‹ Errata du Dictionnaire de l'Académie françaiseChapitre 15 sur 55 · ACCENT AJOOTÉ OU RETRANCHÉ DANS LES DÉRIVÉS · texte numérisé non relu

ACCENT AJOOTÉ OU RETRANCHÉ DANS LES DÉRIVÉS

Nous avons plusieurs mots où l'on met un accent qui ne se trouve pas dans le radical ; les voici :

- Ange, angéliqvs; — anneler, annélides; — arsenic, ars^nto^^ arsénique, arsénite; mais on écrit arsenical sans accent; — celer, receler; — congeler, congélation; — dyssenterie, dyssentérique ; — engrener, rengréner; ■— grever, dégrever; — lienterie, lientériqvs;

— massore, massorétique ; — mine, minéral, minéraliser, etc.; mais on dit minerai;— pépin, pépinière, pépiniériste ; — quérir, qv^rahle, acquérir, conquérant, conquérir, s'enquérir, requérahle, requérant, requérir; — rebelle, rébellion; — recevoir, réception; — redoubler, réduplicatiœi ; — refaire (se), réfection, réfectoire; — reflet, réflecteur; — refuge, se réfugier; — registre, régistrateur ; mais on ne met pas d'accent à registrer, enregistrer; — relatif, relation, corrélatif, corrélation; — religieux, religion, irréligieux, irréligion;^ remettre, rémission, irrémissible; — replet, réplétion; — reprochable, irréprochable ; — Teqnérir, réquisition; — retenir, rétention; -7- reviser, réviseur, révision; — serein, sérénité, rasséréner; —

1. Voici la liste des principaux mots dont le sens est déterminé par l'accent grave ou circonflexe.' Accent ORAVK : ça, çà; la, là; ou, où. Accewt circonflexe : acre, acte; bailler, bâiller; chasse, citasse; cote, côte; du, dû; empâtement, empâtement; foret, forêt; genêt, gwnéf; jeune, jeûne; masser, masser; mat, mât ; mater, mater; matin, mâtin; mur, et mûr, ûre; pale, pâle; rot, rôt; sur, ure, ei sûr, ûre; tache, tâche y etc. — Quelques adverbes ne sont distingués du substantif que par I'accbnt aigu qu'on met à la pénultième syllabe ; tels sont ; aveuglement, aveuglément; dérèglement, dérèglement; désintéressement, désintéressement; isolement, isolément; serrement, serrement, etc.

2. Nivôse, pluviôse, ventôse, devraient s'écrire de même avec un simple.

tenace, ténacité;-- veneur, vénerie; — venin , vénéneux j vénéfice; mais venimeux^ envenimer, conservent Ve muet.

L'Académie écrit sans accent rechire, réclusion; mais elle ajoute : ^ Quelques-uns écrivent et prononcent réclmion* » — Bien qu'elle mette Taccent à irréligietujc, irréligion, irrémissible, irréprochable, elle écrit irrémédiable avec un e muet à la seconde syllabe, en sorte qufe cet adjectif est le seul mot qui commence par irre *. La plupart des dictionnaires donnent irrémédiable avec l'accent.

Quelques mots perdent dans leur dérivé ou leur composé l'accent dont le radical est affecté. D'évêque, évêché, on fait archevêque, archevêché; de café, cafetier, cafetière; de cépage, cépée, recepage, recepée, receper; de chèvre, chevreau, chevrier, chevrotin, chevrot&r; de gangrène, se gangrener, mais on met un accent à gangreneux; de lévrier, levrette, levrette; de vipère, vipereau; de bergère, bergerette et bergeronnette.

Peut-être n'est-il pas inutile de donner aussi la liste des adverbes terminés par ment qui prennent à la pénultième un accent que n'a pas l'adjectif; ce sont aveuglément (sans doute pour le distinguer du substantif aveuglement), commodément et incommodément, communément , conformément, confusément, diffusément, énormément, expressément, immensément, indivisément, obscurément, opiniâtrement, précisément, profondément, uniformément^.

