La Irenesie du roi durait toujours; et
pour comble de malheur, il reprenait quelquefois sa raison. Ces lueurs de bon sens furent (alales : on n'osa point assembler les étals, ni rien décider, et Cdarles resta roi. Jean-sans-Peur , duc de Nevers et de Bourgogne, vint à la cour pour y exciter des troubles , et s'emparer du gouvernement. Ce prince, né scélérat, fit tuer le duc d'Orléans , frère du roi. Ce meurtre mit le feu aux quatre coins du royaume. Les Anglais ne manquèrent piis de profiter de la division : ils remportèrent en i.jii la victoire d'Azincourt , qui couvrit la France de deuih Les ennemis prirent Rouen avec toii'e la Normandie et le Maine. Les Franrais, diii^és sous les noms d'Orlca?iais et de Bourgniî^rio:!is ^ s'immolaient à l'çnviaux fureurs de Fi.'ne et Tautre faction. Le d:ic de BourgogiLe fit regorger de s;ingla capitale et les provinces, et, lorsqu'il fut tué , en 1^19, par Tannegni-du-Cliàlel , sa mort , loin d'airèter le carnage, l'augmenla. Pliilippe-le-Bun, son fils, voulant venger ce meurtre, s unit avec Henri V, roi d'Angleterre , et avec Is.ibelle de Bavière , femme de Gliarles VI , p.incesse dénalarée, qui , par ce complot , faisait perdre la couronne au dauphin, son fils, lienii Y fut déclaré régent et héritier du roviuime, ])ar son mariage avec Calîierine, dernière fille de France. Le roi d'Anoîeirrre vint à Paris , et y gouverna sans contraJiclion , tandis que le dauphin, retiré dans l'Anjou, travaillait vainement à défendre le trône de son père. On croyait que la couronne de France resterait ,pour toujours à la maison de Lancastre , lors- ^u' Henri V mourut à Vincennes , en 1422.
436 ABRÉGÉD'jÉr.ASTE,
Charles YI le suivit de près. A ]a mort du roi , un hérault d'armes proclama Henri Yl , roi de France et d'Anoleterre.
o CHARLES VII, dit LE YICTORIEUX.
ii23. La mort de Charles YI , et l'avènement de Gliarles YII , son fils , à la couronne , changèrent la face des choses. Le nouveau roi eut à com- Lattre, en prenant le sceptre>4e duc de Bedfort , frère d'Henri Y, re'gent du royaume, et aussi habile que courageux. Tous les avantages furent d'abord pour les Anglais. Ils ne nommaient Charles, alors dans le Berri , que le 7'oi de Bourges. Mais ce prince se moqua de leur insolence, et s'en vengea à la bataille de Gravelle , dans le Maine, et à celle de Montargis, en 14-27. Ces succès ne découragèrent point les anciens ennemis de la monarchie : ils mirent le siège devant Orléans, et bientôt ils réduisirent cette ville à l'extrémité, malgré l'intrépide bravoure du vaillant comte de Dunois, qui la défendait. Charles YII songeait déjà à se retirer en Languedoc , lorsqu'on lui présenta une jeune paysanne de vingt ans , pleine de courage et de vertu , dont la mission fut reconnue divine , et qui lui promit de faire lever le 'siège d'Orléans, et deJe faire sacrer'à Reims. On résiste- d'abord ; dn l'arme ensuite : elle marche à la tête des guerriers, se jette dans Orléans, et délivre la place. De nouvelles victoires augmentent la gloire de cette amazone , connue sous le nom de Jeanne~d' Arc j ou de Pucelle d Orléans.
