semblaljle au père, selon les Ecritures ; sans ajouter en toutes choses, ce qui était essentiel ; et cette formule est envoyée à tous les prélats répandus dans l'empire, avec ordre d'exiler quiconque refuserait d'y souscrire. En signant, on étiit réputé capable de remplir toutes les places ; en refusant
de signer, on était jugé indigne des moindres emplois; car les sectaleurs d'Ariiis s'imagicuiient avoir tout l'ait, s'ils pouvaient opposer à la vérité , une Ibule de noms qui semblaient autoriser le mensonge. Néanmoins la foi de INicée subsiste invariable an milieu des persécutions, et ceux qui la maintiennent par leur constance et par leurs écrits, se convrent de gloire dans tous les siècles.
56i. Julien, qui succède a Constance, renonce à la foi par une apostasie déclarée, et fait souffrir à l'Eglise un nouveau genre de persécution : il en entretient les divisions : il exclut les clirétiens des honneurs et des études, et, en imitant la sainte discipline de l'Eglise , il croit tourner contre elle ses propres armes. INIaisla réforme ciiimérique qu'il veut introduire cbez les païens, lui fait rendre, malgré lui , un témoignage glorieux à la majesté du clirislianisme. Pour démentir l'oracle de Jésus- Christ, il veiit faire rebâtir le temple île Jérusalem; mais la terre ébranlée repousse de son sein les pierres mêmes de l'ancien fondement; un feu vengeur qui s'élève de ses ruines, oblige les travailleurs d'abandonner fenlreprise ; le règne de ce prince infidèle fut le dernier soupir de l'idolâtrie, et Piome n'a plus eu depuis que des princes chrétiens.
3G4. Yalentinîen qui, bientôt après, monte sur le trône, protège en Occident la foi de Nicée , tandis que son frère Valens, qu'il avait déclaré son collègue, la persécute en Orient ; mais ce dernier ne peut gagner ni abattre saint Basile, qui en était le principal défenseur, et qui lient le second rang après saint Atlianase^ entre les docteurs de l'Eglise grecque.
. 373. Alors brillait dans les Gaules , sur le siège de Tours, saint Martin , qui remplit l'univers du bruit de sa sainteté et de ses miracles , durant sa
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38o. Gratien rend ]a paix à l'Église, et associe à l'empire le grand Tliéodose , a qui il laisse l'Orient. Ces deux princes publient la loi célèbre qui oblif^eait tous les peuples à suivre la religion que l'apôtre saint Pierre avait enseignée aux Romains, et à reconnaître une seule divinité daPère^ du Fils et du Saint-Esprit , sous une égale majesté et une seule Trinité.
58i. Tbéodose assemble le célèbre concile de Constantinople , où lurent condamnés tous les hérétiques qui désolaient alors l'Eglise. Grégoire de Nazianze, évêque de cette ville , l'avait présidé; mais la division qui s'y éleva touchant l'élection de Flavien àl'évèché d'Antioche , le porta à quitter l'épiscopat. Comparable à saint Basile , avec qui il fut étroitement lié , il est aussi compté au rang des quatre grands docteurs de l'église grecque , entre lesquels il est le troisième.
594. Théodose, devenu seul maître de l'empire, appuya toujours la religion , fit taire les hérétiques, qui, sous son règne, ne trouvèrent plus d'asile que chez les Barbares. Il reconnut humblement ses Taules, et ne crut pas rav.der son rang suprême , en se somnettant , comme le dernier de ses sujets , à la pénitence publique que lui imposa saint Ambroise , évéque de Milan. Il mourut en paix , plus illustre par sa foi , que par ses victoires.
De son temps , saint Jérôme , prêtre , retiré dans sa sainte grotte de Bethléem, composa sur Poriginal hébreu, la version de la Bible, que toute l'Eglise a reçue sous le nom de Vul^aie. Tels sont les événemens les plus remarquables du quatrième siècle , qui l'ut illustré par plus de cent cinquanle-deux conciles , dont près de la moitié fut tenue par les hérétiques , et durant lequel onze pnpes remplirent le saint siège , depuis le martyre de Marcellinus , en 3o4.
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