‹ Éraste, ou, L'ami de la JeunesseChapitre 7 sur 89 · n J.oufre · texte numérisé non relu

n J.oufre

O /.<- l'urt'/

3 11' J.nut'

L Kciiti'itif .

^ /.e J(i/iii/\/

,'l /. />i/nr

La fouine a la physionomie très fine , l'oeil vif, le saut le'ger, les membres souples, le corps flexible, tous les mouvcmens très rapides : elle saute et bondit plutôr qu'ille ne marche : elle grimpe aisément contre les murailles qui ne sont pas bien enduites; entre dans les colombiers , les poulaillers, etc.; mange les œufs, les pigeons, les poules, etc.; en tue quelquefois un grand nombre, et les porte à ses petits. Elle prend aussi les souris, les rats, les taupes, et les oiseaux dans leurs nids.

La martre, el surtout la martre zibeline, qui ne se trouve guère qu'en Sibérie, donne une peau très estime'e. La commune ( st brune et jaune ; la précieuse est noire.

Le furet poursuit les lapins, don! il est l'innemi mortel y et sur lesquels il se jette avec fureur , quoique le moindre d'entre eux soit quelquefois quatre ou cinq fois plus gros que lui , f§. 6.

La belette , makre' sa petitesse, est un animal redoutable aux poulaillers, aux colombiers, aux couleuvres, aux rats d'eau , aux taupes , aux rats et aux souris. L'espèce de belette , que l'on appelle hermine , donne une très riche fourrure qui est blanche, excepte' le bout de la queue qui est noir.

Je ne vous dis rien de l'e'cureuil , dont la jolie figure et la finesse sont encore rehaussées par une belle queue en forme de panache, qu'il relève jusque sur sa tète, et sous laquelle il se met à l'ombre ; ni du rat et de la souris qui pénètrent dans une maison, et y apporent quelquefois le degàt ; ni du mulot, espèce de rat qui ravage Us campagnes : il vaut mieux nous occuper d'animaux plus importans,

fs- 7-

La peau de l'ours est, de toutes les fourrures grossières,

celle qui a le plus de prix ; et la quantité' d'huile que l'on tire d'un seul ours est fort considérable. Cet animai aime la solitude : il est très susceptible de colère , et sa colère tient toujours de la fureur et du caprice : il ne se de'tourne pas de son chemin : il ne fuit pas à l'aspect de l'homme. Il a le sens de la vue, celui de l'ouïe et du toucher très bons, quoiqu'il ait l'œil très petit, relativement au volume de son corps , les oreilles courtes, la peau e'paisse , et le poil fort touffu : enfin, il a l'odorat excellent, et peut-être plus exquis qu'aucun autre animal ^fig. 8.

Le castor , dont la peau sert à tant d'usages, habite de pre'fe'rence sur les bords des lacs , des rivières , et des autres eaux douces. Il se sert de ses pieds de devant comme de mains, et ceux de derrière lui servent de nageoires. 11 nage beaucoup mieux qu'il ne court : il aime la propreté , et fuit les mauvaises odeurs , pi. iZ^fig. i.

Les castors se rassemblent en grand nombre sui les bords des rivières ou des lacs , pour former une espèce de re'publique : ils se construisent des cabanes et des digues , avec tant d'art et de solidité', qu'on diroit qi^e ces édifices sont l'ouvrage des hommes les plus industrieux et les plus habiles. Leur queue leur sert de truelle , pour appliquer une sorte de mortier qu'ils gâchent avec leurs pieds ; comme leurs dents sont très dures et très tranchaiiles , il s'en servent pour abattre des arbres fort gros, dont ils font les fondemens de leurs habitations.

Le lion est regardé comme le roi des quadrupèdes. 11 n'est cruei'que par nécessité, ne détruit qu'autant qu'il consomme ; il dédaigne souvent les petits ennemis, méprise leurs insultes, et leur pardonne des libertés offensantes : on l'a vu donner quelquefois la vie à ceux qu'on avoit dévoués à la mort , en les lui jetant pour proie; et, cornme s'il se les fut attachés par cet acte généreux , leur continuer la même protection , vivre tranquillement avec eux , leur faire part de sa subsistance , se la laisser même enlever tout entière, et souffrir plutôt la faim que de perdre le fruit de son premier bienfait. Sa figure est imposante; il a le regard assuré et la démarche fière. Il attaque tous les animaux , et est très redouté de tous. Son rugissement est si fort , que , quand il se fait entendre par échos , la nuit , dans les déserts , il ressemble au bruit du tonnerre. Le cri qu'il fait, lorsqu'il est en colère , est encore plus terrible que le rugissement; alors il se bat les flancs avec sa^queue , il en frappe la terre , il agite sa crinière , qui est un long poil qui couvre toute la partie antérieure de son corps, et que la lionne n'a point; il fait mouvoir sa face , remue ses gros sourcils, montre des dents menaçantes, et tire une langue armée de pointes si dures , qu'elles suffit seule pour écorcher la peau et entamer la chair , sans le secours des dents, ni des ongles, qui sont, après les dénis, ses armes les plus cruelles. L'éléphant , le rhinocéros, le tigre et l'hip-

lofite 2 . /.r//.j~C

popotame sont les seuls animaux qui puissent lui résister ^

Si nous voulons ne nous pas compter , Telepbant est l'être le plus conside'rable de la nature. 11 surpasse tous les animaux terrestres en grandeur. Au moyen de sa trompe qui lui sert de bras et de mains, il peut enlever et saisir les plus petites choses comme les plus grandes, les porter h sa bouche, les poser sur son dos, les tenir embrasse'es, ouïes lancer au loin. Plein de docilité' , susceptible de rcconnoissance , capable d'un fort attachement, il s'accoutume aisément à l'homme, se soumet moins par la force que par les bons traitem.ens ; le sert avec zèle , avec fide'lilé , avec intelligence. Il vit longtemps , et jouit d'une force incroyable. Avec ses défenses , qui sont ce qu'on appelle l'ivoire , et dont plusieurs pèsent plus de cent vingt livres, il perce et terrasse le lion; il fait trembler la terre sous ses pas ; de sa trompe , il arrache les arbres , d'un coup de son corps, il fait brèche dans un mur. 11 est invincible par la seule résistance de sa masse , par l'épaisseur du cuir qui la couvre ; il peut porter sur son dos une tour arme'e en guerre, et chargée de plrsieurs hommes ; seul, il fait mouvoir des machines, et transporte des fardeaux que six chevaux ne pourroient remuer. 11 a une adresse extrême : il ne casse ni n'endommage rien de tout ce qu'on lui confie ; il pose et arrange doucement des ballots ; il essaie avec sa trompe s'ils sont bien situes ; et , quand c'est un tonneau qu'il roule , il va de lui-même chercher des pierres pour le caler et l'établir solidement ,y/g^. 3.

Après l'éle'phant , le rhinocéros est le plus puissant des quadrupèdes. Le tigre est un animal terrible, qui n'est jamais rassasie' de sang , et qui , remarquable par la varie'té de ses couleurs, donne une belle peau, dont on fait des housses , Jig. 4- L'hippopotame est un gros animal amphibie, qui m.arche lentement et nage très vite. Sa gueule est prodigieusement ouverte; et d'un coup de dent, il brise les bateaux les plus forts; souvent il les soulève, et les tient sur son dos, maigre leur poids c'norme. Sa peau , très épaisse et très dure, est presque impéne'trable.