Jeanne avait rempli le premier objet de sa mission : elle propose au roi de remplir le second , et d'aller à Reims pour être sacré. Bientôt, en effet , Auxerre , Troyes , Châlons, Soissons, Compiègne ouvrent leurs portes. Charles YII entre triomphant j dans Reims, où la cérémouie du sacre se fait avec '
ou l'ami DE LA JEUNESSE. 43;
Leaucoup de pompe , en présence de la Pucelle. Jeanne d'Arc , regardant alors sa mission comme finie, voulut se retirer; le roi s'y opposa, et bientôt cette héroïne l'ut prise par les "Anglais au siège de Cornpiègne. Honteux de leur défaite, ilsse portèrent a la vengeance la plus lâche etla plus atroce; et malgré l'innocence et la verlu reconnues de cette guer- 1 lèic intrépide, elle fut brûlée comme sorcière dans le vieux marché de Rouen ( 14^7 ). Cette nouvelle mit la consternation dans la France, et redoubla la Iiaine qu'on portait aux Anglais. Charles VII prit Ja cuirasse et se montra véritablement roi. Les ennemis furent chassés de la capitale , et bientôt de toute la France , où il ne leur resta plus que Calais. Il n'eut rien manqué à la félicité du monarque, s'il n'eut pas eu un monstre pour fds. Ce monstre fut Louis XI , qui entra dans une conspiration contre son père. Le sort de Charles YIl (ut à plaindre : tralii par sa mère, trahi par son fils, il se laissa mourir de faim dans la crainte d'être empoisonné par celui-là même à qui il avait donné la naissance. Ayant passé sept jours sans vouloir prendre aucune nourriture, il expira au bout de ce terme, en 1461, à l'âge de cinquante-sept ans, et après un. règne de trente-huit. Charles avait des qualités aimables ; il en avait même de brillantes ; mais il se laissa gouverner par ses courtisans et par ses maîtresses. Sans le zèle de ses généraux, il aurait souvent négligé ses armées et ses affaires , pour se livrer à ses amours. . ,
LOTJIS XI.
1462. Louis XI, parvenu à la couronne par la mort de son père, prit un plan de conduite et de gouvernement tout-à-fail opposé. Il ôta les charges aux ofliciers et aux magistrats, pour les donner aux compagnons de ses révoltes. Il traita la
438 aekégéd'ébaste,
France en pays de conquête, dépouilla les grands, et accabla le peuple d'impôts. ( i465) Les Tiolences du roi excitent contre lai tous les bons citoyens. Il se forme une ligue appelée du bien piihlic ^ entre les diics de Bretagne, de P.ourlx)n et de Rerri, les comtes de Charolais , de Dunois, et plusiei^rs autres seigneurs méconlens; on en vient aux main? à JJcntihérv, et la victoire reste indécise. On (iit ensuite la paix à Conflans, et le roi cède à son iV ère la IVonnandie , qu'il lui reprend bientôt après, en même temps qu'il cliasse le dcc de Hrelagrie de son ducîié. L'inexécution du traité de Conflans allait rallumer la guerre civile: Louis crut l'éteindre en demandanl à Charles, duc de Buurgcg^ne, une conférence à Péronne,dans îe même temps qi/il excitait lesLiégeois à faire une perfidie à ce duc , elcà s'armer contre lui. Cbarles , instruit de cette manœuvre , îe reîint prisonnier dans le cliâteau de Péronne : force de conclure un traité désavantageux, le roi se vit encore obligé de loarcîier à sai;uite contre ces mêmes Liégeois qu'il avait armés. Le comble de f humiliation pour lui, fut d'assister à la prise de leur ville , et de ne pouvoir obtenir son retour à Paris, qu'après avoir prodigué les bassesses et essuyé mille alfronts. Dès ce moment, ce ne fut plus entre les deux princes qu'une suite de guerres et de traités, où l'on ne cherchait qu'à se nuire ou à se tromper mulnelleraent. Charles en devint la victime, et trouva la mon au siège de Namur , qu'il avait entrepris d'enlever au duc de Lorraine. A la nouvelle de cet'e mori: , Louis s'empnra de la Bourgogne ; il avait les mêmes vues sur la Flandre; mais Marie, iille unique de Cliarles-le-Téméraire, la porta en ch t à Maximilien d'Autriche, fils de l'empereur Frédéric II, et ce mariage fut l'origine des querelles qui coûtèrent tant de sang à la France et à la maison d'Aiii:rkhe. [ 1482) Peu de temps après celte
