DE NOTRE S. P. LE PAPE
A M. L'ABBÉ NONNOTTE,
Âlé'OÇCÀSlO-S DE l'ouvrage INTITULÉ: LES EBHÇUBS DE VOLTAIRE.
'A notre cher Fils , salut et bénédiction apos-^ toligue,
Clemehs PP, xm. Clément Pape xiii.
'iLECTE FiLI , saille tem et aposiolicam benediciiotem. Redditus est nobis liber tuus in duo ^>olumina distributus , quo Scriptoris , non tam ingénia quant impietate nobilis detegendoê errores suscepisti , ut ab ejus legendis seriptis , qui adhuc non legerint], ahstereanlur , tt qui legerint, ejus sive scribendi lepore et venustate ; sive fallacibus argutiis se deceptos esse demùm agnoscant. Profeeto qui in ejus Libris versentur , vehementer extimescendum est ne haustis -veneficœ impietatis s*nsibus, boni, ciuis demùm officia
îf nous a remis votre livre en deux volumes , où vous avez mis au jour les erreurs d'un Ecrivain , moins fameux par son esprit que par son impieté. Votre dessein a été d'éloigner de la lecture de ses Ouvrages tou»
ceux qui ne les ont point encore lus , comme aussi d» convaincre ceux qui les ont lus , qu'ils ont été séduits , ou par les agréments et la beauté du style de l'Auteur, ou par les trompeuses sulitilités dont il assaisonne les productions de sa plume.
Certainement il est trè»-à craindre pour toutes les personnes qui le lisent, au'en avalant le poisoa de l'im-
dsserant et omnem religionetn amlttant. QuamO' brem multùm deberc tibi , dilecte Fili , arbitramur , tuni Religionent , tum christianam rempublicam / utriqwe enim Scriptorem illum apparet esse infensissimum; idque te exlstimamus luculenttssimè déclarasse. Caeteriim gratissimo nos animo munus tuuni excepimus y et jam ferè totitm volumcn priniunt libentissimè legimus ; nec sanctœ Eeclesiœ utiliorem te dare potuisse opérant arbitramurf magisqite laudabilem , quant hoc Libre tuo qui sumntoperè optamus , ut scèpius adhuc récusas , -factusqu» vulgatior , per manus circumferalur eo- Tum omnium qui atiquo Utterarum studio tenentur . Deum precamur tibi utdivino suo lumine prœsto sit teque adju\>et in eâ qaam adversàs Dictionarium philosophicum te sitscepisse mones icriptione , quam te vehementer hortamur ut alacriler urgeas ; sic enim optimè de Religione mereberis , pestilentissimum refutando Librum , de industriâ, ut videtur , compositum , ut ex omnium animis omnis pietatis et religionis sensus diruatur, Tibique, dilecte fili , pignus Ifene-
piété qu'il a eu soin d'y répandre, elles n'abandonnent les devoirs du bon citoyen , et n'arrachent même de leur cœur jusqu'au dernier germe de la Religion : aussi pensons-nous , mon cher Fils , que tant la Religion que tous les états chrétiens , dont l'Auteur, ainsi que vous l'avez clairement démontré , est le plus cruel ennemi , vous seront éternellement redevables.
Au reste , nous avons reçu votre livre comme un présent digne de tonte notre reconnoissancp. Nous en avons déjà lu avec plaisir presque tout le premier volume, et nous croyons que vous ne pouviez travailler plus utilement pour toute l'Eglise , qu'en composant cet excellent ouvrage. Volontiers nous serions charmés de le voir imprimé et répandu dans les mains de tous ceux qui se piquent de lire, d'écrire et de penser. Nous prions de plus le Seigneur de vous faire part de ses divines lumières, et de vous aider dans la réfutation du Dictionnaire Philosophique , dont , sui vaut un article de votre lettre , vous avez bien voulu vous charger. Nous vous exhortons même , autant qu'il est en nous , de presser vivement cet ouvrage. Vous ne pouvez rendre un plu* signalé service à la Religiou ,
volentice noslrœ , qtiam lalibus laboribus tibi prœcipuam conciliâsti , apostolicam benedictionem pera^ mniiter imper li mur.
Datitm Roniœ , apud Snnctam lyiariain majorem , sub annula Piscatoris , die VII Aprilis MDCGLXVni , Pontificatûs nostri anno decimo.
Archiepiscopus Chalcedonensis.
qu'en combattant un livre uniquement composé pour étouffer dans tous les cœurs tout sentiment de religion et de piété.
Quant à vous, notre cher Fils, pour gage de notre bienveillance que vous avez s i bien méritée par vos travaux, Nous vous accordons avec tendresse notre bénédiction Apostolique.
Donné à Rome, à Sainte- Marie majeure , sous l'anneau du Pêcheur, le septième d'avril , an mil sept cent soixante-Ixuit, et do notre Pontificat le dixième.
A. Archevêque de Calcédoine.
Et au-dessus. Dilecto Filio FRANCISCO NONITOTTE.