Terminons cet article des quadrupèdes , par dire un mot du chameau et du dromadaii^e, t]ui sont des races de la même espèce, dont toute la différence consiste en ce que le

17a ÉRASTE,

chameau porte deux bosses sur le dos , au lieu que le dromadaire n'en a qu'une. En réunissant sous un seul point de vue toutes les qualités du chameau et tous les avantages que Ton en tire, on ne pourra s'empèrher de le reconnoifre pour la plus utile et la plus précieuse de toutes les créatures subor-^ données à l'homme. 11 vaut mieux cjue l'éléphant, et peutêtre vaut-il autant que le cheval, l'àne et le bœuf, tous réunis ensemble. 11 porte seul autant que deux mulets : il mange aussi peu que làne, et se nourrit d'herbes aussi grossières; sa femelle fournit du lait pendant plus de temps que la vache : la chair des jeunes chameaux est bonne et saine comme celle du veau, leur poil est plus beau et plus recherché que la p!us belle laine ; il n'y a pas jusqu'à leurs excrémens dont on ne tire des choses utiles, car le sel ammoniac se fait de leur urine; et leur fiente, desséchée et mise en poudre, leur sert de litière; on tn fait aussi des mottes qui brûlent aisément, et produisent une flamme aussi claire et presque aussi vive que celle du bois sec ^J/g. 5.

EuG. 11 me tarde de voir si les oiseaux et les insectes nous offriront autant de particularités que les quadrupèdes.

Er. Les oiseaux ont le corps couvert de plumes : ils ont deux pieds qui leur servent à marcher, deux ailes avec lesquelles ils se soutiennent dans les airs , et, au lieu des mâchoires des quadrupèdes , on leur voit un bec avec lequel ils broient tous les alimens dont ds se nourrissent. Tous les oiseaux sont ovipares , c'est-à-dire qu'au lieu de mettre au monde leurs petits tout formés, il ne les produisent qu'ébauchés, et renfermés dans une masse assez ordinairement de figure ovale : ce qui lui a fait donner le nom à'œuf.

Ce qui étonne le plus dans la plupart des oiseaux, c'est l'adresse avec laquelle ils déposent leurs œufs. La fragilité de ces œufs les porte à les poser sur des matières molles et délicates, telles que le duvet et le coton; et quand ces matières leur manquent , par une ingénieuse charité, ils s'arrachent avec le bec autant de plumes de l'estomac , qu'il en faut pour préparer un berceau commode à leuis petits.

Chaque espèce a une. manière particulière d'édifier les nids; et, à cet égard, l'hirondelle semble l'emporter sur toutes les autres. Ce n'est point avec de petits branchages et du foin qu'elle bâtit : elle emploie le ciment et le mortier

-. /.rJJ,,,,/,'

S /..i Ca//.'

ENTRETIEN VIII. lyS

d'une manière si solide qu'il faut une espèce d'effort pour démolir son ouvrage : elle n'a cependant que le bec pour tout instrument. Réduisez, s'il est possible, le plus habile architecte au petit volume de cette hirondelle : conservez lui toutes ses connoissances; mais doiuicz-lui aussi peu de moyens, et voyez s'il aura plus d'indnsirie, plus de succès, 7/^. G.

Mais, ce qui me surprend davantage encore, c'est leur conduite après avoir pondu leurs œufs. Qui leur a fait comprendre à tous qu'ils ne pouvoient les faire éclore qu'tn les couvant? Qui leur a dit (jiie le père et la mère ne pouvoient quitler en même temps, vt cjue, si l'un alloit chercher la nourriture, l'autre devoit allendre son retour? Qui leur a marqué le nombre précis de jours de cette rigoureuse assiduité? Qui les avertit d'aider aux petits déjà formés à sortir de l'œuf, en rompant la première coque, et qui les a si exactement instruits du moment, qu'ils ne le préviennent jamais? Enfin, qui a enseigné à plusieurs d'entre eux celte merveilleuse industrie, de tenir dans leur gorge ou l'aliment, ou l'eau, sans avaler ni l'un, ni l'autre, et de les conserver pour leurs petits, à qui cette première préparation tient lieu de lait?

Il y a des oiseaux farouches et cruels qui exercent sur les autres une tyrannie barbare , et qui cherchent dans leurs membres dé( hirés et palpiians une nouriiture sanglante; on les appelle oiseaux de proie. Tel est l'aigle que son courage et sa force prodigieuse ont fait appeler le roi des oiseaux; tels sont le vautour, le faucon, l'épervier, quei'on a trouvé moyen d'apprivoiser pour les employer à la chasse ; tels sont encore le hibou , la chouette , la hulotte , etc. , et même le perroquet , cet oiseau si recherché par la beauté de son plumage, et plus encore pour le talent qu'il a d'imiter le langage de l'homme. Tous ces oiseaux ont le bec crochu , et très propre à mettre en pièces les foibles victimes de leur voracité, j%. 7, 8, et pl' "^K^fië- I7 2, 3.

Il y a des oiseaux qui, par leur mélodieux ramage, forment d'admirables concerts, que les hommes ont mal imités. Dans cette foule de musiciens, une voix plus forte et plus moelleuse se fait entendre, et je trouve, en cherchant de quelle part elle vient, que c'est un très petit oiseau, le rossignol, qui en est l'organe. Cela me fait considérer tous les autres qui savent

lyl ERASTE,

le chant, le pinçon, le chardonneret, le serin, la linotte, etc., et ils sont tous aussi petits : les grands, ou ignorent la musique, ou ont la voix discordante.

Quelques-uns de ces petits oiseaux ont une grande beaulé, et rien n'est plus nclie ni mieux diversifie que leur plumage. Mais il faut avouer que toute leur parure doit céder à celle du paon, sur qui Dieu averse, comme à pleines mains, toute la magnificence, toutes les richesses qui embellissent les autres, et auquel il a prodigue', avec l'or et l'azur, toutes les nuances de toutes les couleurs ; cet oiseau paroît sentir son avantage, et c'est, ce semble, pour étaler à nos yeux toutes ses beautc's, qu'il fait cette pompeuse roue qui les met en évidence. Mais le plus magnifique de tous les oiseaux n'a qu'un cri désagréable; preuve frappante qu'avec un extérieur trèsbrillant on peut n'avoir qu'un mauvais fonds, peu de mérite et beaucoup de vanité, 7%- 4-

Plusieurs oiseaux ont les plumes à l'épreuve de l'eau , et leurs pieds sont garnis d'une membrane qui leur sert de nageoire, et marque dislinctement leur destination ; tels sont le cygne, l'oie, le canard, le plongeon, le pélican, l'hirondelle de mer, etc. Mais qui a fait connoître à ces animaux qu'ils n'ont rien à risquer en se précipitant dans l'eau, tandis que les autres, à qui Dieu n'a donné ni des plumes ni des pieds semblables, n'ont jamais la témérité de s'y exposer? On fait quelquefois couver des œufs de cane à une poule qui , trompée ensuite par son affection , prend pour sa famille naturelle des cnfans étrangers qui courent à l'eau au sortir de la coque, sans que leur prétendue mère puisse les en empêcher par ses avis. Elle demeure sur le bord , très étonnée de leur témérité, et plus encore de ce qu'elle leur réussit. Elle se sent violemment tentée de les suivre : elle en témoigne sa vive impatience ; mais rien n'est capable de la porter à une indiscrétion que le Créateur lui a défendue : grande leçon, bien capable de nous apprendre qu'il faut être destiné par la Providence aux fonctions d'un état dangereux, et avoir reçu d'elle tout ce qui peut mettre le salut en sûreté, et que c'est une témérité funeste pour les autres , qui n'ont ni la vocation , ni les mémos qualités.