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union , la guerre s'alluma entre l'empereur et le roi de France. Il y eut une bataille à Guinegate, où la victoire resta indécise. Un traité tait à Arras teimina ces hostilités. ( 14*^3) La sanlé de Louis dépérissait de jour en jour. Sentant sa fin approcher, il se renferma au cliâle.ni du Flessis-Iès- Tours , qu'il fit fortifier, et griller partout de larges barreaux de fer. Il se mit volontairement en prison , craignant toujours des entreprises sur sa vie. L'idée de mourir glaçait son courage; ce- ])endant il ne put éloigner 1« jour fatal : la mort vint le frapper le 3o août 1 483 , à l'âge de soixanteun ans. Mézerai dit cju'il avait l'ait périr plus de quatre mille personnes par divers supplices. Tristan , le bourreau , était son compère et l'exécuteur de ses cruautés. Son barbier devint comte de Meulan et ambassadeur ; son tailleur , hérault d'armes ; son médecin, chancelier. Il avilit la nation en lui donnant de si indignes maîtres; aussi, sous son règne, il n'y eut ni vertu ni héroïsme. L'obéissance et la bassesse linrent lieu de tout, et le peuple fut tranquille , comme les forçais le sont dans une galère. Mauvais roi, mauvais fils , il fut aussi mauvais père. Il tint le dauphin dans l'obscurilé et dans l'ignorance; et, pour toute éducation, il se borna à lui faire apprendre cette maxime digne de Tibère : qui ne sait point dissimuler, ne sait point régner : elle seule faisait tout le fonds de sa politique. Aussi , disait-il qu'il portait son conseil dans sa tête. Sa dévotion n'était que lacraiute superstilieiise d'une âme basse, pusillanime et égarée. Toujours couvert de reliques et d'images, portant à son chapeau nue Notre-Dame de plomb , il lui demandait pardon de ses assassinats, et en commettait sans cesse de nouveaux. Il fut le plus terrible lléau des grands de son royaume, et sa fermeté à leur égard détruisit ce colosse de puissance que la plupart d'entre eux avaient élevé
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sur les débris de l'autoiité royale. C'est l'unique
service que ce prince ail rendu à la monarcliie.
CHARLES TIII , dit l'aFFABLE Ct LE COURTOIS.
i485. Charles VIII n'avait que treize ans lorsque Louis XI mourut. Anne de France, dame de Beaujeu , eut le gouvernement de la personne de son i'rère et de son royaume. Le duc d'Orléans, jaloux de cette préférence, excita une guerre civile pour avoir la tutelle. On se Lattit dans les provinces^ et surtout en Bretagne; jnais le duc avant été fait prisonnier à la journée de Saint- AuLin , en 1488 , et renfermé aussitôt dans la tour de Bourges, les divisions cessèrent. Le mariage de Charles TIII avec Anne de Bretagne cimenta la paix, et procura de nouveaux étals à la France.
1494» Le jeune prince forma le projet de conquérir le royaume de Naples , auquel il avait des droits. Ayant traversé l'Italie en souverain, il entra dans la ville armé de pied en cap, et cette conquête importante ne lui coiila pas six mois. A l'exception des Florentins, les ])rinces d'Italie, effrayésde ses succès, seliguèrent tous contre lui, ave-c fempereur d'Autriche et le roi d'Espagne. Sans s'étonner du nombre de ses ennemis, et suivi seulement de sept mille hommes, il reprit le chemin de la France. A la descente de l'Apennin, Charles rencontre trente-cinq mille hommes qui l'attaquent près de Fornoue. Suivi de sa garde et de sa noblesse, il tombe sur l'infanterie italienne, la perce, la culbute, en fait un horrible carnage, et s'étant ainsi ouvert le chemin de ses état-S, il v rentre tricmpliant. IVaplesfut perdu en moins de temps qu'il n'avait été conquis. (1498) Le roi mourut deux ans après au château d'Amboise , étant à peine dans sa vingtseptième année. Sa bonté et sa douceur étaient sans égales. Deux de ses officiers tombèrent morts en
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apprenant qu'il venait d'expirer. Charles VIII ne Jaissa point d'enfans, et en lui finit la première tranche des Valois.
LOUIS XII , dit LE pÈbe du peuple.