ACCOMPAGNER, V. a. — Daus Cet article on lit : « Ce prince est tourjours accompagné B^une suite nombreuse, et II s'accom^agns toujours DE méchants garnements; Il s'accompagna de gens de main pour faire ce coup. Ce sens vieillit. » Mais à l'article Mener, l'Académie donne pour définition « Se faire accompagner de ou par ». Il nous semble donc nécessaire qu'elle donne ici des exemples du verbe accompagner et de son participe suivis de la préposition par,

Télémaque est accompagné par Minerve, Fénelon,

ACCOUCHER, V. n.... Elle est accouchée en tel endroit, — On regrette que l'Académie ne dise pas plus souvent ce qu'on lit au verbe Desgendre : « 11 se conjugue avec le verbe Avoir ou avec le verbe Être, selon que l'on considère l'action ou son résultat. »> Si elle

1. Un de nos amis à qui nous avons communiqué ces pages, nous dit qu'il a sous la maiii deux exemplaires de l'édition de 1835; l'un porte irrémédiable, l'autre irrémédiable; mais il ne sait lequel a été acheté le dernier. — Grâce à l'obligeance de MM. Didot, nous avons pu consulter le dernier tirage de ce Dictionnaire ; il porte irrémédiable, ce qui fait disparaître l'exception.

' 2. Ce qui' nous engage à donner tette liste, c'est qu'un grand nombre de personnes et même des lexicographes mettent ou suppriment l'accent contrairement à i'usage reçu ; ainsi l'on dit souvent et même on imprime : distinctement, efficacement, fixement, intimement, récipi'oquément, succinctement, unanimement, etc; et, au contraire, énormément, immensément, opiniâtrement, profondement, etc.

avait eu cette règle présente à 8on souvenir, elle aurait rois : Elle a AGGOuGHé et non elle est accouchée en tel endroit, car ici on a voulu exprimer Inaction aussi bien que dans ces autres phrases : J^ai aggou- CHé avec de cruelles douleurs ; Elle a agcoocbé très-courageusement. Quand on dit : Elle est accouchée d'un garçon, etc, Elle est accouchée depuis quinze jours, on exprime le résultat de Faction. Nous pensons que ce serait une faute de dire, Elle est accouchée il y a quinze jours,

ACCOUPLEMENT, S. m... L^ mulet vient de l'accouplement d'un âne et d'une jument. — Ajoutez « ou d'un cheval et d'une ânessen^ comme TÂcadémie le dit à Tarticle Mulet.

ACGUEii., ACCVEILUR. — L'Académie n^a pas indiqué la prononciation, mais il faut prononcer akeuil, akeuillir.

Le son doux du c et du ^ devant Ve nécessite remploi de Vu entre le c ou le ^ et Ye pour les rendre durs. Il en résulte que pour figurer dans les mots accueil, écv^il, cercueil, orgueil, recueil, etc., le son que présentent deuil, seuil, cerfeuil, etc., il faudrait mettre deux u, l'un avant, l'autre après Ve : accueuil, cercueuil, orgueuil, etc.; mais l'usage en a décidé autrement, et l'on supprime Vu qui devrait venir après Ve.

Cette orthographe présente donc une difficulté, pour les étrangers surtout, qui pourraient croire que eil dans accueil, cercueil, orgueil, etc., doit se prononcer comme dans pareil, réveil, soleil, etc., et il était indispensable d'indiquer la prononciation à chacun des mots qui présentent cette anomalie. L'Académie l'a fait connaître aux mots cueillette, cueillir, cueilloir (keuilletle, keuillir, keuilloir), écueil [ékeuil), orgueil (comme deuil) ; elle ferait bien de l'indiquer également aux autres.

ACHiÊRON. — Faut-il prononcer ché ou kéJ Pour le savoir, nous sommes obligé de recourir à l'article H, où l'Académie dit : « Quand H est après un C, dans les mots pris du grec, de l'hébreu ou de l'arabe, C et H ensemble se prononcent ordinairement comme un K. Ainsi, Achéloûs, Achmet, archange, archiépiscopal, catéchumène, Chersonèse, Melchisédech, Chalcédoine, Chaldéen, chaos, eucharistie, chiromancie, chrétien, se prononcent comme s'ils étaient écrits, Akéloûs, arkiépiscopal, arkange, Kersonèse, Melkisédec, kaos, krétien, etc. L'usage a excepté de cette règle les mots suivants : Achille, Chypre, Achéron, chéri f, chérubin, archevêque, chimie, chirurgie, archiduc, architecte, Michel, où CH se prononce à peu près comme le J fortement articulé. Dans Michel-Ange, on prononce Mikel. n

ACHETER... Acheter quelque chose à quelqu'un signifie quelquefois L'acheter de lui. Je lui ai acheté un volume qu'il m'a fait payer cher. Vous ne sortirez pas de ma boutique sans m'acheter quelque chose. U signifie aussi Acheter pour quelqu'un. J'ai acheté une montre à mon fils pour ses étrennes.

