‹ Erreur n'est pas compte ou Les inconvénients d'une ressemblance [microforme]Chapitre 8 sur 15 · GEORGES, ELMIRE · texte numérisé non relu

GEORGES, ELMIRE

GEORGES, —(à part) Tiens, ce n’est pas lui !

ELMIRE

Ah, vous voilà, enfin !

GEORGES, (à part.)

Il parait que nous sommes en pays de connaissance. (Haut) Mais oui, Mademoiselle, me voici.

ELMIRE

Vous ne pouviez arriver plus à propos.

GEORGES

Vraiment ! (à part.) Où donc m'a-t-elle connu, celle-là ?

ELMIRE

J'ai eu fort à faire, allez.

| GEORGES

J'en suis désolé, veuillez m'en croire.

ELMIRE

Oh, mais les choses ont bien tourné à la fin. GEORGES.

Alors j'en suis des plus charmés. (à part.) À quoi veut-elle en venir, définitivement ?

r une veux Bon.

1 con

en ar-

rÉpa-

nals-

ELMIRE

Tout s’est arrangé au gré de nos désirs.

GEORGES

C’est fort heureux ! (à part pende si je comprends quelque ELMIRE.

D'abord, il ne voulait Pas entendre parler de notre union.

) Je veux qu’on me chose à tout ceci

GEORGES

De notre union, dites-vous ELMIRE.

Oui, et sa première pensée a été de vous la maison, ”

interdire

GEORGES, (à part)

Ah ça! que me chante-t-elle donc celle-là

serais-je devenu le fiancé d’une inconnue et $ savoir |

ans le

Mais toute notre difficulté rou entendu ; nous étions, l’un et l’ étrange des mébprises,

GEORGES, (à part.) Je pense que la méprise se continue.

lait sur un malautre, sous la plus

ELMIRE

Il vous prenait pour un autre.

GEORGES, (à part.) Ma foi, je ne sais pas s'il n'avait pas raison ; je ‘emmence, moi-même, à douter de mon identité.

ELMIRE

Ah! si vous aviez vu sa colère quand je lui ai dit que je n’en épouserais jamais un autre que vous.

GEORGES

Vous lui avez dit cela? (à part.) Au fait, elle commence à m'intéresser, cette enfant-là.

ELMIRE

. Vous étiez, disait-il, un étourdi, un fainéant

dont la seule préoccupation, dans le moment, était de mettre la main sur son argent...

GEORGES, (à part)

Ai! Ai! Il parait que le bon-homme a reçu de mes nouvelles !

ELMIRE, (riant) Et, tout ce temps-là, figurez-vous que j'avais oublié de lui dire votre nom.

GEORGES, (à part) À la bonne heure; cela me rassure un peu.

ELMIRE

Et quand je vous ai nommé.

GEORGES

Vous m'avez nommé!

ELMIRE

Sans doute ; que vouliez-vous que je fisse ?

| GEORGES

Mais comment avez-vous fait pour me nommer ?

je lui ai que vous.

fait, elle

fainéant ent, était

: reçu de

avais ou-

ymmer ?

ELMIXE.

Il m'en a bien coûté, je vous assure ; mais, une fois la glace rompue, j’ai compris qu’il ne fallait plus reculer, et j’ai tout avoué.

GEORGES

Vous avez tout avoué !

ELMIRE

Oui, et lorsqu'il à appris qu'il s'agissait de vous, oh ! alors sa colère a fait place À une joie immense... C'était précisément vous qu'il avait rêvé pour son gendre.

GEORGES (à part)

Décidément, c’est elle qui rêve !

ELMIRE

Alors, comme vous le pensez bien, toutes les diffcultés se sont aplanies et son consentement ne s’est pas fait attendre.

GEORGES

Mais comprenons nous un peu s'il vous plait, mademoiselle. Etes vous bien sure que c'était de moi qu'il s'agissait ?

ELMIRE

En voila une question, par exemple: je crois vrai-

ment, mon cher ami, que le bonheur vous fait dérai. sonner,

GEORGES, (4 part)

Il y en a certainement un de nous deux qui dé. raisonne,

ELMIRE

Au reste, c’est tout naturel... Quant à moi, je suis presque folle de joie.

GEORGES, (à part)

Pourvu qu'elle n'ait que cette folie-là.

ELMIRE

Maintenant que j'ai donné le premier assaut, vous ne devez plus hésiter à poursuivre l’attaque : mon père est sur le point de rentrer et je vous laisse à l’attendre Allons, bonne chance! (elle sort.)

SCÉNE 3me.

GEORGES, (seul)

Oh! mais je m'y perds de plus en plus! Moi, Georges Durand, arrivé ce matin en ligne directe de Calcutta, moi, le fiancé de cette jeune personne que je-n’ai jamais vue ! ..…. Y comprenez-vous quelque chose, vous autres. Il y a certainement là-dessous quelque malentendu Mais qu'importe; le rôle d’amoureux me sourit assez dans le moment et je m'y prête sans résistance, en attendant que les choses se débrouillent. (11 chante.)

L'aventure est amusante,

Je n’y comprends rien, ma foi ;

C’est quand je ne suis plus moi, bi Que j'ai les vœux d’une amante, È "

Mon succès n’est pas flatteur

Pour un homme qui s’estime ;

Mais c’est un triomphe intime bi Pris sur mon compétiteur. | *

Puisque c’est nous que l’on aime Quand on nous prend pour autrui, Il vaut mieux rester ainsi bi Qu de passer pour soi-même. d C'est bien singulier tout de même et je ne comprends pas. (Ilréfléchit.) Tiens! tiens! ! tiens!!! J'y suis maintenant ! Parions que c’est au profit de ce coquin d’Edouard que je joue au fiancé depuis un quart d'heure... Pourtant j'aurais cru que notre ressemblance d'autrefois se serait un peu perdue pendant mon long voyage... Mais il parait que les accidents de la fortune n'ont pas altéré ma bonne mine et que je suis toujours le fac simile de mon digne frère... Tant micux après tout; ces complications ne pourront qu'aider au succès de mes petites entreprises et, puisqu'on le veut absolument, je consens à demeurer, jusqu’à nouvel ordre, le futur gendre de mon futur créancier...

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