‹ Éraste, ou, L'ami de la jeunesse (volume 2)Chapitre 16 sur 84 · IX* ET X* SIÈCLES · texte numérisé non relu

IX* ET X* SIÈCLES

8i3. L*empereur Léon V, sv.vriommé Y Jrménien^ renouvelle la guerre contre les saintes images. iNicéphore, patriarche de Constantinople, lui résiste avec vigueur , et perd son siège endé/endant la religion catholique. Théodore, mis à la pl.ice de oc saint évêque , préside au second conciliabule des iconoclastes : la peiséciition se rallume avec une nouvelle fureur; et, durant pins de trente années, enfante une multitude de martyrs. L'impératrice Théodora, régente de l'erft^ytre pour Michel Porpliyi'ogénète, son fils, marchant sur les traces d'Irène, convoqua un concile k Constantinople, où le culte des images fat enfin rétabli pour toujours, et leurs ennemis foudroyés.

85o. En ce temps, Féglise d'Espagne était en proie à la sanglante barbarie des Maures qui la tyrannisaient. Parmi une foule d'intrépides défenseurs de la religion , qui donnèrent alors leur vie pour Jésus-Christ, on remarque surtout le saint prêtre Euloge , qui nous en a conservé la mémoire.

858. Ignace, patriarche de Constantinople, est déposé, parce qu'il reprenait trop librement les mœurs corrompues de l'empereur, et Photius , le plus savant homme de son siècle , mais aussi le plus ambitieux, est mis à la place de ce saint prélat. Disposé à se maintenir dans son usurpation, le faux patriarche devient le premier auteur d'un schisme terrible, qui, dans la suite, entraîna toute l'église grecque.

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861. Il entreprend cl'eng;aoer dans ses intérêts le pape Nicolas, qui, loin de le reconnaître, le déclare indigne de toute l'onction cléricale. Photius, irrité de ce j iigement , prononce la déposition de ce pontil'e mêuie, et écrit à tous les Orientaux une lettre circulaire contre les Latins, dans laquelle il les accuse d'erreur sur la procession du Saint- Esprit.

869. L'empereur Michel , qui soutenait l'usurpateur, est massacré par l'ordre de Basile, qu'il avait associé à l'empire. Ce nouveau monarque ré tablit Ignace; et sous les auspices de ce prince, un concile général s'assemble à Constantinople. Pliotius y est déposé et anathématisé : tous les hérétiques et leurs protecteurs y sont de nouveau fou-» droyés , et l'on y approuve les conciles généraux qui ont précédé celui-ci.

878. Saint Ignace meurt, et Photius, par ses intrigues, est replacé sur le siège de la capitale. 1^ assemble un faux concile dans lequel il affecte de f are confirmer le symbole de INicée , tel qu'il avait été réformé au concile de Constantinople en 38i , avec anathème contre quiconque oserait y ajouter O'i retrancher quelques paroles; voulant par 1^ condTnaner indirectement le mot fîlioque ^ que les Occidentaux y avaient ajouté, et jetant ainsi dans l'esprit des Grecs les funestes germes de la division qui devait un jour les séparer d'avec les Latins. Ce lit tout ce que Photius gagna par sa détestable ambition, qui de plus lui mérita un triste exil , dans lequel il finit les agitations de sa turbulente carrière.

Le dixième siècle ne vil ni hérésie, ni scî^isme, ni dispute. Les progrès de l'Evangile continuèrent à s'étendre dans le Nord. Les Normands, les Sué« dois, les Danois, les Esclavons, les Polonais, le« Busses, les Prussiens, les Hongrois, en un i.iot, les nations les plus féroces embrassèreni le chris-

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tiaiùsme. Il n'y eut plus, dans toute Fétenclue du monde connu , de peuple qui ne HëcLît le g^enou au nom d'un Dieu crucifié.

Diins le cours de ces deux siècles, on célébra plus de trois cent cinquante conciles, et le sa«:itsiége fut rempli par quarante-cinq papes, dotit plusieurs donnèrent de grands scandales à Funivers chrétien.

Principattx hérésiarques , depuis le septième jusqu'au onzième siècle , et conciles qui les ont réprimés»

622. Mahomet y issu du sang des princes delà Mecque, mais pauvre , après avoir long-temps conduit les caravanes des marchands de Syrie et d'Arabie, prend le titre de prophète, d'envoyé, d'ami du Très-Haut, et, par un mélange ridicule du judaïsme et du christianisme, compose une doctrine qu'il iorce ses compatriotes d'adopter, tantôt par ses prestiges et par ses impostures, tantôt le glaive à la main. 11 enseigne qu'il n'y a qu'un Dieu ; qu'il est éternel, indivisible; qu'il prédestine les hommes au bien et au mal ; que Jésus-Christ était le prophèie du Seigneur crucifié seulement en apparence ; que, quoique Jésus-Christ ne soit pas mort, cependant il mourra et ressuscitera ; que les démons seront sauvés; que^a seule circoncision est nécessaire; enfin, il pose comme un des dogmes de sa religion, qu'il est le plus grand des prophètes , et le premier après Dieu, il permet toute espèce de volupté des sens : la polygamie , le divorce, et promet à ses sectateurs un paradis , dont la brutalité , même la plus aveugle , rougirait de jouir.

Toute» ces erreurs grossières sont renfermées dans un ouvrage plein d'une pompeuse obscurité , qu'il disait lui avoir été dicté du ciel par l'ange Gabriel, et que ses disciples nomment Jlcomn , c'est-à-dire, le Livre par excellence. Il donna à ses prosclytes le titre de MuSu nians , qui signifie vrais-croyans. Mais, si rEvangile est Yf ai , Mahomet est un imposteur ,

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puisqu'il établit une religion contraire ; et, si lEvan* gile est faux , Mahomet est encore un imposteur , puisqu'il s'en autorise, et se dit envoyé pour le con» firmer.

635. Une nouvelle hérésie s'élève en Orient , et ceux qui la professent prennent le nom de Monothéîites » parce qu'ils ne reconnaissaient qu'une seule volonté en Jésus-Christ. Voici le raisonnement sur lequel ils appuyaient leur opinion : u II n'y a qu'une seule per- » sonne en Jésus-Christ : or, dans ime seule personne, » il ne peut y avoir qu'un seul principe , qui veut , qui » se détermine : donc il ne peut y avoir en Jésus- » Christ qu'une seule volonté. «Malgré les réfutations solides des catholiques , l'opinion des monothéîites fit de grands progrès. L'empereur Héraclius la favorisa , et Cyrus , patriarche d'Alexandne , ainsi que Sergius, patnarche de Constantinople , la firent approuver dans des conciles. Mais Sophrone , patriarche de Jérusalem , s'opposa vivement à cette doctrine, qui fut enfin foudroyée dans le concile général de Constantinople , l'an 680.

724. Léon d'Isaurie , devenu empereur de Constantinople , détrait toutes les saintes images qui étaient dans les églises. Il est le chef des iconoclastes , hérétiques qui ont causé beaucoup de troubles dans l'Eglise, et qui furent condamnés dans un grand nombre de conciles, dont les principaux sont celui de INicée, en 787, et celui de Constantinople, en 814.

Jusqu'au commencement du onzième siècle , il n'y eut point d'hérésie nouvelle dans l'Eglise ; mais en revanche le père du mensonge y suscita des schismes et des persécutions aussi funestes que l'hérésie même.

XVIle ENTRETIEN.

Tableau de la Religion y depuis le onzième jusqu'au seizième siècle»

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