L'emploi dCaeheter à dans deux ftcèeptions si différentes est mal*heureusement trop général. Cependant il serait facile de faire dispa^ raltre le premier: on pourrait dire, par exemple, fai acheté db lci, CBfix LDI, un volume qu'il m'a fait payer cher. Vous ne sortirez pas dé ma boutique sans acheter quelque chose.

Mais les locutions amphibologiques ne se bornent pas au verbe acheter; on dit aussi : Je lui ai entendu dire. Je lui oi vu faire, pour signifier Tai entendu dire à lui ou par lui. J'ai vu faire par lui ou à lui, et ce n'est que pat les mots qui précèdent ou qui suivent qu'on peut distinguer le sens réel de la phrase :

h LOI ai entendu dire qu*U était trop jeune pour occuper telle place; mais U a répondu que c*est un défaut dont U se corrige tous les jours.

Je LUI ai (mieux, je Vai) entendu dire qu*U était trop jeune pour occuper telle place; mais c'est uniquement parce qu'U en désire une antre.

Je LUI ai vu faire une opération très^if/ieile, qu'il a supportée avec un courage étonnant.

Je LUI ai (mieux, ie L'ai) vu faire une opération très-difficUe, dont U s*est acquitté à merveille.

Je LUI ai fait restituer les cent francs qu'on lui avait escroqués.

Je LUI ai fait (mieux, je l'ai forcé à) restituer les cent francs qu*il avait escroqués.

Ces amphibologies sont fâcheuses, mais elles sont entrées si profondément dans les habitudes de la conversation qu'on ne parviendrait que bien difficilement à les déraciner.

À-COMPTE, s. m. — Ce mot se trouve à l'article Compte; mais il était convenable de le dire comme on Ta fait pour à-propos et pour beaucoup d'autres.

ACQUÉRIR. — Au lieu de : J'acquérais.. J'ai acquis. J'aoqms. J'ac^ querrai, lisez i J'acquérais. J'acquis. J'ai acquis. J'acquerrai. Le prétérit simple doit précéder le prétérit composé. Les distractions de ce genre sont fréquentes, et ce serait fatiguer inutilement nos lecteurs que de les relever toutes ; nous nous bornerons aux plus importantes, lorsqu'elles se présenteront

ACQUIESCER, — Ou aurait dû trouver dans cet article des exemples où le 0, suivi d'un a, d'un o, fît connaître qu'il prend alors une cédille (rwus acquiesçons, f (acquiesçais) ; il nous semble que lorsque la conjugaison n'est pas indiquée, il faudrait que les exemples du moins nous apprissent les difficultés orthographiques. Cette remarque s'applique non-seulement aux serbes terminés par cer, ger, etc^; mais encore à tous ceux qui, sans être irréguliers, présentent quelque difficulté dans la conjugaison. Yoy. Abréger, Accéder, Apprécier, etc.

ACTE , s. m. -— A l'article Palladiuh nous lisons : « En Angleterre, on regarde l'acte rf^Habeas corpus comm£ le paUadiwn de la liberté individuelle » ; et nulle part dans le Dictionnaire de l'Académie nous ne trouvons ce que c'est que cet acte d'Habeas corpus. Ne pouvant

guère espérer qu'on fasse un article exprès à la lettre H, nous demanderons qu'on dise ici: « Les Anglais appellent Acte (ou writ) e/liabeas x^rpus, un acte qui accorde à tout prisonnier, dans la plupart des cas, sa mise en liberté immédiate, moyennant caution.

