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CONSÉORATION DE MGR J. M. EMARD 125
bulles datées du 5 avril dernier, ériger un diocèse ayant pour siège la ville de Valleyfield. Formé tout entier dans celui de Montréal, et continuant à faire partie de la province ecclésiastique de ce nom, je nouveau diocèse se compose de trente-cinq paroisses, actuellement réparties dans les cinq comtés de Vaudreuil,Soulanges, Châteauguay, Beauharnois et Huntingdon, Dans la même lettre pastorale, Monseigneur l'archevêque vous faisait connaître le nom de celui qui, le premier, allait occuper le siège, et présider à la fondation du diocèse de Valleyfield.
Ce qui vous était alors annoncé est maintenant devenu de toute manière un fait accompli.
Mercredi, le 8 juin, jour qui rappelle le souvenir de l’illustre Mgr Bourget, et qui est l'anniversaire de l'érection du siège archiépiscopal de Montréal, Nous avons pris solennellement possession de l'église devenue, Par ce fait, la cathédrale de Ste-Cécile de Valleyfeld. Le lendemain, dans notre église cathédrale, étant assisté par Nos Seigneurs les évêques de Sherbrooke et de St-Hyacinthe, Nous avons reçu l'imposition des mains et l’onction qui Nous ont fait pontife, en Nous communiquant la plénitude du sacerdoce de Jésus- Christ. Un grand nombre parmi vous ont pu être témoins des cérémonies pleines de grandeur et de majesté, aussi imposantes que remplies des
126 ÉRROTION DU DIOOËSR DE VALLEYFIELD
significations les plus élevées, dont l'Eglise a voulu, pour l'édification des fidèles, entourer le sacre d’un évêque. Les pompes qui ont accompagné un Cvénement aussi glorieux pour vous, auront, sans aucun doute, produit dans vos âmes chrétiennes des impressions vives, profondes et durables ; elles ont ranimé votre piété, votre amour pour l'Eglise, et fait jaillir les accents d'une ardente reconnaissance pour Dieu, qui a fait ces grandes choses.
Pénétré des mêmes émotions, dominé par les mêmes sentiments, Nous venons, Nos Très Chers Frères, épancher pour la première fois notre cœur dans le vôtre, et Nous entretenir avec vous de cette grande œuvre qui s'inaugure aujourd'hui, sous l'action de la grâce de Jieu, pour la sanctification
des Ames et la gloire de l'Eglise
Par l'érection d'un diocèse, l'Eglise de Jésus- Christ coutinue de remplir la mission qui lui » été confiée par son divin fondateur, et qui r'oblige à implanter dans le mondo entier le règne de l'Evangile, en multipliant ses foyers d'action selon lopportunité des circonstances. Cette œuvre de perpé-
tuelle extension a été commencée par les apôtres, se
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OONSÉCRATION DE MGR J. M, EMARb 127
Partageant l'univers pour propager la Foi dans tous les pays connus. Leurs nombreux successeurs. préposés chacun à une partie restreinte du monde, ont continué sans relâche l'entreprise évangélique, Grace à leur action constante et à la direction suprôme de leur chef commun, l'Eglise, accomplissant chaque Jour de nouveaux progrès, subdivise les pays conquis à In oi, et place Partout, à la tête des diocèses, des évêques, pour diriger les fidèles, leur communiquer la grâce des sacrements et les rattacher directement à la chaire de Pierre, Telle est l’histoire religieuse de notre propre pays. Après celui de Québec qui a été le berceau de toute la civilisation chrétienne sur ce continent, le diocèse de Montréal s'est démembré plusieurs fois, à la prière même de son titulaire, pour donner naissance à d’autres sièges devenus nutant de points d'appui pour communiquer à la religion catholique un nouvel et plus vigoureux essor,
L'érection d'un diocèse, en effet, ne comporte pas seulement l'afirmation éclatante de l'extension déjà réalisée par la foi catholique au milieu d'un peuple chrétien, elle n'atteste Pas seulement la vitalité infatigable de l'Église, elle crée, pour elle, un foyer de plus pour l'activer davantage et faire jaillir
avec plus d'éclat et d’abondance les lumières de la
foi et les ardeurs de la charité dix ne, Parle diocèse
128 ÉRECTION DU DIOOËSE DE VALLEYFIELD
nouveau, une famille est fondée, s'ajoutant à toutes celles qui déjà composent le royaume de Jésus- Christ sur la terre. Cette famille a ses membres déterminés, son organisation parviculière, sa vie propre et indé endante, sa discipline intérieure ; elle a ses lois, son chef, Ce diocèse, selon le langage du Pontifical Romain, forme une Église, un peuple à part dont la direction appartient à un successeur des apôtres (1).
En détachant de ‘sutréal, comme un fruit parvenu à sa maturité, le diocèse érigé désormois sous le nom de Valleyfield, le Souverain Pontife a donc reconnu la fertilité et la vigueur de l'arbre au pied duquel va germer et grandir le grain de sènevé qui, lui-même, renferme dans sa petitesse assez de ressources, de forces vives et de garanties pour justifier sur son avenir les plus belles espérances.
