‹ Ermites et reclus [microform]Chapitre 1 sur 32 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Nous distinguons deux catégories de solitaires : i" ceux qui ont pratiqué la vie érémi tique en pleine nature, loin des lieux habités ; 2** ceux qui se sont voués à la réclusion religieuse, c'est-à-dire à un confinement volontaire et, dans la plupart des cas, perpétuel. De là les deux grandes divisions de cet ouvrage.

Dans la première partie, nous nous occupons des ermites proprement dits, mais non pas des religieux groupés en communautés pratiquant la vie semi-érémitique comme les Camaldules, les Chartreux ou les anciens Carmes déchaussés (i).

Notre seconde partie est consacrée aux reclus, catégorie d'ascètes qui n'a pas joué un rôle de peu d'importance dans l'histoire de l'ordre bénédictin. « Célèbre quondam apud nos fuit reclusorum institutum. » Ce mot du grand Mabillon (3)

(i) On trouvera une liste des congrégations d'ermites dans l'art. Einsiedler du Kirchenlexicon de Hergenroether et Kaulen. Voir aussi Max Heimbucher, Die Orden und Kongregalionen der katholîschen Kirche, Paderborn, 1907 (t. I", p. 4oi-io7, 477-496, t.. Il, p. 177-211, 535-58o) et Besoit Marie de la Saiste-Ckoix (B. Zimmerman;, Les saints déserts des Carmes déchaussés, Paris, 1927.

(a) Acta Sanctoruin ordints S, Benedicti, Venetiis, 1733, t.- VII, p. 43.

Il INTRODUCTION

pourrait servir à justifier la présence de ces pages dans la collection des Éditions de la Revue Mabillon.

L'étude sur la réclusion religieuse, qui forme la seconde partie de ce livre, a d'ailleurs paru d'abord, en igaS, dans là Revue Mabillon (K.UV' année, p. aô-Sg et 77-102); tandis que la première partie avait été publiée trois ans plus t^ dans la Revue d'ascétique et de mystique (T. I**, igao, p. aog-aAo et 3 1 3-3 18). Naturellement, avant d'être de nouveau livrées à l'impression, ces études ont été, partout où cela a été jugé nécessaire, soumises à un travail de mise au point, et, en plusieurs endroits, le remaniement a été profond.

Pour étudier la vie érémi tique médiévale, on disppse de nombreuses sources d'information. Nous n'avons pas cru devoir nous contenter de puiser exclusivement aux sources latines (Vies de saints, chroniques, textes historiques, liturgiques, etc.). Uniquement basée sur un dépouillement des textes latins de la Patrologie de Migne ou des Monumenta Germaniae historica, une étude du genre de celle-ci risquerait, en effet, de laisser dans l'ombre plus d'un détail précieux, non point seulement pittoresque, mais même d'une réelle valeur documentaire. C'est pourquoi nous avons aussi mis résolument à contribution les anciens textes français, anglais, allemands, irlandais. La plupart de nos chansons de geste, des romans d.'aventure, des contes et autres œuvres rédigées en langue vulgaire ont eu pour auteurs des gens d'Église, ou ont été élaborées sous l'influence de moines ou de clercs, gens bien placés pour connaître la vie des ermites. Etj defeit, l'ermite était une figure si familière au moyen âge que la place qu'il occupe dans ces productions littéraires est loin d'être sans importance. Cette « littérature de grand air », comme on l'a appelée, nous offre des peintures souvent aussi exactes et presque toujours plus vivantes des mœurs du temps que les textes rédigés en latin. « Le fond des récits épiques est réaliste et historique », a-t-on dit avec justesse.

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