ACTION... Il se dit plus particulièrement d'une petite bataille. L'ctolion de Bléneau fui wie affaire décisive. On ne pourrait pas dire, L'action de Zama, dé Fontenoy^ d'AusterUtz* -— On trouve souvent dans le Dictionnaire de l'Académie de ces indications intéressantes ^, mais on désirerait en trouver plus fréquemment encore. On regrette, par exemple, qu'elle ne dise pas les différentes gradations qu'il y a entre Action, Affaire, Combal, Bataille et Journée. Des synonymies comme on en trouve dans les dictionnaires récents seraient d'une grande utilité pour préciser la valeur réelle des mots.

ADDITIONNEL, ADDITIONNER, ADDUCTEUR, ADDUCTION. — Au

mot Addition, l'Académie dit : « On prononce les deux D » ; mais dans les quatre ci-dessus, qui viennent immédiatement après, faut-il également les faire sentir?

ADIANTE , s. f. Genre de plantes de la famille des fougères,.. — Ici nous croyons qu'il y a décidément une faute typographique, non parce que adipnte est du genre neutre en grec et en latin, non parce que tous les dictionnaires le font masculin, mais parce que l'Académie elle-même lui donnait précédemment le genre masculin.

ADOS, s. ra. T. de. Labourage et de Jardinage. Terre qu'on élève en talus, ordinairement le long d'un mur bien exposé, pour y semer quelque chose qu'on veut faire venir plus tôt qu'on ne le pourrait en pleine terre, — Que signifie ici en pleine terre ? A l'article Terre nous ne trouvons rien d'analogue, et à Plein l'Académie dit seulement : « Un arbre en pleine terre, un arbre qui n'est point renfermé dans une caisse* ».

AFFAIRE... se dit particulièrement des actions de guerre. C*est mi homme qui a vu bien des affaires. H s* est toujours bien conduit dans toutes les affaires où il s^est rencontré. Il fît des merveilles dans la dernière affaire. L'affaire fut quelque temps disputée. L'affaire a été vive, a été chaude. — Il nous semble que toutes ces phrases peuvent aussi bien s'appliquer à des affaires commerciales, à des discussions de chambres législatives, etc., qu'à des actions de guerre, et que pour mieux préciser le sens il aurait fallu donner au moins un exemple analogue à celui qu'on trouve à État*:

L'affaire de Denain fut un cov/p d'État.

1. Voici un des exemples qu'elle donne à l'article Définir; on voudrait qu'il y en eût beaucoup de pareils : « On définit les idées abstraites et composées } on décrit les objets sensibles; on énonce les idées simples. »

2. A 1* «article Plein , l'Académie dit : « £n pleine campagiui, dans les champs, loin des habitations » ; et à Plain, « La bataille s'est dannée en plaine campagne », c'est-à-dire, en rase campagne. Peut-être dans la définition ci-dessus faudrait-il écrire en plaine terre, ou simplement en plakte,, j?ar opposition aux mots ados, talus.

AFFRE. — L'Académie dit que -dans ce mot l'a est long. Sans doute elle l'aurait affecté d'un circonflexe si Fusage permettait d'en mettre sur une voyelle suivie d'une consonne redoublée. Cependant nous avons deux mots qui, ainsi que leurs dérivés et leurs composés, font exception à la règle : masse et masser (termes de jeu), pour les distinguer de m^isse et masser; — châsse, boîte à reliques, pour le distinguer de chasse, action de chasser, de poursuivre ; et par analogie on a également mis le circonflexe à châssis, enchâsser, enchâssure, où il était moins nécessaire puisqu'il ne peut y avoir confusion avec d'autres mots. Si l'Académie a écrit sans accent affre, endosse, flamme, bien que Va et Vo soient longs dans ces mots, c'est qu'ils n'ont pas d'homonymes avec lesquels on puisse les confondre; mais le mot manne, suc de certains végétaux, devrait prendre cet accent, pour le distinguer de manne, panier d'osier, si toutefois l'a est bref dans cette dernière acception comme le dit l'Académie.

AFFÛT, AFFÛTAGE, AFFÛTER, AFFÛTIAU. — L'aCCent poUrrait

très-bien être supprimé dans ces mots ; Vu n'y est pas plus long que dans futaie, futaille, futé, où l'on n^en met pas.

AGACE. « Quelques-uns écrivent agasse. » — Ces quelqy£S-uns ont peut-être raison, car ils se rapprochent de l'étymologiô la gazza, qui est le nom italien de la pie, et c'est ainsi que le mot était écrit dans les Fables de La Fontaine imprimées de son vivant. Voy, Mésair.

