FIN
NOTES DU TRADUCTEUR
[Abréviations :
H. F. J. = renseignements tirés de « Samuel Butler, author of Erewhon, a Memoir », par Henry Festing Jones (Londres, Macmillan, 1919 ; 2 volumes).
S. B. = renseignements tirés des œuvres de Samuel Butler].
(P. 1). Erewhon. C'est l'anagramme du mot anglais Nowhere (= nulle part). L'indication quantitative que donne S. B. revient à dire qu'il faut prononcer : é-ré-ouonn. L'anagramme parfaite serait Erehivon, mais S. B. a considéré wh comme une seule lettre, h n'étant que le signe de la dévocalisation du u). Il existe, dans l'île septentrionale de Nouvelle-Zélande, une ville nommée Erewhon, de création postérieure au séjour de S. B. en Nouvelle-Zélande. Ce fut probablement, à l'origine, une « station » d'élevage nommée ainsi par un admirateur du livre de S. B. [H. F. J.].
Préf. 2^ éd. (p. xxv). « La Race qui vient », parut sans nom d'auteur en 1871. C'est un des nombreux romans écrits par Edward Bulwer, Lord Lytton. Livre ingénieux et agréable, qui dut paraître extrêmement nouveau aux lecteurs de « Pelham » (un des premiers ouvrages de Lord Lytton). C'est, plutôt qu'un roman d'aventures, une sorte de féerie racontée ; l'intrigue y est tout, et le peu de satire qu'il y a est tout à fait anodin. Ce n'est assurément pas de « La Race qui vient » qu'on aurait pu dire que c'était « un ouvrage philosophique peu fait pour être apprécié d'un public nombreux ». Quant aux « petits points de ressemblance » entre les deux livres, ils prouvent simplement que les deux fables, qui du reste ont pour ancêtre commun les « Voyages de Gulliver » de Swift, sont du même genre fantastique. Mais dans « La Race qui vient », la fable est tout, et tout s'y rapporte, tandis que dans Erewhon elle n'est qu'un prétexte. Et cependant, si le lecteur veut comparer ces deux livres, il est probable qu'il trouvera que la fable — ou l'intrigue — d' Erewhon, tout accessoire qu'elle soit, est plus intéressante, plus réalisée, que celle de « La Race qui vient »
Préf. 2^ éd. (p.XXVl). «... Je suis surpris que le titre du livre contre lequel un pareil exemple de l'abus spécieux de l'analogie pourrait sembler dirigé... »
C'est « L'Analogie de la Religion naturelle et de la Religion révélée avec la Constitution et le Cours de la Nature », de l'évêque Joseph Butler (1692- 1752). « L'Analogie » parut en 1736 ; il en existe une trad. franc. On sait qu'une des trois épigraphes mises en tête de 1' « Qrigine des Espèces » est
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tirée de « L'Analogie » de Joseph Butler. [Lettre de S. B. — mai 1872 — à Ch. Darwin, citée par H. F. J.].
Préf. Ed. Rév. (p. XXx). « ... puis le portai à M. Trubner... » « J'ai publié tous mes livres à mes frais et n'ai jamais été en retard pour payer les notes. » [S. B. dans « The Humour of Homer », p. 106-107].
(P. I). « Que le lecteur me pardonne... »
« Le héros de l'histoire, qui raconte ses propres aventures, est ce qu'il appellerait lui-même « un jeune monsieur ». C'est un très vertueux jeune Monsieur, d'esprit religieux... et il possède un trésor inestimable sous forme d'une inépuisable source de tranquille contentement de soi-même... En somme, c'est un fat. » [Miss Savage, article de la Drawing-Room Gazette, 8 juin 1872, cité par H. F. J., t. II, appendice A].
(P. 3). « ... embauché comme cadet... »
« J'avais deux cadets avec moi. Il faut que j'explique qu'on appelle « cadet » un jeune homme nouveau-venu dans la colonie, et qui désire tâter un peu de la vie qu'on mène dans l'intérieur. Il ne paie pas et n'est pas payé. Il est logé et nourri gratis, mais travaille (ou est censé travailler) pour apprendre. Les deux qui étaient venus avec moi ne tardèrent pas à me quitter... » [S. B., dans « Première année d'un séjour dans la Colonie de Canterbury », pp. 68- 69].