Que ne peut-on pas dire de ces oiseaux voyageurs qui changent do chmals, qui s'en vont, et qui reviennent suivant les

ENTRETIEN Mil. 175

saisons? Ils ont leur temps marque , et ne le passent jamais ; mais (-(• temps n'est pas le même pour chaque espère : les uns ai tendent l'hiver, les autres le printemps : ceux-ci l'ete; ceuxlà , l'automne. 11 y a dans chaque peuple une police publique et gt'nerale, qui règle et qui tient dans le devoir tous les particuliers. Avant l'edit gênerai, aucun ne pense à partir ; depuis sa publication, aucun ne demeure. Une espèce de conseil de'cide du jour, et il accorde un intervalle pour s'y pre'parcr; après quoi, tout de'loge, et il ne paroît le lendemain ni traîneurs ni de'serteurs, tant la discipline est exacte! Qui a dit à ces oiseaux que, dans les contrées où ils se rendent en troupes, ils trouveront toutes choses préparées ? Pourquoi ne s'attachenf-ils pas, comme tant d'autres, au pays où ils ont e'Ievé leur famille? Par quel esprit de voyages cette nouvelle famille, qui ne connoît que son pays natal, conspirc-t-elle tout entière à le quitter? En quel langage se publie l'ordonnance qui de'fend à tous , soit anciens, soit nouveaux sujets de la re'publique , de demeurer par-delà un certain jour? Enfin , à quels signes les principaux magistrats connoissent-ils que ce seroit trop risquer cjue de s'exposer à être pre'venus par une saison rigoureuse? Quelle autre réponse peut-on faire à toutes ces questions que celle d'un prophète : que vos ouvrages , Seigneur , sont grands et mcrv eilleux ! vous les avez tous formes avec sagesse.

Quels secours ne tirons-nous pas des oiseaux ? Les uns, tels que le faisan , la perdrix , l'ortolan, la be'casse , la grive , la caille, fournissent à nos tables un aliment de'licat et sain : le plumage des autres s'emploie à plusieurs usages ; les plumes de l'autruche, qui a jusqu'à sept pieds de hauteur, et dont on mange les œufs, servent d'ornement aux chapeaux, aux dais, aux hts, etc. Le duvet fin sert à la fabrique des chapeaux et le poil grossier est employé' dans des e'toffes de laine. Les grandes plumes des cygnes et des oies servent à e'crire , et leur duvet sert à bourrer des oreillers, des matelats, etc. : leur peau garnie de ce duvet fait une fourrure très chaude. On fait de magnifiques manchons avec les plumes de grèbes , qui sont des oiseaux aquatiques connus en Suisse , et qui ne paroissent que l'hiver. Les plumes des aigrettes, qui est une espèce de héron tout-à-fait blanc, servent à faire cet ornement qui porte le même nom. L'edredon, qui est le plus pre'cieux de

ïjG ERASTE,

tous les duvets, est la de'pouille de Tautour, espèce de canard sauvage qu'on trouve en Islande. De quelle ressource ne sont pas tous les oiseaux domestiques que nous nommons volailles, tels que les poules, les pigeons, les coqs d'Inde, etc. Leur chair nous nourrit ; nous mangeons Itursœufs, et nous employons utilement les plumes de la plupart d'entre eux.

La sagesse de la bonfe' divine ne se fait pas moins admirer dans les insectes. Qui pourroit compter leur nombre , et faire Thistoire de leurs mt'tamorphosos ? Ils n'ont de commun, avec les animaux dont nous avons parle' jusqu'ici, que les rapports qui caractérisent proprement l'animal ; ils se meuvent, se nourrissent, se multiplient : du reste, leurs organes sont si diflerens, qu'ils n't)nt presque que le nom et les usages de ceux des autres animaux. Ils sont assez ge'neralement ovipares ; mais la plupart ne sortent pas de leurs œufs dans l'état de perfection où ils doivent parvenir un jour. Ils prennent d'abord la forme d'un ver ou larve, sous laquelle ils vivent , se nourrissent et croissent , durant un certain temps; ils se me'lamorphosent ensuite, et s'enveloppent d'une espèce de masque, sous lequel ils passent un temps plus ou moins considérable , sans prendre de nourriture , sans mouvement, et comme prives de vie. Enfin , ils sortent de cet e'tat pour prendre leur dernière forme, qui est ordinairement la plus brillante, et sous laquelle ils se multiplient. Qui pourroit assez admirer l'industrie de plusieurs de ces insectes qui filent avec un art et une de'licatesse inimitables? Qui a enseigne' à Taraigne'e , animal si me'prisable d'ailleurs , à former des fils si de'lies , si e'gaux, si e'iroitement suspendus? Qui lui a appris à commencer par les attacher à des points fixes, à les reunir tous dans un centre commun , à les tirer d'abord en droite ligne, et à les affermir ensuite par des cercles exactement parallèles ? Qui lui a dit que ces filets seroient les pie'ges où se prendroient d'autres animaux qui ont des ailes , et qu'elle ne sauroit atteindre que par ruse? Qui lui a marque' sa place dans le centre où aboutissent toutes les lignes et où elle est ne'cessairement avertie , parle plus léger e'branlement , que quelque proie est tombée dans ses filets? Enfin, qui lui a dit que son premier soin devoit être alors d'embarrasser les ailes de cette imprudente proie par de nouveaux fils , de peur qu'elle ne

ïonscnàt quelque liberté, ou pour se dt^gagcr, ou pour se dcfemlre?

Tout le inonde a vu le travail des vers à soie : les pins habiles ouvriers ont-ils pu jus(|u"i(i Pimiter? Ont -ils trouvele secret de former un fil si liu , si ferme, si égal, si brillant, si continu? Ont-ils une matière plus precieurt' que ce fil pour faire les plus riches étoiles;" Savent-ils comment ce ver convertit le suc d'une feuille eu dos filets d'or? Peuventils rendre raison de ce qu'une matière liquide, avant qu'elle ait pris l'air, s'affermit et s'allonge à l'iniini, dès qu'elle l'a senti? Aucun d'eux peut-il explicjucr comment ce ver est averti de former une retraite sous les contours sans nombre de la soie dont il est le principe, et comment il trouve dans ce riche tombeau une espèce de re'surreclion qui lui donne des ailes, que sa première naissance lui avoit refusées.

Tout ce qui est ver et qui a rampe devient une espèce de mouche, de moucheron, de papillon, et tout ce qui vole a rampé dans sa première origine et a e'té une espèce de ver, de chenille, d'insecte, avant que d'avoir eu des ailes; et l'c'tat mitoyen, entre ces deux extre'mite's d'ele'vation et de bassesse, est le temps où l'animal devient fève ou cocon; ce qui se fait en une infinité de manières, mais toujours les mêmes pour chaque espèce.

Un grand nombre d'insectes ont le talent de filer comme. les araignées et les vers à soie. Les chenilles du pin, par exemple, donnent un fi! très fort, et en abondance, qu'il seroit à souhaiter qu'on employât, parce que les pays du Nord le recueilleroient très aisément. Les pinnes marines, qui sont une espèce de moules, donnent aussi un fil précieux dont on fait des étoffes , et les gants de Palerme, fabriqués avec ce fil , sont d'une très grande beauté.

