BONVAL, EDOUARD, ELMIRE
EDOUARD (entrant et tendant la main à Bonval) Dès à présent, mon cher M. Bonval...
Monsieur Edouard !
bonval. (serrant la main oV Edouard)
Voyons, est-ce bien vous, cette fois, ou si c'est encore votre frère ?
EDOUARD
N'ayez aucune appréhension ; tel que vous me voyez, je suis bien et dûment moi-même.
ELMIRE
Oh oui, papa, je suis sure que c'est lui, et je ne crains plus la méprise.
EDOUARD
Du reste, vous n'y serez plus exposé, puisque mon malheureux frère part aujourd'hui même pour l'étranger, où il promet de refaire par un travail honnête sa réputation et sa fortune.
BONVAL
Et mon argent qu'il emporte !
EDOUARD
N'en soyez pas en peine, c'est moi qui vous le rembourserai.
BONVAL
Ah, je vous reconnais maintenant et je
vous accepte volontiers pour mon débiteur.
M 'accepterez- vous aussi comme votre gendre ?
BONVAL
De grand cœur, mon cher Durand, pourvu qu'Elmire n'y trouve pas d'objection.
ELMIRE
Vous savez, papa, comme je suis soumise.
ELMIRE (chanté).
Oui, de l'obéissance J'offre, quoiqu'on en pense, Un modèle parfait.
Toujours je suis soumise Quand on fait à ma guise Et qu'un ordre me plaît, (bis)
EDOUARD
Tout me parait un rêve!
Et lorsque je soulève Le voile du destin, L'avenir qui s'apprête Me fait tourner la tête Et j'y perds mon latin ! (bis)
BONVAL
C'est vraiment fort étrange
Comme cela s'arrange
Pour mon contentement !
Sur ce profond mystère.
Je vois le jour se faire
Tout juste au bon moment ! (bis)