(P. 3). « Ce pays et ce genre de vie... »
Toute la première partie du livre jusqu'à l'entrée en Erewhon a pour décor les paysages de la province de Canterbury (Nouvelle-Zélande). Le « pic isolé » de la p. 6 est le Mont Cook, etc. Du reste, voici un témoignage intéressant : « ... Si le lecteur anglais désire se donner l'impression d'être parmi nos chaînes couvertes de tussock, il en trouvera la description et l'atmosphère dans les premiers chapitres d'Erewhon de Samuel Butler. La station d'élevage de Butler, « Mésopotamie », se trouvait dans les montagnes de Canterbury, et le Satirique lui-même fit un peu d'exploration pendant la période pastorale de sa vie. A propos de ses expéditions, il me revient en mémoire une anecdote qui me fut contée par un vieux colon... Celui-ci, rencontrant un jour Butler à Christchurch, vers 1861 ou 1862, fut frappé de voir que la peau de sa figure et de son cou avait pris une teinte rouge foncée tirant sur le chocolat. « — Ah, ah ! mon cher, lui dit-il, vous vous êtes donc promené dans la région des neiges ? — Chut ! lui souffla Butler, inquiet, en regardant tout autour de lui dans le fumoir, — mais comment le savez-vous ? — Par la couleur que votre figure a prise, simplement. » Ils causèrent pendant un moment, et Butler ne tarda pas à lui confier qu'il avait gravi la chaîne jusqu'à la ligne de partage des eaux, et qu'il avait vu un spectacle admirable de l'autre
NOTES DU TRADUCTEUR
côté. « — J'ai trouvé 100.000 acres de ce « pays », dit-il ; naturellement, pas un mot de cela à personne jusqu'à ce que je m'en sois bien assuré et que j'aie demandé au Gouvernement l'autorisation d'y faire de l'élevage. — Eh bien, je vous félicite, répondit le colon ; si ce pays est favorable à l'élevage, votre fortune est faite. » Mais il lui donna à entendre qu'il doutait fort que l'immense étendue bleue qu'il avait aperçue de loin fût de la prairie. Et en eiïet, Butler, lorsqu'ils se retrouvèrent à quelque temps de là, lui dit en hochant la tête avec tristesse : « Vous aviez bien raison : ce n'est que du maquis. » Je me suis souvent demandé si ce n'était pas cette aventure qui nous a valu le passage à Butler raconte la sensationnelle découverte d'Erewhon, de l'autre côté du col gardé par les grandes images de pierre. » [L'Hon. William Pember Reeves, dans « New Zealand », Londres, 1908 (Adam and Charles Black, éditeurs), pp. 162-163. — En partie cité par H. F. J.].
(P. 11). « ... le fleuve coulait en se divisant en plusieurs bras sinueux qui lui donnaient... l'apparence (J'un écheveau de ruban tout embrouillé... »
Un des très rares emprunts faits par S. B. à sa « Première année d'un Séjour dans la Colonie de Canterbury » (éd. 1914, p. 96). [ Signalé par H. F. JJ.
(P. 19). «... un couloir en pente... dans le genre du défilé de Twll Dhu... » « Twll Dhu, littéralement : Trou-Noir, mais connu vulgairement sous le nom de Cuisine du Diable, est situé à un demi-mille de l'extrémité méridionale du lac Llyn Idwal. On y accède par une montée en pente raide, de chaque côté du lac... Twll Dhu est une fissure de 450 pieds de long dans le roc ; les parois latérales ont une hauteur de 200 à 300 pieds, mais n'ont pas plus de deux mètres d'écartement. Le torrent, qui gronde entre ces parois..., forme une cataracte imposante... Un peu avant d'arriver au sommet [du défilé] le sentier passe sur la droite... De ce point, on découvre une des plus belles vues de la Principauté. » [Guide du Pays de Galles : « A Pictorial and Descriptive Guide to North Wales ; Northern Section. » Londres, Ward, Lock and C«. pp. 125-126].
(P. 20). « ... le hasard voulut que la Providence.,, »
Ici se manifeste « l'esprit religieux » du héros. C'est aussi une allusion à deux passages de la Préface écrite par le Rév. Thomas Butler en tête de « Première année d'un séjour, etc. » [H. F. J.].
(P. 30, note). « Handel ». C'est lorthographe adoptée par S. B. ; je l'ai suivie partout. La musique citée est tirée du Prélude des « Trois Leçons » de Handel. [H. F. J., dans « Sketch of the life of S. B. » ; « The Humour of Homer », p. 32],
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(P. 30). Les statues. « Il y a, m'a dit M. Slade, un certain nombre de grosses pierres, au col d'Hokitika, auxquelles on a donné mon nom [Butler's Stones] . On dit que ce sont celles que j'avais en vue dans Erewhon [pour la description des statues]. Je ne les ai jamais vues et j'ignorais leur existence. » [S. B., dans Les Carnets, p. 288].