AGNELER... Une brebis prête à agneler,., — À Chatter, à Laie, à Poulette, on trouve également : Une chatte qui est prête à chatter, une laie prête à mettre bas, une poulette prête à pondre; mais au mot Lapin, nous lisons : Une lapine près de mettre bas. Cette dernière expression près de est préférable à prête à. Il y a, comme chacun le sait, une grande différence entre un homme prêt à partir, prêt à mourir, et un homme près de partir, près de mourir. Aujourd'hui ce serait une faute de dire qu'un mur est prêt à s'écrouler,

AGNUS. Cire bénite par le pape, sur laquelle est imprimée la figure d'un agneau.— Dans ce mot, il ne faut pas prononcer le g dur comme dans agnus-castus, car au mot Agneau l'Académie dit : « Le ^ se prononce mouillé ici et dans les six articles suivants » , et agnus est le sixième. Comme ce mot vient à la suite de cinq mots français, qu'il est latin et qu'on y prononce généralement le g dur, l'Académie aurait mieux fait de répéter la prononciation qu'elle veut voir adopter, « Gn mouillé ».

AGREMENT, S. m... Cet homme trouve de grands agréments dans sa famille, dans sa profession, dans sa place, dans la compagnie dont il e'st. — Peut-on employer le verbe être absolument, pour signifier Être membre, faire partie de? Oui sans doute, et à l'article Être nous lisons : Il est de telle assemblée; mais il nous semble que dans l'exemple ci-dessus l'emploi qu'on a fait de cette locution n'est pas heu-

reux : la plîrase paraît tronquée. Aux articles Partie et Hontedx, l'Académie dit très-bien : « Il fait déshonneur au corps, à la compagnie DONT IL EST MEMBRE ».

AIDER... « Aider à quelqu'un signifie, lui prêter une assistance momentanée, pour un objet déterminé, et le plus souvent pour un travail qui demande des efforts physiques... Aidez-LVi à soulever ce fardeau, » L'Académie dit encore :

(à Recharger) Aidez-Lvi à se recharger»

(à Relever) Voilà un enfant qui est tombé, aideZ'-Lvi à se relever.

Il faudrait donc dire : Aidez-hm à descendre, à marcher , et peutêtre même Aidez-hvî à payer ses dettes j au lieu de Aidez-hE à descendre j à marcher j Aidez-hE à payer ses dettes, qu'elle a mis dans lés deux lignes qui précèdent la définition ci-dessus.

AiGUADE. (Ce mot et les cinq suivants se prononcent comme s'il n'y avait pas d'U). — Qu'on ne prononce pas Vu comme ou, et même qu'on ne le fasse pas sentir dans aiguade, aigvml, a/iguayer, quoique l'étymologie semble le demander et que la prononciation aigayer présente une équivoque avec égayer, nous l'acceptons; mais dire de prononcer aigue-marine, aiguière, aiguiérée, comme s'il n'y avait pas d'w^ c'està-dire, comme si l'on écrivait aige-marinej aigière, aigiérée, c'est au moins une faute de rédaction.

AIGUILLAT. — Ce nom vient évidemment d'aigu, puisqu'il a été donné à un chien de mer à cause d'une pointe ou épine cornée située au devant des nageoires dorsales; et cependant l'absence de prononciation à ce mot placé entre aiguillade et aiguille, à chacun desquels on dit que ui est diphthongue, semble indiquer que la seconde syllabe d' aiguillât doit se prononcer coçime dans anguille. — C'est probablement une omission, et nous croyons devoir la signaler.

AIR, s. m. Fluide élastique, pesant, dont la masse totale forme l'atmosphère qui enveloppe la terre de toutes parts. Air atmosphérique... Toute Vétendus de l'air. La m^sse de l'air. Nous respirons Vair, Poétiquement : Les plaines de Vair. Le vague des airs. Dans les airs. Au plus haut des airs. Voyez , à la fin de l'article, la locution adverbiale En l'air. )>

A la fin de l'article nous trouvons les locutions : « Tirer en Vair, tirer un coup en Vair; Avoir toujours le pied en Vair, un pied en Vair; Tout le monde est en Vair, toute la ville est en Vair; Un cabinet en l'air;... Toute sa fortune est en Vair; Des contes en Vair; Des paroles en Vair... »