EuD. Si ce qu'on dit de l'abeille est vrai , cet animal est peut-être le plus admirable des insectes.

Er. Il est au moins un des plus utiles à l'homme, puisqu'il lui fournit de la cire et du miel. La cire est un objet important pour le commerce; et le miel, outre qu'il est un assaisonnement délicieux , sert encore à faire une boisson agréable , que l'on nomme hydromel. Au lieu de se contenter de sucer le miel, qui se conserve mieux dans le ca- ÏI. 12

178 ÉRASÏE,

lice des fleurs que partout ailleurs, et de s'en nourrir au jour la journoe, l'abeille en fait provision pour toute l'annde , particulièrement pour l'hiver. Elle charge les petits crocheis dont ses jambes sont garnies, de tout ce qu'elle peut emporter de cire et de gomme ; mais en pompant le miel avec la trompe qui est à l'extre'mite' de sa tète , elle e'vite d'engluer ses ailes dont elle a besoin pour voltiger çà et là , et pour le retour. Si l'on n'a pas pris soin de lui pre'parer une ruche, eWe s'en fait une elle-même dans le creux de quelque arbre ou de quelque rocher. Là, son premier soin est d'apporter de la cire, dont elle compose de petites cellules égales, et à plusieurs angles, afin qu'elles puissent s'unir et ne laisser aucun intervalle; puis elle fait couler dans ces petits re'ser\'oirs le miel pur et sans me'lange, et, àe quelque abondance qu'elle voie ses magasins remplis , elle ne se repose que lorsque le temps du travail et de la re'colte est passe'. On ne connoît dans cette re'pnbhque ni la paresse , ni l'avarice., ni l'amourpropre : tout y est commun. Le nécessaire y est accorde' à tous : le superflu n'est à personne; et c'est pour le bien public qu'il est conserve. Les colonies nouvelles, qui chargeroient Te'tat , sont mises dehors. Elles savent travailler, et on les y oblige en les conge'diant.

Quelle surprenante industrie que celle du formica-leo ! Sa figure est laide, son inclination est cruelle, car il ne vit que du sang de sa proie , et son occupation unicjue est de lui tendre des pièges. Pour admirer son artifice , il faut le mettre dans un vase de verre plein d'un sable assez menu. 11 s'y cache aussitôt; bientôt il forme dans ce sable la figure d'un cône renversé avec les proportions les plus exactes ; et il va se loger dans le sommet du cône qui tient lieu de centre, mais en demeurant couvert. Si quelque fourmi, ou quelque mouche à qui l'on ôte les ailes, est placée à l'entre'e du cône, ce petit animal, qu'on ne jugeroit pas capable du moindre effort, jette avec sa tétc, à coups redouble's, du sable sur la proie qu'il a sentie , afin de l'étourdir et de l'entraîner dans le fond où il se tient caché. Alors il sort de sa retraite ; et, après s'êtr<3 désaltéré du sang, il rejette le cadavre qui pourroit faire soup- 1 çonner sa cruauté. Si vous voulez vous procurer le plaisir de le voir travailler une seconde fois , comblez le cône en agitant le vase, et vous serez étonné avec quelle diligence

ENTRETIEN Vill. ,.^

cette petite béte re'tablitune nouvelle figure aussi vaste, aussi ri^gulière que la première. Qui lui a donc appris la figure du cône, celle du sable, celle des mouvemens, et leur ressentiment du centre à toutes les parties de la circonférence? Le formica-leo se change en une grande et belle mouche, appelée demoiselle, et ne se souvient plus de son humeur sanguinaire quand il a quitté son ancienne dépouille.

C'est dans les vêgr'lnux que presque tous les animaux trouvent le principal fond de leur subsistance- Ils sont pour l'homme une source inépuisable d'alimens, et un vaste sujet de réflexions utiU-s. Un effet, il y a, dans la plante la plus méprisable en apparence , de quoi étonner les plus sublimes esprits , qui ne sauroient voir néanmoins que les organes les plus grossiers, et à qui tout le secret de la vie^ de la nourriture et de la multiplication, demeure inconnu. Aucune feuille n'y est négligée ; l'ordre et la symétrie y sont sensibles en tout , et cela avec une si prodigieuse fécondité de découpures, d'ornemens, de beautés, qu'aucune ne ressemble parfaitement à l'autre.

Y a-t-il rien de pluS digne de notre admiration, que le choix que Dieu fait de la couleur générale qui embellit toutes les plantes? S'il eut teint en blanc ou en rouge toutes les plantes ; s'il eût teint en blanc ou en rouge toutes les campagnes, qui auroit pu en soutenir l'éclat? S'il les eût obscurcies par des couleurs plus sombres, qui auroit pu faire ses délices d'une vue si triste et si lugubre? Une agréable verdure tient le milieu entre ces deux extrémités, et elle a un tel rapport avec la structure de l'œil , qu'elle le délasse au lieu de le tendre, et qu'elle le soutient, qu'elle le nourrit en quelque sorte , au lieu de l'épuiser. Mais ce qu'on croyoit d'abord n'être qu'une couleur, est une surprenante variété de teintures. C'est du vert partout ; mais ce n'est nulle part le même. Aucune plante n'est colorée comme une autre ; et cette prodigieuse diversité, qu'aucun art ne peut imiter, reçoit encore différentes nuances dans chaque plante , qui dans son origine , dans son progrès , dans sa maturité , est d'une espèce de vert particulier. On en peut dire autant de la figure , de l'odeur, du goût, des usages des plantes , ou pour la nourliture , ou pour les remèdes. Si Dieu n'avoit donné à du foin même séché, et gardé depuis long-temps; la force de nour-

lî^o ÉUASTE,

liv les chevaux, les bœufs et les autres animaux de service ^ comment eût fait le laboureur, ou même l'homme le plus riche, pour rassasier des animaux d'une si grande taille, et qui ne sont u'iles qu'autant qu'ils cul de force? Cette même herbe sèche suffit à plusieurs d'entre eux pour leur fournir deux fois chaque jour une source de lait , qui peut tenir lieu, à une famille entière, de toute autre nourriture.

Quel spectacle que celui d'une campagne fleurie! quel émail! quelle couleur! quelle richesse! quelle magnifique profusion ! mais en même temps quelle harmonie, quelle douceur dans eur me'iange et dans lus nuances qui les tempèrent ! Quel tableau et quel maître ! De quelle source intarissable tant de beautés sont-elles parties! Quel est en lui-même le principe de tant d'éclat et d'une parure si somptueuse, et si diversifiée? ]Mais passons , de cette vue générale , à la considération de quelques fleurs en particulier , et cueillons au hasard la première qui nous tombera sous la main, sans nous mettre en peine du choix... Elle ne vient que d'éclore, et elle a déjà toute sa fraîcheur, toute la vivacité de son coloris. Y a-t-il parmi les hommes des teintures si vives et tout à la fois si douces ? L'art a-t-il pu inventer des étoffes aussi déliées et d'un tissu si uni et si délicat? Approchez, des feuilles que je tiens, la pourpre même de Salomon? Quel cilice grossier en comparaison! r.ielle rudesse, quelle interruption dans le tissu, quelle différence dans la composition et dans l'application des couleurs! IMais quand cette fleur seroit moins belle dans chaque partie ; peut-on imaginer une plus aimable symétrie dans son tout , une plus régulière ordonnance dans ses feuilles, une plus grande justesse dans ses proportions! On croiroit à n'examiner que la sagesse , et , si j'ose le dire , la complaisance de Dieu dans une fleur si parfaite , on croiroit qu'elle doit durer toujours. ÎMais, du malin au soir, elle sera flétrie; le lendemain elle sera rôtie du soleil, et un autre jour on la coupera, (^ue devons-nous donc penser de l'immense océan de beautés qui en répand si abondamment sur une herbe qu'U ne conserve que quelques heures? Que ferat-il quand il embellira les esprits, lui qui fait briller si noblement le foin destiné aux animaux? Et quel est l'aveuglement du monde, qui compte la beauté, la jeunesse, lautorité, la gloire humaine , pour des biens sohdes, sans se souvenir

ENTRETIEN VIH. ,8i

qu'elles ne sont que la fleur passagère d'une herbe qui ne sera plus le lendemain.