(P. 31). En Erewhon.
« La vue des plaines d'Erewhon est celle qu'on a des plaines de Lombardie de quelque point comme le Campo dei Fiori au-dessus du Sacro Monte di Varese, et la descente en Erewhon est celle du Val Leventina dans le Tessin. Les premiers habitants qu'il rencontre sont des paysans du Nord de l'Italie. »
(P. 43). Paley et sa montre.
William Paley (1743-1805), le dernier en date des grands théologiens anglais de la deuxième moitié du XVIII^ siècle. Les exemples dont il illustrait ses démonstrations sont restés fameux ; l'un d'eux l'avait fait surnomn^er « Pigeon Paley » par George III. L'argument de la montre est encore plus célèbre, et inséparable du nom de Paley. Il se trouve dans sa « Théologie Naturelle » (1802).
(P. 48). Yram. Anagramme de Mary.
(P. 49). Les morceaux de musique cités étaient, dans les K^ et 2® éditions : « Lascia ch'io pianga », <■'■ Verdi Prati » [de Handel] et « Oh placido il mare », « Se non ho l'idol mio ». — Les éditions anglaises, jusqu'ici, ont ; « Wilkins and his Dinah ». Le titre exact de cette chanson est : « Villikins and his Dinah » [renseignement donné par H. F. J.].
(P. 60). Senoj Nosnibor. Anagramme de Jones Robinson.
(P. 64). «... povero disgraziato... »
Tout ce passage a été inséré lors de la révision de 1901. Ce sont des souvenirs personnels de S. B. : de Rome et Naples (1 843) et de Trapani. [H. F. J., t, I, p. 26].
(PP. 66-67). De « Le lecteur croira saqs peine... » è « ... légèrement indisposée. » Ajouté en 1901 .
(PP. 73-74). Tout le début du chapitre ajouté en 1901, mais probablement écrit — en partie — en 1870. La phrase sur le jeune homme accusé de s'être laissé dépouiller par son tuteur était une allusion aux griefs de S. B. contre son père.
NOTES DU TRADUCTEUR
(P. 80 et seq.). Les Mécontents.
Voici les additions faites à ce chapitre entre la K® et la 2^ éd. : a) le passage (31 lignes) sur les mots « responsable » et « responsabilité » ; b) de : « Prenez aussi le cas des fous... » à « Nous tuons un serpent... « ; c). « Et, après tout, la justice est chose re!ative. '- d) de « Mais je n*ai pas appris que ces réformateurs... à « ... avec compassion. » Le liniment de la p. 124 est tout simplement de l'huile de vitriol.
(P. 87). Chapitre Xiii. Ce chapitre est formé de la fin du chapitre précédent des deux premières éditions, à laquelle S. B. a ajouté, dans sa révision de 1901, près de 6 pages, tout en supprimant deux courts passages de la première version.
(P. 98). Chap. XV. Les Banques Musicales. Modifié et augmenté dans l'édition révisée (1901). La description de la grande Banque Musicale est assez générale pour correspondre, soit à la cathédrale de Cantorbéry soit à celle de Wells, soit à quelques autres cathédrales ou abbayes anglaises. C'était dans ce chap. qu'il y avait (1^'^ édition) le mot infortuniam auquel il est fait allusion dans la Préf. de la 2^ édition. « Mais beaucoup étaient visiblement rassasiés de dégoût, bien que sans le savoir peut-être (fortunatos quod infortuniam suam nescirent ?)... » Ces citations latines fautives étaient bien dans le caractère du narrateur supposé, et il est regrettable que S. B. les ait supprimées.
(P. 1 10). La citation : « Quelque chose de divin... » est faite de deux vers pris dans deux passages distincts de Hamlet : 1 ^ Acte IV, scène 5 ; 2^ Acte V, scène 2. Voici comment Letourneur les traduit: 1° « // est une force divine qui environne et défend la majesté des rois ; la trahison ne peut qu'entrevoir de loin, et montrer le but de ses vœux : elle échoue toujours aux premiers pas de l'exécution... » 2^ « ... il est un Dieu dont la main façonne et conduit nos desseins, quelqu informe quen soit le plan ébauché par F homme. » S. B. et Miss E. M. A. Savage cultivaient, dans leurs lettres et leurs conversations, l'art de la citation volontairement erronée.
(P. 111, 116 et seq.). Ydgrun... les Ydgrunistes...