Ainsi dans cet article nous ne trouvons pour l'emploi du mot Air précédé des prépositions dans, en, que l'expression poétique dans les airs, et les locutions tirer en Vair, tirer un coup en Vair, etc. Tl y a cependant beaucoup de phrases très-différentes de celles-là, où l'on désirerait savoir si l'on peut employer dans Vair et même dans les

airs, sans avoir aucune prétention au langage poétique^ L'Académie aurait donc rendu un grand service à ses lecteurs en donnant ici des exemples analogues aux suivants :

(à Balancer) Un oiseau qui se b(danc0 tn VeUr, dans lef airs, (àp Enlever) Le bcUlon s* enleva dan5 les airs^

Ailleurs, il est vrai, l'Académie emploie l'expression en l'air : (à Élever) S'élever en l'air,

(à Soutenir) Les oiseaitx se soutiennent en l'air am moyen de l4i*rs ailes, (à SusfBNDRE) Les nuées sont suspendues en l'air,

mais nous croyons qu'elle n'appartient qu'au style familier, et qu'il eût été mieux d'ajouter les variantes dans Vair, dans les airs /.nous doutons qu'il fût de bon goût de dire, par exemple, Le ballon, Vaérostat s'éleva rapidement, majestuemement en l'air,

AIRAIN. Métal composé en grande partie de cuivre jaune, mêlé avec du zinc, de l'étain, et une petite quantité d'antimoine. — Puisque le cuivre jàwne est un alliage de cuivre et de zinc, nous pensons qu'il faut supprimer jamts ou zinc,

AlHELLE, s. f. T. de Botan... — Autrefois l'airelle était appelée myrtille, et c'est encore aujourd'hui le seul nom connu dans quelques provinces. 11 est fâcheux que l'Académie ait supprimé ce synonyme dans sa dernière édition.

ALIZE et ALiziER, ALIZÉ. — Ces trois mots devraient s'écrire avec une s, car le z n'est point réclamé par l'étymologie, et il forme une exception dans l'orthographe de ces terminaisons.

ALLÉGATION. — L'usagc est généralement de faire sentir les deux / dans allégation et alléguer; on est surpris du silence de l'Académie, qui fait supposer qu'on n'en doit prononcer qu'une.

ALLEGREMENT, adv. — Cet adverbe devrait conserver à la seconde syllabe l'accent grave de l'adjectif, puisque l'Académie écrit avec un ê grave les mots austêrement, fidèlement, sévèrem^^nt, sincèrement, etc., qui sont absolument dans les mêmes conditions, c'est-à-dire qu'ils dérivent régulièrement d'un adjectif des deux genres.

ALLÉGUER. — A Tarticle Allégorie, l'Académie dit : « On prononce les deuxL dans ce mot et les suivants jusqu'à Alléguer ». Nous pensons qu'elle aurait dû ajouter : inclusivement, Voy. Allégation.

ALLER, V. n. [Je vais ou je vas, tu vas, il va; nous allons, vous allez, ils vont. J'allais. Je suis allé. J'allai. J'irai. J'irais, Va, Que j'aille. Que j'allasse. Allant. Allé.) — Nous ne dirons' rien de j'allai, qui devrait précéder je suis allé, mais nous exprimerons un regret de ce qu'on a oublié de donner le pluriel du. présent du subjonctif : que nous allions, que vous alliez, qu'ils aillent. Cette omission est d'autant plus fâcheuse, que Vi qui précède les II au singulier et à la troisième personne du pluriel se met après ces II dans que nous allions, que vous alliez, comme à l'imparfait de l'indicatif.

Voici les exemples que nous avons trouvés dans le Dictionnaire :

( à Tout) Ce n'est pas tout, ce n'est pas encore tout, il faut que vous alliez là, (à Troover) Je trouve bon que vous alliez le voir, (à VoDLora) Votre père veut que vous alliez là,

ALLOUABLE, ALLOUER. — A chacun dcs mots allitération, allôbroge, allocation, allocution, allodial, F Académie dit « On fait sentir les deux L » ; mais à alloitable, allouer, où il semble naturel de les faire sentir comme dans allocation, elle ne dit rien; c'est sans doute par oubli.