Les végétaux nous sont bien plus nécessaires encore que les animaux; car non seulement ils nous procurent de quoi nou3 nourrir, comme les grains, les fruits, les légumes ; de quoi nous éclairer, comme les graines et les amandes dont on extrait de l'huile ; (\c quoi nous vrtir, comme le lin et le chanvre, avec les filamens desquels on fait difiérentes toiles; ou la cotonnier, qui produit ce duvet précieux avec lequel on fabrique tant d'e'iolfes; mais, de plus, un g-and nombre d'entre eux entrent dans la conslruclion de nos maisons , nous fournissent une grande quantité de machines infiniment utiles , et la matière de la plupart des ar's.

Je ne m'étendrai pas beaucoup sur !e règne minerai, et je me contenterai de vous dire qu'on le divise en sept classes, qui sont les bitumes , les eaux , dont je vous ai parlé , Irsterres, les pierres, les sels, le soulre et les substances métalliques.

Les biiumes sont des corps tantôt dtns et tantôt mous, tantôt liquides, ordinairement plus légers que leau , et qui , expcsés à l'action du feu, y brûlent plus ou moins rapidement, répandent une odeur forte et désagréable avec une fumée ntîire et suflbcante. Les principaux sont : le charbon fossile qui se divise en charbon de pierre et en charbon de terre, et qui fournit l'aliment le plus ordinaire du feu qu'on emploie dans les manufactures; l'asphalte , dont on fait des parfums propres h soulager les douleurs du rhumatisme et à purifier les écuries du mauvais air; le succin, qu'on appelle aussi karabé ou ambre jaune ; l'ambre gris , la poix minérale , la naphte , l'huile de pétrole, etc.

Les terres sont des substances peu compactes, et composées de parties qui n'ont entre elles qu'une foible cohérence. On en distingue de quatre espèces : i'^ celles qu'on peut facilement réduire en poussière, comme les différentes sortes de craies ; le terreau ou terre des jardins, la tourbe, la marne, etc. ; 2° celles qui sont glutineuses et tenaces, comme les diverses espèces d'argiles, la terre à porcelaine, la terre à pipe, le tripoli ou la terre à polir, etc. ; 3" celles qui sont imprégnées de parties salines, sulfureuses ou métalliques ; 4" celles qui sont de la nature du caillou , comme les sables.

i82 ÉRASTE,

Les pierres sont des corps durs , dont les parties sont étroitement liées les unes aux autres : elles sont aigres et cassantes, et ne sont ni ductiles, ni malle'ables. On les divise en quatre classes. La première contient les pierres calcaires, c'est-à-dire qu'on peut facilement dissoudre , et dont les principales sont : la pierre à chaux qu'on appelle vwe, lorsqu'elle est calcine'e au four, éteinte, lorsqu'après la calcination on Ta fait tremper dans l'eau ; le gypse , dont on fait le plâtre en le faisant calciner, et en le laissant durcir à l'air, après l'avoir trempe' dans l'eau ; le marbre , dont les couleurs sont si varit'es, et qui sert à de'corer si magnifiquement les temples et les palais ; l'albâtre , qui est ordinairement blanc, quoiqu'il y en ait de différemment colore'; la pierre de Bologne , qui est pliosphorique lorsqu'elle est calcinée. La seconde classe renferme les pierres vitrescibles, c'est-à-dire que le feu change en veire ; telles sont les ardoises , les grès ou les pierres sablonneuses, les cailloux , comme la pierre à feu , l'agate, le jaspe, les cristaux. La troisième classe contient les pierres fines , savoir : i" Le diamant , qui est blanc ou colore'; le vert est le plus rare de tous; le couleur de rose, le bleu et le jaune le sont aussi. Le plus beau diamant que Ton connoisse est celui du roi de Portugal ; il pèse douze onces et demie, et on l'esrime deux cent vingt-quatre millions de livres sterling : or , la livre sterling vaut vingt-deux livres seize sous de notre monnoie. Que de malheureux on tireroit de l'indigence avec cette seule petite pierre de douze onces et demie ! 2° le rubis , dont la couleur est rouge ; 3° le saphir, qui est d'un bleu ce'lesle ; 4" 1^ topase, qui est d'un jaune d'or; 5" l'e'me'raude , qui est verte : on dit qu'il s'en trouve une , au couvent des bénédictins de Reichenau en Suisse , qui a un pied de long sur sept pouces de large et trois d'e'paisseur; 6" la chrysolite , qui est d'un vert mêle' de jaune; y'-rame'thiste, qui est d'un violet pourpre; 8-^ le grenat, qui est d'un rouge fonce; 9" l'hyacinthe , qui imite la couleur de la fleur qui porle le même nom ; 10° le be'ril, qui est d'un vert tirant sur le jaune. A ces pierres, que l'opinion et le luxe ont rendues précieuses, il faut ajouter le verre de Russie , qui ne se casse pas comme le verre ordinaire , et qu'on emploie aux Vitrages, et l'amiante, qui est composée de fils qui se détachent aise'ment , et dont on peut faire un tissu semblab'c

JENTRETIEN VllI. i83

à la toile , qu'on blanchit en le jetant dans le feu. Les fils de cette pierre incombustible peuvent encore servir à faire du papier, des mèches de bougie et de chandelle. Sur les Pyrénées, on en fabrique des cordons, des jarretières, des ceintures , etc. La quatrième classe des pierres est compose'e de pierres ordinaires , qui sont un mélange de toutes les autres.

Les sels sont des substances solubles dans l'eau , et qui , portées sur la langue , ont de la saveur. De tous les sels , le plus utile et le plus ne'ccssaire est celui qu'on appelle comrinin. 11 y en a de trois espèces , savoir : i'^ Le sel gemme , qui porte le nom de sel fossile, lorsqu'on le tire de la terre tout mêle' de parties terrestres , et qui est nommé sel de la montagne , lorsqu'on le taille en gros morceaux semblables au cristal; 2" le sel marin, lire des eaux de la mer, que l'on fait épaissir et cristalliser, soit par le moyeu du feu, soil en le laissant exposé à l'action du soleil et du vent dans des fosses creusées près des bords de la mer ; 3° le sel de fontaine ou de puits salé, qu'on lire des eaux de fontaine ou de puils par le moyen du feu. Ce sel est le plus pur, mais le moins salant.

Le soufre est un corps solide , quoique tendre , qui brûle dans le feu , et produit une flamme bleue accompagnée d'une odeur acide, pénétrante et suffocante.