1499. Ck.rles VIII n'était plus, et son successeur l'ut ce mcrne duc d'Orléans , qui avait rempli de troubles le règne précédent. Aussi , lorsqu'on le vit roi. chacun trembla; mais il avait rél'ormé ses mœurs ,et ses vertus, épurées parla religion, parurent dcins le plus grand éclat. Le duc de la Trimouille qui l'avait lait prisonnier à la bataille de Saint- Aubin , fut rassuré par ces paroles à jamais mémorables : Ce n'est pas au roi de France a venger les querelles du duc d' Orléans. En effet , son règne fut celui de la clémence. Il ne lit aucun changement dans le ministère, et même, selon l'ordre donné par Charles VIII, il épousa Anne de Bretagne, veuve du feu roi, après avoir fait casser un premier mariage qu'il avait contracté forcément du vivant de Louis XI.
i5oo-i5i2. Il suivit les projets de son prédécesseur, en portant les armes dans l'Italie. Il humilia Gênes et Venise, et eut beaucoup à se plaindre des entreprises des pa.pes, notamment de ce Jules II, qui, la cuirasse sur le dos et le casque en tête, gagnait des batailles , et menaçait d'excommunier ceux qui n'obéissaient point à ses ordres. Cette malheureuse entreprise sur l'Italie coûta de grosses sommes et beaucoup de sang. Le jeune Gaston de Foix, envoyé contre le pontife et ses alliés, repousse une armée de Suisses, sauve Bologne, assiégée par les confédérés, et gagne la célèbre bnlaille de Piavenne, où il perd la vie comblé de gloire. Avec ce jeune héros expire la fortune de la France. En moins de trois mois , les Français sont oljîjgés de se retirer de ce pays. Bientôt les enne-
mis pénclrent dans le sein de la France. Les Anghis mettent le siège devant Téroaanne , qu'ils prennent après la journée de Guinegale, dite /« joîirnêe des éperons ^ où les tronpes françaises sont mises en déroute. La conquête de Tournai suit celle de Te'rouanne. Les Suisses assiègent Dijon, qui aurait succombé sans la valeur de la Triinouille , gouverneurde Bourgogne. C'estaiors que Louis XII, veuf d'Anne de Bretagne, traite avec Henri VIII , et épouse sa sœur Marie. On allait recueillir les doux fruits d'nne paix générale, lorsque ce prince mourut le premier janvier i5i5 , pleuré de la France, et sans laisser d'enfans mâles.
Louis XII fut le premier de nos rois qui mit les laboureurs à couvert de la rapacité du soldat, et qui fit punir de mort les gens d'armes qui rançonnaient le paysan. Les troupes ne furent plus le fléau des provinces ; et loin de vouloir les en éloigner, les peuples les demandèrent. On chérissait autant dans ce monarque l'iiomme privé que l'homme ]>ub}ic : il était aiTaLle^doux^caressant j iî égayait la conversation par des bons mois , pi. isans sans être malins. Prévoyant les maux que l'humeur prodigue et inconsidérée de François ï causerait à la France, il pleurait en disant : Ce gros garçon gâtera tovt.
Par les soins qu'il donna à l'administration de son royaunie, ce prince mérita le beau titre de père du peuple. Les courtisans Faccusaient d'avarice, et lesconiédiens eurent la hardiessedele jouer en plein théâtre. Comme on l'excitait à s'en venger : Taime mieux ^ dit-il , donner a rire démon économie , que de voir m,es peuples pleurer de mes prodigalités. Il ordonna , par un édit, à tous ceux qui administraient la ùistice, de ne jamais s'écarter de la loi , malgrerts ordres contraires que l'importîinité pourrait lui arracher.
ou l' AMI DE LA JEUNESSE. 44^
XVIII^ ENTRETIEN
Tableau général de V Histoire de France , depwis le règne de François premier jusqu a celui de Louis XIII.
i5i5. François, comte (VAngouîèmc, premier prince du sano-, issu de Charles-Je-Saoe , par la branche cadette d'Orléans, fut choisi pour succéder à Louis Xn , dont il était le gendre. Se livrant comme ses prédécesseurs à l'ambition de conquérir des états en Italie, il se rendit avec une armée dans les plaines de Marignan, oii il rencontra les Suisses, regardés alors comme les meilleurs soldats de l'Europe. Ceux-ci atlaquèrenl les Français avec une impétuosité qui semblait tenir de la i'nreur. On se battit pendant deux jours avec un égal acharnement. Quinze mille Suisses y périrent,, et le monarque français entra dans Milan.
