‹ Éraste, ou, L'ami de la jeunesse (volume 2)Chapitre 75 sur 84 · H E IS R 1 II · texte numérisé non relu

H E IS R 1 II

i547. Henri II avait vingt-neuf ans lorsqu'il monta sur le trône. Comme son père, il eut à combattre Charles-Quint; mais plus heureux que lui , il força cet empereur à lever le siège de Metz. Pour venger sa honte, le monarque allemand détruit Térouanne. Henri use de représailles en ravageant le Brabant, le Hainaul et le Cambrésis. Il défait les impériaux à la bataille de Renli , durant laquelle il chercha à combattre l'empereur corps à corps; mais Charles l'évita. La ("ortune lui est moins favorable à MarciaH en Toscane , etl'épuisejnent des puissances belligérantes fait enfin conclure une trêve de cinq ans à Yaucellcs, en i556.

^S ABRÉGÉ d'ÉRASTE,

1557. Cette paiî ne fut pas de longue Jaree. Philippe II succède à sou père Cliarles-Quint sur le trône d'Espagne , et ce prince, uni avec l'Angleterre , paraît en Picardie à la léte de quarai^te uiille hommes, coin mancle's par Emmanuel Philibert, duc de Savoie, l'un des plus grands capitaines de son siècle. L'armée iVançaise est entièrement défaite à la bataille de Saint-Qnentiu , où le connétable de Montmorency et presque tous les officiers généraux sont prisonniers. Le duc de Guise, rappelé d'Italie , rassemble une nouvelle armée, et rassurele royaume par la prise de Calais que les Anglais occupaient depuis deux cents ans, tandis que le maréchal de Brissac, le duc de Nevers elle maréchal de Termes soutenaient dignement l'honneur des armes françaises. La paix se fit dans l'année 1 559, et la France , en cédant des conquêtes éloignées , s'assura des avantages plus solides : elle garda Metz, Toul, Verdun, Calais, et d'autres places qui couvrirent vers le nord ses frontières, jusqu'alors presque sans défense. Par la même paix, furent conclus les mariages d'Elisabeth , fille de Henri II , avec le roi Philippe II , et de Marguerite^ sa sœur, avec le duc de Savoie. Ce fut au milieu des fêtes données à celte occasion , q;3e Henri II , joutant dans un tournoi contre le comte de Montgomeri, reçut, par la visière de son casque, un Ironçon de lance , qui lui creva l'œil droit. Le monarque mourut de cette blessure le 10 juillet, à l'âge de quarante-un ans.

Henri était naturellement bon , et avait les inclinations portées à la justice ; mais son esprit fut toujours en tutelle , et, pour ne vouloir rien faire de son chel , il fut cause de tout le mal que firent ceux qui le goiivernaient. Sous son règne, la gahinlerie était l'emploi le plus ordinaire des courtisans ; et la passion du prince pour Diane de Poitiers , qu'il fît duchesse de Yalentinois , était le

ou l'ami de la jeunesse. 447 prennier mobile de tout ce qui se passait dans I3gouvernement. Tout pliait sous elle , et le tonnéla blc de Montmorency lui-même, tout grave cjuil était , ne pouvait se dispenser d'avoir recours à su faveur : tant était grand l'empire cjue celle femme, malgré son âge de quarante-sept ans , et ses fréquentes inGdélités, avait pris sur l'esprit du faible monarque.

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