Les substances métalliques sont des corps pesans, fusibles au feu où ils prennent de l'éclat , et se durcissent ensuite à Tair. On les range sous deux classes particulières; car les unes sont ductiles et malléables , les autres ne le sont pas. On donne aux premières le nom de naétaux , et aux secondes celai de demi-métaux.

Les demi-métaux sont : 1° le vif argent ou le mercure : il est fluide, opaque, d'une couleur blanche, éclatante comme celle de l'argent , et c'est , après l'or, la substance métallique la plus pesante ; 2" l'arsenic : il est aigre et cassant ; il s'enflamme lorsqu'on l'expose à un certain degré de feu , et répand une odeur d'ail ; 3" l'antimoine : il est aigre et cassant ; il se réduit aisément en poudre ; il se volatilise entièrement au feu , et entraîne avec lui les autres métaux, excepté l'or, ce qui le rend propre h purifier ce précieux métal ; l^° le cobalt : il est dur, mais friable, c'est-à-dire qu'on pKîut le réduire en poussière ; 5° le bismuth ou étain de glace : il approche beaucoup de l'antimoine ;

iH ÉRASTE,

seL'.ÎL'menl. il est un peu moins cassant ; G^ le zinc : c'est le plus ductile (les demi-métaux, et il n'est pas possible de le re'duire en poudre.

Los métaux; se divisent en métaux parfaits, et en métaux imparfaits. Les métaux parfaits sont l'or et Targent. L'or, qu'on regarde avec raison comme le plus précieux de tous les métaux, est aussi le plus ductile, le plus malléable, le plus pesant , le plus fixe : il est mou , peu sonore, entre en fusion dès qu'il a été rougi. Après Tor, l'argent est la plus ductile des substances métalliques; sa couleur est blanche , pure et brillante. On a trouvé, depuis quelque temps, un nouveau métal , que l'on appelle or blanc ou platine : il est plus pesant que l'or, et, mêlé avec ce dernier, il est presque impossible de découvrir la fraude. On a remarqué aussi qu'il résiste à la rouille plus qu'aucune autre sul)stance métallique.

Les méiaux imparfaits, sont : i" le plomb, le plus vil de tous : il est mou , pesant , livide ; il noircit les mains , et rend lui son fort obscur; il se fond au feu , n'y rougit point, mais se change en verre ou se dissipe en fumée ; 2" l'étain : il est blanc, très flexible et le plus léger des métaux; 3" le fer : c'est <le tous les métaux le plus dur, le plus élastique, le plus utile et le plus commun. On en trouve partout, même en Amérique, où l'on a cru long-temps qu'il n'y en avoit point. L'acier est un fer purifié ou affiné. Le fer- blanc est un fer couvert d'étain ; 4° 1° cuivre : il est plus ductile et plus malléable que le ier, mais il est moins élastique et moins dur ; il est rouge, ou d'un jaune tirant sur le rouge.

Telles sont, en général , les productions de la terre. Actuellement , je vais vous tracer une courte description des divers états que les hommes ont établis sur la surface de ce f;lobe; ou , ce qui est la même chose, je vais vous donner les principales notions de cette science que l'on appelle géographie.

ENTRETIEN IX. i85

^ W% W% W\ W% V^ \ X/V\ VVX V-V-\\/VWX'\ WX W\ X^ ^ X^-X ^-W '«/V« V^ \V'%/\ %«xx-vxx w\ w\ -v^^

Sur les Comwissances pre/i'miiiaircs de ici Géographie.

Eraste. L'objet de la gL-oj^rapbie est de nous faire cortnoître les différentes parties de la terre, les divers empires que les hommes ont formes , les noms et la situation des pays qu'ils habitent.

Pour rendre celte ronnoissance plus facile et plus ra«;lhodique, on a appli(jué sur le globe terrestre, que Ton suppose parfaitement rond , ou , ce qui est la même chose , sur la mappemonde, (|ui est une représentation plate de ce globe , qu'on auroit coupe en deux d'un pôle à l'autre dans l'i-paisseur du méridien , tous les cercles, tous les points , toutes les. lignes de la sphère. Ainsi, vous y voyez un pôle arctique, un pôle antarctique; vous y trouvez Pequateur; le mt;ridien , qui est cette circonférence plus grosse qui termine la mappemonde que vous avez sous les yeux; le tropi(|ue du cancer; le tropique du capricorne; le cercle polaire arctique, et le cercle polaire antarctitjue. ^ ous y remarquez aussi les cinq zoncs-.zone glaciale septentrionale, zone glaciale méridionale, zone tempi'ree septentrionale, zone tempére'e me'riilionale , zone torride ou brûlante. Par ce moyen, la terre se trouve partagée en plusieurs grandes portions.

Mais ces divisions étant encore trop générales , les géographes l'ont dislribu(!e en parties plus petites, qu'ils ont appelées climats. Ces climats sont des tranches de terre qui forment des cercles tous parallèles à l'équateur. Il y en a de deux sortes : les uns sont nommés climats de demi-heure , parce qu'à la fin de chacun d'eux le jf)ur est plus long d'une demi-heure que dans celui qc.i le précède. Ils sont au nombre de vingt-quatre , et se comptent depuis Téquateur jusqu'aux cercles polaires. Les autres sont appelés climats de mois, parce qu'à la fin de chacun de ces climats, le mois est plus long d'un jour que dans le précédent. Ils sont au nombre de six y f ! se comptent depuis les cercles polaires jusqu'aux pôles.

i86 ÊRASTE,

De tous les cercles qui sont trace's sur la mappemonde ou sur le globe , il n'en est point qui soient plus utiles en geogra- ■ phie que le me'ridien et l'e'quateur, puisqu'ils servent à compter ce que l'on appelle la longitude et la latitude d'un lieu.

La latitude est la distance qu'il y a depuis l' Equateur jusqu'à l'un ou l'autre des pôles. La longitude est la distance qu'il y a d'un lieu au premier me'ridien,/?/. 8,/%'. 6.

Dans les globes et les mappemondes, on marque les degrés de longitude sur l'e'quateur, et ceux de latitude sur le grand me'ridien. Dans les cartes particulières , les longitudes sont marque'es en haut et en bas , et les latitudes sur les côte's à droite et à gauche.

foutes ces lignes déliées qui , parallèles a l'équatcur, vont d'occident en orient, sont des cercles de latitude. Toutes celles qui vont d'un pôle à l'autre, et qui, parallèles au grand méridien , coupent les premières, sont des cercles de longitude.

On auroit pu tracer autant de cercles de latitude et de longitude , qu'il y a de degrés sur l'équateur et sur le méridien ; mais pour ne point rendre les cartes trop confuses, les géographes n'en ont marqué que trente-six des uns et des autres, qui se coupent mutuellement de dix degre's en dix degrés.

Pour avoir la suite de tous les méridiens , et par conséquent la longitude des différens lieux de la terre, on en établit un qui est le premier, et duquel on compte tous les autres. Les astronomes le placent ordinairement au lieu où ils font leurs observations. Le nôtre passe par l'observatoire de la ville de Paris, et celui d'Angleterre par l'hôpital de la ville de Green- Avich. Quand on veut savoir à quelle distance une ville, Paris, par exemple, est de l'équateur, on fait tourner le globe, jusqu'à ce que Paris se trouve sous le grand méridien ; et l'on voit que cette ville répond , à peu près, au quarante-neuvième degré de ce cercle, et au quarante-neuvième degré de latitude, pi. 8,/^. 6.