ALORS... Jusqu'alors, jusqu'à ce temps-là, jusqu'à ce moment-là. Il exprime un temps passé antérieurement à un autretemps. Ses affaires se sont dérangées depuis un an ; elles avaient été très-bonnes jusqu'alors. — La définition donnée par l'Académie est excellente, et l'exemple bien choisi ; mais on désirerait qu'elle ne se fût pas bornée là, et qu'elle eût prémuni ses lecteurs contre une locution malheureusement trop usitée, même chez les auteurs qui écrivent bien. Nombre de personnes s'imaginent que puisqu'on dit : On avait cru jusqu'alors, on peut dire également : On a cru jusqu'alors,' ^ouy signifier Jusqu'à présent. Elles ne réfléchissent pas que jusqu'alors signifie Jusqu'à ce temps-^à^ et non Jusqu'à ce temps-ci^ et^qu'ainsi il faut dire : On a cru jusqu'ici, jusqu'à présent, jusqu'à ce moment, jusqu'à ce jour ^.

ALTERCAS. — Ce mot devrait s'écrire Aller cat. Dans les deux premières éditions l'Académie le mettait au pluriel, altercats, orthographe très-logique puisque ce mot est une abréviation &' altercation. Dans la troisième, où elle a supprimé le t au pluriel des mots terminés par ant, ent, des enfans, des parens, elle a fait subir cette même suppression au mot altercats. Dans la quatrième comme dans celle-ci, elle l'a employé au singulier, et elle a donné à ce nombre l'orthographe du pluriel,

AMANDE, s. f. Fruit quc donne l'amandier... Huile d'amende douce. Du lait d'amande. Pâte d'amandes. Un gâteau d'amandes. Biscuit d'amandes amer es. — On se demande pourquoi l'Académie écrit le mot amande au singulier dans les deux premiers exemples et au pluriel dans les trois derniers. Veut-elle donner à entendre qu'il est indifférent dans ces cinq exemples et dans tous ceux qu'elle ne donne pas, de mettre le singulier ou le pluriel, et qu'on pourrait très-bien écrire huile d'amandes douces, biscuit d'amande amère ? Nous avons peine à le croire , car si d'un côté on peut écrire huile d'amandes douces (c'est ainsi que l'Académie l'écrit aux articles Huile et Doux),

1 , On fait la faute opposée en disant : Désormais twus pûmes tranquilles. Personne ne s'avisa désormais de contester nos droits. En effet, désormais signifie Dès ce moment-d (dès l'heure actuelle), et non Dès ce moment-/à; il faut donc, en parlant d'un temps passé, employer les expressions dès lors, dès ce moment-ld, ou quelque autre équivalente. Avec dc«ormavf il faut un futur : Désormais nous serons tranquilles. Personne ne s'aviseia désormais de contester nos droits.

nous ne pensons pas qu'on puisse écrire Biscuit d'amande amère; pas plus que sirop de rose pâle, conserve de rose de Provins, gelée de chou rouge, etc. Il nous semble que lorsque le second substantif est déterminé par un adjectif ou une expression équivalente, on ne peut pas le mettre au singulier comme lorsqu'il est pris dans un sens vague ou absolu.

Quoi qu'il en soit, nous croyons indispensable que l'Académie ne laisse rien à deviner au lecteur, et que lorsqu'elle regarde comme indifférent de mettre le singulier ou le pluriel elle le dise nettement toutes les fois que l'occasion s'en présente, comme elle l'a fait d'ailleurs en plus d'un endroit de son Dictionnaire *. Là où certains lecteurs verront une autorisation d'écrire ad libitum, d'autres croiront voir une inconséquence, et d'autres enfin seront persuadés que ce qu'ils lisent est la seule orthographe à suivre, la seule locution qu'on doive employer, que s'en écarter serait une faute capitale. Voyez l'article Pellée.

Pour modifier l'opinion de nos lecteurs et signaler à l'Académie elle-même les variantes que présente son Dictionnaire, nous croyons devoir donner un tableau des irrégularités que nous avons rencontrées ; il est précédé d'une liste des phrases qu'elle écrit invariablement de la même manière , c'est-à-dire que ces phrases portent la même orthographe à chacun des deux substantifs dont elles se composent,

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