GEORGES, BONVAL
BONVAL, (dans la coulisse)
S'il vient quelqu'un, vous direz que je suis occupé peudant une heure, entendez-vous ?
GEORGES
Décidément, c’est lui cette fois. Tenons ferme, BONVAL.
Charmé de vous revoir, mon cher Durand ; comment a été le petit voyage d'agrément ? (47 serre chaleureusement lu main de Georges)
GEORGES
Parfaitement, je vous remercie, (à part) Il appelle cela un petit voyage d'agrément: deux mille cinq cents lieues sans désemparer !
’ BON VAL
J'avoue que je me suis ennuyé de vous.
GEORGES
C'est trop aimable de votre part. (à part) Voyons, est-ce qu'il s’agit de moi maintenant ou de mon frère ?
BoNvaL.
Vous savez l'intérêt que je vous porte.
GEORGES
Oh! je n'oublicrai jamais cela. (à part) Je ne m'en doutais guère pourtant.
BONVAL.° Mais prenez done un siége, je vous en prie.
GEORGES, (à part, allant prendre un fauteuil)
La situation devient terriblement embarrassante ! Suis-je moi, où ne suis-je pas moi? Voiià la grande question pour le moment.
BONVAL, (s'étendant sur un fauteuil.)
Et vors venez pour une affaire bien importante, je suppose? (à part) Laissons-le faire son petit chemin tout seul, le brigand !
GEORGES
Mais, oui, mon cher monsicur Bonval, et votre bienveillant accueil me donne une hardiesse que je n'aurais pas eue sans cela,
nm
BONVAL
craignez rien. (à part) Voyons s’il est aussi habile
en amour qu’en affaires.
GEORGES, (avec hésitation)
Je sais, d’ailleurs, quel estime vous aviez pour
mon père, BONVAL, (à part).
Allons donc ! Où vatil remonter à présent !
GEORGES
Et permettez-moi de vous dire qu'en la reportant sur son fils, vous ne trouverez pas un ingrat, BONVAL, (à part).
V'a-til en finir avec ses préliminaires ? Ces amoureux sont d'une bêtise !
GEORGES
La demande que je viens vous faire va peut-être vous étonner,
Bonvar.
Au contraire, je m'y attends.
GEORGES, (à part) Îl s’y attend! véritablement Je n’en reviens pas.
Boxvar.
Mais procédons, je vous en prie, car avec toutes ces hésitations, vous ne me faites plus l'effet d'un homme d’affaires ct je crains que votre petite promenade ne vous ait causé des distractions funestes,
Oh! prenez votre Courage à deux mains et ne
GEORGES (à part) Bon ! encore mon petit voyage d'agrément.
BonNvaL.
Au reste, je sais que ces choses coûtent toujours à dire. Pour ma part, j'ai été une fois dans une situation semblable et j'admets que je faisais trèsmauvaise figure.
GEORGES (à part) Il connait ma situation !
BonvaL.
C’est donc tout naturel que j'aie de l’indulgence pour vous.
GEORGES (à part).
Décidément, je suis moi-même cette fois. (haut) Eh bien, puisque vous voulez me mettre complête-
ment à l’ aise, je vais vous parler à cœur ouvert. BoNvaAIL.
C’est ce que je désire.
GEORGES
Vous n'ignorez pas, monsieur Bonval, malgré la position indépendante que vous occupez...……..
BonvaL (à part) Bon ! le voilà encore lancé !
GEORGES
qu’il est des circonstances où un homme d’affaires a besoin du concours de ses amis pour réaliser ses projets...
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BonNvaL (à part) Singulière demande en mariage que tout cela.
GEORGES Je suis actuellement dans cette position...
BoNvaL (à part) Mais qu'est-ce qu'il me conte là ?
GEORGES
Il m'en coûtait d'aborder un sujet aussi délicat avec vous ; mais, en homme d’affaires, je mets le sentiment de côté.
BOoNvAL (à part)
Oui, le sournois, il réserve cette partie-l} pour ma fille.
GEORGES
Et je me décide à vous proposer une petite nésociation, sachant que le nomque je porte vous inspire une entière confiance.
BoNvaAL (à part)
Il appelle cela une négociation! Hum ! au reste,
le mot n'est pas déplacé dans sa bouche. Avant
tout, il est de son état. panne) Et qu’elle est cette négociation ? (à part) Je le tiens maintenant.
GEORGES
J'ai en vue une spéculation superbe...
BoNvaAL (à part) Bon ! voilà que cela s'appelle spéculation à présent, GEORGES.
Et comme il me faut avant tout de l'argent comptant...
Re PRES ee
BoNvaL.
De l'argent comptant | GEORGES.
Oui! c’est indispensable.
BoNvaL.
Quoi ! pour notre affaire | GEORGES.
Non, pour la mienne.
BonvaL.
Ah! pour la vôtre. (à part) C’est une étrange façon, tout de même, de solliciter ma fille en mariage. GEORGES.
Je suis venu vous demander s’il vous serait possi-
ble de me prêter, pour quelques jours, une somme de cinq cents piastres.
BONVAL
Vous dites que.........que.........que....……. GEORGES.
Il va sans dire que je vous donnerni un bonus au taux que vous voudrez bien fixer vous-même cet les meilleurs endossements de la ville
BonvaL. (à part)
Quel singulier garçon ! ..... Ma foi, j'aime assez cela... les affaires avant tout |
GEORGES
Est-ce que vous auriez quelque hésitation ?
BONVAL
Oh! non........Mais voyez-vous... enfin, la
proposition m'a pris un peu par surprise.
GEORGES, (à part)
J'avais compris qu'il s’y attendait; mais poursuivons nos avantages. (haut) J'admets que vous n'êtes pas dans l’habitude de me faire des prêts.
BoNvaL.
Ni de vous voir contracter des emprunts ; mais Ja chose s'explique parfaitement et je serai très heureux de vous rendre ce petit service. (Zrunt son portefeuille) Tenez, voici justement un chèque au porteur que j'avais préparé pour une autre affaire. (il donne le chèque à Georges)
GEORGES
Je ne saurais trop vous remercier. (// met le chèque dans sa poche.)
BONVAL
Vous ne me devez aucun remerciement, mon cher. C’est, comme vous l’observiez, une simple transaction financière,et pour vous mettre à l’aise, je vais vous imposer, comme au commun des emprunteurs, un léger bonus de quinze pour cent, payable de suite.
GEORGES.( à part) Diantre ! me voilà pris, je n'ai pas le sou.
PONVAL.
Est-ce que ces conditions vous conviennent ?
GEORGE. (à part)
Comment faire ? .... Oh ! une idée... (haut)
mais sans doute; seulement je n’ai pas le montant sur moi........Vous me permettrez, n'est-ce pas ? d’aller le chercher ; je vous apporterai en même temps mon billet muni des endossements requis.
BONVAL
C’est parf''i. :: ‘re hommes d’affaires la parole
est d’or.
GEORGES, (à part)
Nous différon: d’orinion à cet égard, ct, si j'étais
dans l'habitude :: +. ier des proverbes, je dirais à ; )
que l’or en poche vau: : «x que parole en bouche.
Maintenant,mon cher, .i 1. :.':7 vous rasseoir, nous pourrons continuer notre cnuretien..…...
GEORGES
Oh, pardon. Je veux avant tout vous satisfaire, et je cours...
BONVAL
Mais n’uvez-vous pas une autre affaire ?
GEORGES
Pas pour l'instant, merci......je ne voudrais pas retarder d’une seconde... Adieu, M. Bonval; à bientôt. (Il sort précipitamment)