Tirez une ligne du quarante-neuvième degré du méridien sur Paris, et une autre ligne de zéro de l'équateur aussi sur Paris; le point de rencontre des deux lignes sera précisément le lieu où cette ville est située. Comme les degrés de latitude se comptent de l'équateur à l'un des deux pôles, il faut, en énonçant la latitude d'un lieu, dire si elle est septentrionale ou méridional?.

ENTRETIEN IX. i87

Il est aisé de réduire chacun des degrés en lieues communes de France , puisqu'un degré est estimé vingt-cinq lieues.

Les mesures itinéraires n'ont pas élé et ne sont pas les mêmes partout. Pour les entendre il faut vous rappeler que le degré se divise en soixante minutes, et que la minute a mille parties qu'on appelle pas géométriques , parce qu'ils servent à mesurer la terre. Le pas géométrique est composé de cinq pieds.

Chez les Grecs , la stade et oit de cent vingt -cinq pas géométriques ', le mille des Romains , de mille pas ; la lieue des anciens Gaulois t de quinze cents; le schène des Egyptiens, de cinq mille.

En Allemagne, en Pologne, en Hongrie, en Italie , dans les lies Britanniques et en Hollande , on compte par milles. Le mille d'Allemagne est communément de quatre mille pas géométriques; celui de Pologne, de trois mille; celui de Hongrie ; de six mille; celui d'Italie, de mille; celui d'Angleterre, de douze cent cinquante; celui d'Ecosse et d'Irlande, de quinze cents; celui de Hollande, d'environ trois mille cinq cents.

En France , en Espagne, en Suède, en Danemarck et en Suisse, on compte par lieues. Celle de France vaut communément deux mille quatre cents pas géométriques ; celle d'Espagne , trois mille quatre cent vingt-huit ; celle de Suède , de Danemarck et de Suisse, cinq mille.

On voit par ce que nous venons de dire que le mot heue avoit ci-devant une acception très vague ; la distance exprimée par ce mot varioit du double au simple, selon les localités; il n'y avoit de bien déterminées que la lieue de 26 au degré , celle de 20 , la petite lieue de 2000 toises , et quelquefois une lieue moyenne de a^-oo ou 25oo toises. Aujourd'hui , les dislances itinéraires se mesurent partout en myjiamètres ou lieues nouvelles, et kilomètres ou milles. Le myriamètre ou lieue nouvelle est de 5i3o toises, et le kilomètre ou mille en est le dixième ou 5i3 toises; ce qui revient à un petit quart de lieue. Le myriamètre est la centième partie du quart du méridien, ou la dixième partie d'un degré décimal. Celte mesure itinéraire est donc en même temps une mesure très commode pour la géographie et la navigation.

i88 ÉRASTE,

En Russie , on mesure par werstes de sept cent cinquante pas; en Perse , psLT parasauges de trois mille pas ; dans l'Inde, par cosses de deux mille quatre cents pas, ou par gos de quatre mille huit cents; dans la Chine , on compte par;;Mde deux mille quatre cents pas, ou par /y, qui n'en valent que deux cent quarante ; dans l'Arabie , la Tartarie , et dans une grande partie de l'Afrique , on mesure par stulions de vingt mille pas, et aussi ^diV journées ou dîclcs communes, qui en valent trente mille.

Dans l'Afrique et dans plusieurs endroits des autres parties du monde , on compte aussi p^r Journées de chemin ou diètes de trente mille pas, et par heure de trois mille pas.

Voulez-vous mesurer sur le globe la distance d'un lieu à un autre? Posez les deux points d'un compas sur les lieux proposes, portez le compas ainsi ouvert sur l'equateur ou sur le premier méridien; comptez les degrés compris entre les deux pointes, et réduisez-les en lieues communes de vingt-cinq au degré.

Mais il faut observer que les degrés du méridien ou de latitude sont fous égaux , et par conséquent tous de vingt-cinq lieues communes, au lieu qu'il n'en est pas de même des degrés des cercles parallèles ou de latitude. Comme ils vont toujours en diminuant de l'equateur aux pôles, leurs degrés deviennent plus petits, le nombre de trois cent soixante restant toujours le même. \ ers le trentième degré de latitude , chaque degré ne vaut plus que vingt-deux lieues ; vers le quarante-neuvième, seize lieues; vers le soixante-unième, douze lieues; vers le soixante-dixième, huit lieues; vers le quatrevingtième, quatre lieues; vers le quatre-vingt-neuvième , ils ne sont plus que d'un quart de lieue.

Ouand on veut bien connoître la situation d'un pays, il faut savoir ce qu'on appelle ^orienter, c'est-à-dire, indiquer laposition terrestre et \?iposition céleste de ce pays. La position terrestre consiste h indiquer tous les pavs qui bornent ou qui environnent celui[c}ue vous voulez parcourir. La posil ion céleste consiste à indiquer la place que tiendroit dans le ciel le lieu que vous voulez connoître, s'y vous pouviez l'y transporter par imagination.

La géographie, comme toutes les autres sciences , a certains termes qui lui sont propres , et qu'il est nécessaire de vous expliquer av.'.nl de passer à un examen plus détaillé du globe :

ENTRETIEN IX. ,8r)

les uns regarilont la terre , et les autres l'eau. Commençons par ceux de la première espèce.

Continent ou Tnrc-Fenue ; c'est une grande portion do terre c|ui comprend plusieurs régions non séparées par des mers. Ile; c'est une portion déterre, entièrement environne'e d'eau. Presqu'île , Péninsule ou Chersonèse ; c'est une terre presque entourée d'eau, et qui ne tient au continent que par un;' langue de icrrc. Istli ni r ; c'est une portion de terre resserrée cnlre deux mers, qui unit un continent ou une presqu'île à la terre- ferme.

La surface des continens, des îles et des presqu'îles n'est pas unie et »'gale dans toute son e'tendue : on y trouve des ele'vations plus ou moins considt'rables, que l'on appelle I\funtagnes et Collines, et des plaines, plus ou moins profondes, que l'on nomme Vallées.

La plupart des montagnes forment des chaînes qui traversent des pays 1res étendus, dont la direction est assez constamment du nord au midi , ou de l'orient h l'occident. Presque toutes se sont formées par le mouvement et le sédiment des eaux qui ont couvert successivement toutes les parties de notre globe; ou du moins il est très probable que la plupart de ces e'Ievations ne doivent point leur origine aux trcmblemens de terre , comme l'ont prétendu quelques physiciens. Elles s'abaissent conîinuellement par les pluies, qui en détachent les terres, et les entraînent dans les vallées. C'est dans les montagnes (jtie les fleuves et les rivières prennent leurs sources ; et de là ils sont porte's par une pente plus ou moins douce jusqu'à la mer, où ils vont déposer leurs eaux. Les sommets des hautes montagnes sont ordinairem.ent couverts de neige et de glaces durant toute l'année , et l'air y est beaucoup plus ran'fié que dans les plaines ; aussi sont-elles d'une grande utilité pour les pays chauds, auxquels elles procurent un air frais qui tempère la chaleur qu'ils éprouvent ; elles ne sont pas moins nécessaires aux pays froids , qu'elles garantissent des grands vents, en opposant leurs flancs à leur impétuosité. De toutes les montagnes du monde, les plus élevées sont celles du Pérou, dont quelques-unes ont plus de trois mille toises au-dessus du niveau de la mer. Plusieurs montagnes renferment dans leur sein une quantité de soufre, de bitume, et d'autres matières, qui servent

igo ÉRASTE,

d'aliment à un feu souterrain, dont l'effet, plus violent que celui de la poudre h canon ou du tonnerre , a de tout temps étonné, effrayé les hommes et désolé la terre : ces montagnes s'appellent Volcans. Elles sont presque toujours isolées, leur forme approche beaucoup de celle d'un pain de sucre ; on remarque à leur sommet une espèce de bassin qui renferme ordinairement la bouche par où ils vomissent leurs feux. On trouve , autour des volcans , des cendres, du soufre pur , du sel ammoniac, de l'alun, des pierres à demi-vitrifiées qu'on nomme laves; des pierres calcinées, connues sous le nom de pierres-ponces : ils ont communément dans leur voisinage des eaux chaudes, et des bitumes fluides.

