V 1^ SIÈCLE
529. Treize évèques, se trouvant à Orange pour la dédicace d'une église , célèbrent un concile, le second de cette ville , et souscrivent , sur Ja doctrine de la grâce , vingt-cinq articles , qui tous sont dogmes de foi.
533. iJn édit, par lequel l'empereur Justiniim I, osait s'attribuer le droit de juger sur la doctrine de la foi , avait excité de grands troubles dans l'Eglise. Pour ramr'ner le calme, ce prince fait tenir à Constantinople un concile générai , où
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'Turent aiiatlieDUttisés de nouveau Nestoiius et Euticbès , et où l'ou conûriiia solennellement les décisions du concile de Cbalcédoine.
590. Saint Grégoire , surnommé le Grand^ est élevé malgré lui sur le siège de saint Pierre. Cet illustre pontife console l'église d'Afrique, et la fortifie contre la séduction et les fureurs des Manichéens et des Donaiibtes qaifaffligeaient encore ; confirme en Espcigne les Suèves, les Visigotlis et leur roi Récarède , qui avait abjuré l'Arianisme ; convertit r Angleterre par lamission du saint moine Augustin j sauve Rome et l'Italie que les empereurs ne pouvaient aider ; éclaire touie la multitude des fidèles par sa doctrine , et mérite ainsi d'être mis au rang des plus grands docleurs de l'Eglise, qui, dans le cours de ce siècle , vit naître plusieurs hérésies dont elle triompha comme de tant d'autres. Cent ving-t-sept conciles maintinrent sa doctrine et sa foi : treize papes la gouvernèrent, depuis Sjmmaque , mort en 5i4.
Principaux hérésiarques , depuis le quatrième jusqiiau septième siècle , et conciles qui les ont réprimés,
3 12. Donat , évêque des Cases-Noires, en Numidie, excite un schisme dans 1 église deCaiih^ige, et s'écnite bientôt de la foi catholique, en niant la validité du baptême donné par les hérétiques, et l'infaillibilité de r Eglise. Ses erreurs furent combattues par saint Augustin , et condamnées par plusieurs conciles.
3i4. Arius ^ prêtre d'Ale\audiie , cbagiin de u^avoir pu obtenir le siège de cette ville , se rend héiésiarque. Il enseigne que le fils de Dieu est la créature et l'ouvrage du pèiT , capable de la vertu et du vice par son libre arbitre. Voici à peu près de quelle manière il soutenait celte nouvelle doctrine : « K'est-il pas certain , Abrégé dÉraste, 7
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» disait-il , u'est-cc pas même uu arlicle de foi , que » le Père toul-puissant a engendré Jésus-Christ ? Mais, » pour l'engendrer, il fallait qu il n'existât pas. Jésus- » Christ a donc eu uu commencement de son être : on » ne peut donc pas dire qu'il est éternel sans une évi- )) dente conti'adiction. Mais , s'il n'est pas éternel , ce M n'est donc qu'une créature comme nous , qui, en con- >» séquence , doit être sujette aux mêmes lois. »
Cet argument, quelque grossier quil fût, séduisit bien des personnes ; et le progrès de l'erreur devint si rapide , qu'il fallut assembler un grand nombre de conciles pour l'aiTeter ; mais il ne fut bien réprimé que dans le concile général de Nicée , eu Saa.
404. A peine Tarianisme et les sectes qu'il avait produites , eurent-ils été foudroyés , qu'on vit naître de leurs cendres une nouvelle hérésie, non moins funeste: le pélagianisme. Pelage ^ moine anglais, et Celestius ^ aussi moiue de profession, furent les principaux auteurs de cette secte. Ils enseignaient qu'Adam avait été créé mortel; que son péché n'avait nui qu'à lui seul ; qu'il n'y a poiut de péché originel ; que les enfans qui naissent sont au même état où Adam avait été ayant sa désobéissance, et qu'ils ont la vie éteraelle sans être baptisés ; que le péché d'Adam n'est pas cause de la mort de tout le genre humain, ni la résurrection de Jésus-Christ cause de la résurrection de tous les hommes : que la loi de Moïse envoie au royaume des cieux comme l'Evangile ; que même avant la venue de Jésus-Christ , il y a eu des hommes impeccables , c'est-à-dire, sans péchés ; que l'homme peut vivre sans pécher; que son libre arbitre lui suffit pour éviter le mal ; et que, à strictement parler, il peut se passer de la grâce. Cette doctrine fut condamnée dans plusieurs conciles ; mais nul ne l'a si biea confondue que saint Augustin, qui , pour cette raison, fut appelé le docteur de; la grâce.