i520. Une funeste rivalité s'élève entre l'empereur Charles-Quint et François I". Ces deux princes se déclarent la guerre. Le connétable de Bourbon quitte le parti de la France, à cause des injustices de la mère du roi. François I subjugue et perd presqn'en même temps la Navarre. Il est plus heureux en Picardie, d'où il chasse Charles, qui f était entré. Il pénètre même dans la Flandre , où il .enlève à son ennemi plusieurs places importantes. Les Français sont chassés du Milanais en ?522. Le connétable de Bourbon se jette dans la Provence, emporte Toulon et assiège Marseille. Le roi marche à SI rencontre ,1e contraint de disparaître, le poursuit dans le Milanais , et le combat à Pavie. La fortune l'abandonne; il est battu et fait prisonnier avec les principaux seigneurs de France. Le reste de l'armée se hàla d'évacuer l'italie en 1025. Son
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coarafj^e ne se déinenrit point ; et ce fut alors qu'il écrivit à sa luère : Tout est perdit hormis Phoniteiir. Il jie recouvra sa liberté que par un trailé onéreux, si^iié à Madrid le i4 janvier i526. Il renonçait à ses prétentions sur Naples , le Milanais, Gènes et Ast; à sa souveraineté sur la Flundre et fArtois : il devait céder le ducLé de Eonrgognc. Mais il n'accorda rien, sous prétexte que les étals généraux de son royaume s'y opposaient; au contraire il forma contre l'empereur une confédération nommée la sainte ligne. La guerre recommença , et ne se termina qu'en 1529, par le traité de Cambrai. Alors François I^"^ épousa Eléonore, veuve du roi de Portugal et sœur de rem])ereur, et racheta de ce prince, devenu son beau-frère, la liberté de de ses deux fils, qui lui servaient d'otages : cette liberté coûta deux millions d'or.
Le monarque français se nionlra plus généreux que l'empereur; car celui-ci ayant besoin dépasser par la France, y vint avec un simple sauf-conduit de la part du roi. On excita François I^*" à profiter de Toccasion pour se venger d'un fourbe, qui toute sa vie l'avait trompé. Le roi rejeta un semblable conseil, et Charles-Quint traversa paisiblement le royaume de son rival.
Ce prince avait promis, par le traité de Cambrai, le duché de Milan à l'un des fils de François 1". Ayant refusé de remplir ses engagemens, François envoie des troupes en Italie, dans le Roussiîlon et dans le Luxembouro . Le comte d'Enguien bat les impériaux a Cérisoles, en i544^ et se rend maître du Montferrat. La France, unie avec Barberousse, roi de Tunis et d'Alger, et avec GustaveYasa, roi de Suède, se promettait de plus grands avantages , lorsque Charles-Quint et Henri YIII, roi d'Angleterre, ligués contre François, détruisirent toutes ses espérances en pénétrant dans la Picardie et dans la Champagne : la paix fut conclue encore
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une fois, à condition néanmoins que le Milanais serait enfm cédé à un des lils de France. Ce dernier trailé ne fut pas mieux exécuté que les précédens ; et tout se disjiosait à une nouvelle rupture, lorsque François, après avoir langui quelques mois, mourut à cinquante - deux ans , d'une maladie honteuse , fruit des désordres de sa jeunesse.
Ce prince fut plus brave chevalier que grand roi. Quoiqu'il s'occupât beaucoup du soin d'étendre son royaume , il ne le gouverna jamais par lui-même. L'état fut successivement abandonné aux caprices de la duchesse d' A ngoulême, sa mère, aux passions des minisires , à l'avidité des favoris. La protection qu'il accorda aux beaux-arts, a couvert auprès de la postérité la plupart de ses défauts. Il fonda le collège royal, forma une bibliothèque volumineuse, et récompensa les lalens en roi. Son règne est l'époque de plusieurs révolutions dans Tesprit et dans les moeurs des Français. Les écoles royales furent fréquentées par les enfans de tontes les conditions, et ce ne fut plus comme auparavant une honte de savoir autre chose que manier une épée et un cheval.