Ce sont les anagrammes des mots Grundy et Grundyiste. Grundy est le noni d'un personnage imaginaire (Madame Grundy) d'une pièce intitulée : « Speed the Plough », par T. Morton (1798). Madame Grundy est devenue la personnification de la tyrannie de l'opinion publique et du souci du qu'en-dira-t-on. Ydgrun est donc la Déesse Respectabilité. Dans la pièce de T. Morton, Dame Ashfield dit à chaque instant, en parlant de sa redoutable et médisante vpisine : « Qw'en dirait Madame Grundy ? » La comédie
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est oubliée, mais la phrase est devenue proverbiale. Le New English Dictio^ nary définit le mot « Grundyist » ou « Grundyite » : « un homme à cheval sur les convenances ».
(P. 115). « Lun d'entre les prophètes... » Moïse. (Cf. Exode, XXXIII. 23 : « J'ôterai ensuite ma main, et vous me verrez par derrière. » La version anglaise de la Bible dit : « ... vous verrez mes parties postérieures »).
(P. 132). Citation, Job, III, 13-17.
(P. 145). M. Thims. Anagramme de Smith.
Chapitres XXIII, xxiv et XXV. Il se peut — mais c'est une conjecture invérifiable, — que la toute première idée de « Darwin chez les Machines » (La Presse, Christchurch, 13 juin 1863) et par suite du Livre des Machines, soit venue à S. B. en lisant le passage suivant de V « Origine des Espèces » : « Chez les êtres organisés, chaque partie est si admirablement adaptée à ses conditions d'existence qu'il paraît aussi improbable qu'elle ait été produite d'un seul coup dans toute sa perfection, qu'il est improbable qu'une machine compliquée soit sortie parfaite des mains de son premier inventeur. »
(P. 1 59). La note au bas de la page, sur Samuel Butler.
Samuel Butler (1612-1680) est le grand satirique du règne de Charles II, Son œuvre principale, « Hudibras », parodie satirique de « Don (Juichotte », publiée en trois parties (1663, 1664, 1678) représente les idées directrices de la réaction monarchiste et anti-puritaine qui suivit la Restauration anglaise. Admiré par Voltaire et traduit en vers français par J. Townley (1757), « Hudibras » paraît avoir été assez populaire parmi les lettrés français de la seconde moitié du XVIII^ siècle. Taine est sévère pour ce poème. — Les vers cités par S. B. appartiennent à la première partie de « Hudibras » (Chant. I, vers 149-150). J. Townley les traduit ainsi :
« Distinguait ceci de cela.
Métaphysique en reste là. »
(P. 163). « Le silence, a dit quelqu'un, est une vertu, etc. » C*est le Rév. Thomas Butler, père de S. B. qui avait écrit cette phrase dans une de ses compositions anglaises, à l'école de Shrewsbury. [H. F. J., t. I, p. 12.]
Chapitres XXVI et XXVII : entièrement écrits pour l'édition de 1901. Dans les deux premières éditions, le chapitre de 1' « Evasion » portait le n*^ XXIV.
(P. 188), « ... les marmites pleines de viandes ». (Exode, XVI, 3.)
NOTES DU TRADUCTEUR
(P. 211). « ... le Principe Umberto... Le capitaine était un certain Giovanni Gianni, natif de Sestri. »
En août-septembre 1865 S. B. fit un tour sur le Continent. « Son itinéraire, combiné en vue de visiter les musées, fut le suivant : Anvers, Gand, Bruges, Paris, Mâcon, Turin, Milan, Bologne, Florence, Livourne et de là, en bateau à vapeur, à Gênes... Le capitaine du vapeur s'appelait Giovanni Gianni...))[H. F. J., t. I,p. 117.]
(P. 212). « ... une dame péruvienne... « Pendant son voyage de retour de la Nouvelle-Zélande, S. B. passa par Lima (cf. Introduction). Il y était, avec Ch. P. Pauli et deux autres compagnons de traversée, le jour de la fête nationale péruvienne (29 juillet) et assista à la revue des troupes. [H. F. J.].
(P. 213). Le mot « brochure » est en français dans le texte.
La présente traduction a été faite d'après un exemplaire du 8^ tirage (octobre 1913), de la réimpression de la X^ édition révisée d'Erewhon (A. C. Fifield, éditeur, 13, Clifîord's Inn, Londres E. C. 4.)
TABLE DES MATIÈRES
TABLE DES MATIÈRES
Samuel Butler, (introduction) I
Avertissement XXI
Préface de la première édition XXIII
Préface de la deuxième édition XXV
Préface de l'édition révisée XXIX
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