422. Les Sémi-Pélagietis , ainsi nommés , parce qu'ils n'admettaient qu'une partie des erreurs de Pelage , niaient l'existence du péché originel, et la nécessité de la grâce ; mais , eu même temps , ils soutenaient que rhomme pouvait faire les premiers pas sans cette grâce , et qu'ainsi le commencement du salut
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dépendait de sa volonté : opinion erronée , et contraire à la doctrine de l'Eglise, qui enseigne que le salut vient de Dieu : aussi n'a-t-elle pas été plus ménagée par les conciles , que celle des Pélagiens.
45g. Nestorius , patriarche de Constantlnople , enseigne qu'il y avait deux personnes en Jésus Christ, le Dieu et THomme. Il niait que la sainte Vierge fût la mère du Sauveur comme Dieu. « Car, disait-il, un » Dieu peut-il avoir une mère ? La créature at-elle pu » enfanter le Créateur ? Marie a-t-elle pu enfanter ce » qui était plus ancien qu'elle ? A-t-elle eu la divinité » en partage? Cela pourtant aurait dû être, si elle eût » mi.s au monde un Dieu; car une vraie mère io;t être » de la même nature que ce qui est né d'elle. Marie n'a M donc été la mère de Jésus-Christ que comme homme ; » elle n'a donc conçu, par l'opération du Saint-Esprit, M qu'un corps ordinaire, auquel le verbe a bien voulu » s'unir pour y habitei' comme dans son temple , et M qu'il a daigné rendre l'instrument de notre rédempi) tion. » Cette hérésie fut analhématisée au concile d'Ephèse.
447- Eutychès était prêtre , et abbé d'un monastère assez nombreux , aux environs de Constantinople. Il avait combattu avec zèle les dogmes impies de Nestorius ; mais, en même temps, il tomba lui-même dans une hérésie contraire. Il convenait, à la vérité, que la sainte Vierge avait été mère de Jésus-Christ , comme Dieu ; mais il niait que le corps qu'elle avait conçu lui fût consubstantiel , quoiqu'il l'appelât un corps humain. Selon lai , ce n'était pas un corps ordinaire ; mais un corps , pour ainsi dire , divinisé ; en sorte qu'après l'incarnation, la nature divine et la nature humaine ne faisaient plus qu'une seule nature. Cette doctrine erronée fut condamnée , en 44^ i P^ii' le concile de Constantinople.
XYI« ENTRETIEN.
Tableau historique de la Religion , depuis h septième siècle jusqu'au onzième,
622. On voit paraître en Orient un liomme extraordinaire, qui st'iige en pro|>Iièie parmi les AraLes, ses compatriotes. Jésus-Clirisl était venu combattre les passions des homnxîs; Maliomet vient les favoriser. Jésus-ChrisI avait fondé son ^L^lise par la prédication de l'Evangile , par la vertu des miracles et par le sang" même des martyrs , Maliomet établit son empire par la seule force des armes, et donne ses victoires poi:r seules marques de sa mission. Jésus-Christ enfin est le rédempteur du inonde; Maliomet est le fléau de Dieu, et ses sectateurs les ennemis déclarés du nom chrétien. En moins de dix années toute l'Arabie se soumet de gré ou de force au prétendu prophète, qui jçlte ainsi les fondemens du vaste empire des Sarrasins. Mais tandis que cet imposteur menace le cliristiaiîisme, la nouvelle église anglicane, fondée sous les auspices du grand saint Grégoire, et fortifiée par les soins des papes Boniface V et Honorius, se rendait illustre par toute la terre.
653 . Les Monothél ites paraissent, et surprennent, par leurs artifices, le pape Honorius II, qui entre avec eux dans un dangereux ménagement. L'empereur Héraclius se montre favorable à ces hérétiques, et Constant, son petit-fils, soutient l'édit de son aïeul. Les fauteurs de l'hérésie sont anathématisés dans le concile de Latran ; Saint Maxime , moine de Conslantinople, quitte la cour infectée de nou^ velles erreurs, reprend ouvertement les empereurs cjui avaient osé prononcer sur les questions de la
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foi, et souffre des maux infinis pour la religion catholique. Le pape saint Martin , traité durement par l'empereur, meurt enfin parmi les souffrances d'uji exil rigoureux.
65 î. Mahomet et ses successeurs , qui prennent le nom de ca/i/ej-, c'est-à-dire , vicaires du prophète , portent de tous côtés la terreur de leurs armes. En moins de trente années ils occupent la Syrie et la Palestine, qui avaient été le premier asile de l'arianisme. La Cité sainte leur est assujettie; ils se rendent maîtres du patriarche d'Anlioclie et de celui d'Alexandrie , infestés tous deux l'un par le nestoriauisme , et l'autre par l'eutjcheisme. La Perse leur est ouverte par ses divisions, et ils prennent ce grand royaume sajis résistance. Ils entrent en Afrique, la rendent tributaire, ethientôt la mettent au nomhre de leurs provinces. Enlin, ils menacent l'Occident d'une invasion aussi prompte ; mais l'ambition , qui excite de sanglantes discordes et d'éternelles divisions parmi les barbares sectateurs de Mahomet, ne leur permet pas de pousser plus loin leurs triomphes.