La bouche ou cratère des volcans a quelquefois plus d'une demi-lieue d'ouverture, et c'est par-là qu'ils vomissent des torrens de fumée et de flammes j qu'ils lancent à plusieurs lieues de distance des masses de rochers que toutes les forces humaines réunies ne pourroient mettre en mouvement. L'embrasement de ces montagnes est si terrible, et la quantité des matières ardentes, fondues, calcinées, vitrifiées, qu'elles rejettent, est si abondante, qu'elles enterrent les villes, les forêts , couvrent les campagnes de cent et de deux cents pieds d'épaisseur , et forment quelquefois des collines qui ne sont que des monceaux de ces matières entassées. L'action de ce feu est si grande, la force de l'explosion est si violente, qu'elle produit par sa réaction des secousses assez fortes pour ébranler et faire trembler la terre, agiter la mer, renverser les monts les plus élevés , détruire les villes et les édifices les plus solides, à des distances ruL-me très considérables. Il y a en Europe deux fameux volcans ; le mont Etna en Sicile, et le mont Vésuve en Italie , près de Naples. Il y en a un grand nombre en Asie , surtout dans les îles de l'Océan Indien. On en trouve plusieurs en Afrique , et une multitude en Amérique, surtout dans les montagnes du Pérou et du Mexique. En 17491 la ville de Lima, capitale du Pérou, fut abîmée par un tremblement de terre, causé par les volcans de ce pays.

Les passages étroits qui se trouvent dans les montagnes s'appellent Pas ou Cols. Quand une portion de terre s'avance dans la mer, on la nomme Promontoire : elle reçoit le nom de Cap, si elle s'élève comme une montagne ; on lui donne celui de Pointe, si elle a peu d'élévation. Les Dunes sont de

ENTRETIEN IX. ig,

petites collines de sable, et les Falaises sont des montagnes escarpées (jiii sont situées sur le bord de la mer.

Actuellement, voici les termes qui ont rapport à Vflydrographie, c'est-à-dire , b cette partie de la géographie dont l'objet est de décrire les eaux.

Archipel ; c'est un endroit de la mer où il y a beaucoup d'îles. Golfe; c'est une portion considérable de mer qui avance dans la terre ; les plus grands golfes portent le nom de Mer, Baie ; elle ne diffère du golfe que parce qu'elle est beaucoup plus petite , et qu'elle est plus étroite à son entrée que dans son intérieur. Jnse ; c'est une petite avance de mer dans la terre. Rade ; c'est un endroit propre h jeter l'ancre, et ou les vaisseaux sont à l'abri du vent. Sèches, Hauts-fonds , Bancs de sable ; ce sont des endroits de la mer où il y a peu d'eau. Dètivit; c'est une mer resserrée entre deux terres. Lac^; c'est une grande étendue d'eau douce qui ne tarit jamais, et qui n'a aucune communication sensible avec la mer. Rii>irre; c'est une eau de source qui coule toujours, jusqu'à ce qu'elle se décharge dans quelque autre rivière ou dans la mer : si elle est considérable, et qu'elle se décharge dans la mer, elle reçoit le nom de Fleuve; autrement elle garde celui de rivière. Confluent; c'est l'endroit où une rivière se joint à une autre. Bouche ou Embouchure; c'est l'endroit où un fleuve sort de son lit pour se jeter dans un lac ou dans la mer. La plupart de CCS objets sont représentés dans la planche io,fg. 5.

On appelle la droite ou la gauche d'une rivière, le côté de son lit qui est h la droite ou à la gauche d'une personne qui la descend, et la voit couler devant elle : ainsi , à Paris, le Louvre est h droite de la Seine , et le collège Mazarin à gauche.

La mer se divise en mers extérieures , c'est-à-dire, qui environnent le continent; et mers intérieures , c'est-à-dire , qui se trouvent renfermées dans le continent.

I-A mer extérieure de notre continent a quatre noms différens , suivant les quatre points cardinaux du monde. Celle qui est au nord s'appelle Océan septentrional ou glacial; celle qui est à l'orient se nomme Océan Indien ; celle qui est au midi porte le nom d'Océan méridional ; et celle qui est à l'occident est connue sous le nom d'Océan Atlantique.

La mer extérieure de l'autre continent conserve le titre gé-

iga ÉRASTE,

nural de mer, et porle deux noms diffe'rens. La portion qui baigne la partie orientale de TAme'rique, se nomme mer Atlanti<iue ; et celle qui est à l'occident -, entre l'Amérique et l'Asie , s'appelle Grand Océan.

Les mers intérieures de notre coni inent sont , à commencer par le nord de l'Europe , i° la mer Baltique, entre le Danemarck et la Suède ; elle forme les golft's de Bothnie, et de Finlande au midi; 2" la mer Blanche ou golfe de Russie; 3° la mer Méditerranée , dont la partie qui s'avance dans les terres d'Asie s'appelle mer du Levant.

Les quatre suivantes communiquent avec la mer Me'dilerranée, et en sont comme une extension.

4° L'Archipel du détroit des Dardanelles ; 5° la mer de Marmara , autrefois nommée Propontide ; 6" la mer Noire , appelée anciennement le Pont-Euxin; 7° la mer de Zabache ou mer d'Azof , cjui portoit autrefois le nom de Palus Méotides, et cjui n'est qu'un golfe de la mer Koire.

8° La mer Caspienne, qui est au nord de la Perse; 9° le golfe Persique , qui est entre l'Arabie et la Perse ; 10° et enfin la mer Rouge ou golfe Arabique , qui est entre l'Arabie et l'Afrique.

Les mers in! érieures du nouveau continent, c'est-à-dire, l'Amérique, sont : 1° la mer de Cortez, entre la Californie et la terre ferme d'Amérique ; 2° la mer Christiane ou baie d'Hudson, tout au nord de l'Amérique ; 3° le golfe de Saint- Laurent, près de l'île de Terre-Neuve ; 4° enfin, le golfe du Mexique, entre l'Amérique septentrionale et la méridionale.

fcVWW*\

Description générale de l'Europe.

Eraste. La tene se divise en deux continens , l'ancien et le nouveau, et TOceanique. L'ancien continent renferme l'Europe, l'Asie et l'Afrique; le nouveau continent, l'Amérique ; et l'Océanique , toutes les îles re'panducs dans le grand Occ'an , et dont la Nouvelle-Hollande est la principale. Examinons chacune de ces parties, et commençons par celle que nous habitons.

Page 1