Vous devez, Nos Très Chers Frères, vous estimer heureux et fiers d’avoir attiré sur vous les regards du Chef suprême de l'Eglise et d’avoir été trouvés capables de former une famille diocésaine distincte, et c’est sans doute dans les sentiments de la plus vive gratitude envers Notre Saint-Père le Pape que vous avez accueilli cette heureuse nouvelle.
(1) Ad regendam Fsclesiam tuam et plebem tibi commissam. (Pont. Rom)
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las ! plût au Ciel que la miséricorde de Dieu et la bienveillance du Siège Apostolique eussent désigné, pour le placer à la tête de ce nouveau diocèse, un prêtre moins indigne, et plus en état de remplir avec fruit la charge redoutable d'évêque et de pastenr.
Nous vous en faisons l'aveu bien sircère, Nos Très Chers F rères, c'est l’Ame écrasée sous le poids d'une insurmontable frayeur que, sur l'injonction qui Nous en a été faite, Nous Nous sommes incliné
Pour recevoir sur nos faibles épaules le fardeau de l'épiscopat,
Et comment aurait-il pu en être autrement ?
Pouvions-Nous oublier nos misères et notre faiblesse en présence d'une dignité aussi sublime, de pouvoirs aussi terribles, de responsabilités aussi lourdes et aussi étendues.
Par l'imposition des mains et l’'onction sacramentelle, l'évêque reçoit la plénitude du sacerdoce ; il] hérite, par là même, de la mission et de la puissance des apôtres. Il devient leur successeur et légiti-
me héritier. Comme eux, il est élevé au-dessus
130 ÉREOTION DU DIOOÈSE DE VALLEYFIELD de terre pour traiter avec Dieu au nom des hommes dont il offre les dons et les sacrifices (1). Il est fait lieutenant, ambassadeur de Jésus-Christ, qui lui donne une mission nouvelle, plus étendue que celle du sacerdoce, et qui lui permet l'admiuistration de tous les sacrements, Désormais il a le pouvoir de donner le Saint-Esprit, de comnuniquer ses grâces et ses dons dans toute leur vertu et leur abondance, Ayant le pouvoir de remonter et de puiser jusqu'à la source même du sacerdoce qui est Jésus-Christ (2), il se servira de sa toute-puissauce spiriinelle nour perpétuer dans le monde les bienfaits de ce sacerdoce, en multiplier les dépositaires et se faire générateur de prêtres. L'évêque participe donc à la puissance apostolique. Rangé au nombre des successeurs des apôtres il porte avec raison le titre de prince de l’Église (3). Voilà, certes, une grande et sublime dignité (4) ! Il ne Nous appartient pas et il ne dépend en auane manière de notre insuffisance d’en diminuer la
Le
gloire ou d’en amoindrir l'éclat. Le caractère épis-
(1) Omnis Pontifex, ex hominibus assumptus pro iis constituitur in lis quæ sunt ad Denm ut offerat dona et sacrificia. (Heb. 5-1;.
(2 Christus est fons totius sacerdotii, (8. Th.) =
(3) Ecclesiæ principes et apostolorum successores ac potesialis illorum participes.
(4) Magna certe et suhlimis Episcoporum dignitas. (III Conc.Queb.)
copal digni ce Ca:
la co son b:
Cet:
t-elle surtou gnité « plus r deau d mêmes
Prépo son Égli d’âmes :
toutes ce le soin.
connaître
(1) Princij (Brev.)
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(3) Spiritu:
(4) Ultimun
om des
ices (1).
s-Christ, étendue l’admimais il de comite leur voir de ème du rvira de r dans ltiplier tres.
postoliapôtres:
lise (3).
ité (4) !
en aunuer la ‘e épis-
nstituitur -1;.
potestalis
1c.Queb.)
CONSÉCRATION DE MGR J, M. EMarp 131
copal existe dans toute sa réalité divine malgré l'indignité plus ou Moins grande de celui qui l’a reçu :
ce Caractère, comme celui même du baptême ou de la confirmation, il le Portera éte
son bonheur ou Pour sa honte (1).
Cette considération t-elle
surtout si
rnellement nour
S que, dans l'évêque, la diations les plus graves et les
Nous songeon gnité entraîne les oblig
plus rigoureuses, faisant de l'épiscops:
deau dont le Poids serait redouté des anges euxmêmes (2),
‘nu far-
Préposé par le Saint-E son Église (3) d’âmes :
sprit au gouvernement de l’évêque en est Je Pasteur ; il a charge il est tenu sur Son salut éternel de sauver toutes celles dont le Pac ‘T suprême lui a dévolu
le soin. Il a son troupeau à lui qu'il est obligé de connaître (4), et dont il doit paî
tre les brebis et les (1) Principem fecit eUR Ut si illi sacerdotii dignitas in æternum. (Brev.)
(2) Onus ipsis angelici
S humeris formidardum.
(3) Spiritus Sanctus p 28).