680. Toute l'Eglise reçoit une nouvelle lumière par le concile de Consfantinople, où le pype saint Agathon préside par ses légats. Les évêques qui le composent frappent d'anathême tous les auteurs de la secte des monothélites, sans épargner le pape Honorius lui-même. Constantin Pogonat, imitateur du grand Constantin et de Marcien , entra dans le concile à leur exemple , et y rendit les mêmes soumissions.
686, La foi s'étend et éclate vers le Nord, tandis que les Sarrasins s'efforcent de l'éteindre au Midi. L'Evangile est prêché dans la Franconie; elle s'établit aussi dans la Frise, et se répand bientôt dans les provinces voisines.
692. L'empereur Jusunien II convoque un concile des évêques d'Orient, pour former un corps
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de discipline qui pût servir désormais à toute l'Eglise; mais les règlemens des Grecs n'ayant point été reçus par les Latins , devinrent un nouveau sujet de division entre ces deux grandes portions de l'Eglise : de là les désordres terribles qui eurent lieu dans le siècle suivant. Le septième est mémorable par quatre-vingt-dix-sept conciles, et par l'administration de vingt papes.
vin* SIECLE.
712. Les débauches du roi Rodrigue font livrer l'Espagne aux Maures : c'est ainsi qu'on nommait les Sarrasins qui s'étaient emparés de l'Afrique. Le comte Julien, pour venger sa fille , dont le voluptv-ax monarque avait abusé, appelle ces in/idèles. Ils viennent avec des troupes immenses; Rodrigue périt, l'Espagne est soumise, et l'empire des Goths y est éteint. L'église d'Espagne, qui s'était conservée sous les ariens , ne peut erre abattue par les Mahométans; mais, dans les siècles suivans, elle eut de grands combats à soutenir sous la tyrannie d'une iiation aussi brutale qu'infidèle.
725. L'Angleterre, qui avait déjà envoyé des missionnaires dans la Frise, en envoie d'autres qui s'avaucen': )iisque vers les barbares qui peuplaient les marais et les bois de l'ancienne Germanie. Le prêtre saml Bonilace convertit ces nations sauvages, dont il devient le premier évêque. Ses disciples continuent ses travaux , et bientôt la douceur évangélique humanise les féroces Saxons.
726. Léon, surnommé V Isaiirieii^ met le trouble dans l'empire de Constantinople et dans l'Eglise, en voulant renverser comme des idoles les images de Jésus-Christ et des saints. Il brise le premier une image du Sauveur, placée sur la grande porte de l'église de Constantinople. Ce fut par là que coiuQiencèrent les violences des Iconoclastes. Les
ou l'ami de la jeunesse. i5i autres images que les empereurs , les évêques et tous les fidèles avaient érigées dans les lieux publics et particuliers, furent aussi abattues. A ce spectacle , le peuple s'émut]; les statues de l'em- . pereur furent renversées en plusieurs endroits. Il se crut outragé en sa personne ; on lui reprocba un semblable outrage qu'il faisait à Jésus-Christ et à ses saints, puisque de son propre aveu, 1 injure faite à l'image retombait sur l'original. Saint Jean Damascène, qui fut en son temps le docteur et la lumière de l'Orient , s'éleva par ses écrits contre le faux zèle de ceux qui soutenaient cette entreprise téméraire ; aussi fut-il violemment persécuté , ainsi que saint Germain , qui mourut en exil à Tàge de quatre-vingt dix ans.
754. Constantin Copronyme suivit les traces de Léon, son père. Ayant assemblé un concile nombreux à Constantinople , il y fit condamner comme idolâtrie toutriionneur rendu aux images, en mémoire des originaux, sans cependant y comprendre les reliques. Le concile de Copronyme n'empêcha pas les catholiques de persister dans l'ancienne croyance, et ils aimèrent mieux endurer toutes sortes d'extrémités , que de ne pas honorer Jésus- Christ jusque dans son ombre.
784. Cette nouvelle persécution dura jusqu'au règne de Constantin, petit-fils de Copronyme. Alors les cheses commencèrent à changer de face. Paul , patriarche de Constantinople, déclara, sur la fin de sa vie , qu'il avait combattu les images contre sa conscience, et se retira dans un monastère, où il déplora en présence de l'impératrice Irène, qui régnait sous le nom de Constantin , son fils , le malheur de l'église de Constantinople. Taraise , son successeur, n'accepta le patriarchat qu'à condition que l'on tiendrait un concile universel. Ce concile fut commencé à Constantinople, et continué à Nicée. Le conciliabule des iconoclastes fut
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condamné; et Ton décida que les saintes images seraient honorées en mémoire et pour Famour des originaux.
Durant ce siècle , on célébra quatre-vingt-treize conciles , et l'on vit treize papes sur le siège de saint Pierre.