‹ Erreurs de VoltaireChapitre 25 sur 28 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

J-NoTTS n'avons fart qu'une bien coiarte revue •des écrits de Voltaire ; maïs elle suffit pourfolue connoître l'esprit qui y règne, et pour diriger dans le jugement qu'on doit porter sur la volumineuse collection de toutes ses QEuvres.

Que Ton vante , qu'on élève , qu'on admire tant qu'on voudra son esprit, ses talents, la vaiûété, et si Ton veut encore, la multitude de ses connoissances ; tout ce que nous en dirons ici, c'est que c'est pour cela même que ces écrits sont plus funestes dans la société , parce que le poison n'est jamais plus dangereux , que lorsqu'il est présenté sous une enveloppe plus séduisante et qu'il est mieux déguisé.

Tous les différents genres d'attaques que la religion a eus à soutenir depuis dix-sept siècles, de la part de la philosophie païenne, de la part du judaïsme , du libertinage , d'une multitude prodigieuse d'hérésies, sont ressuscites , renouvelés et réunis dans cette collection ; et ils sont réunis avec tout l'art, l'adresse, et les moyens les plus propres à séduire les esprits , surprendre les cœurs , allumer toutes les passions. Romans impies , contes indécents , railleries ti'ès-souvent accompagnées de blasphê-

mes : ireclièrcliès et compilation de lotit ce que la satire , le metisonge, la calomnie ont jamai;^ imaginé contre PEglise, ses ministres «t ses défenseurs: sophisines et raisonnements captieux contre les dogmes, contre l'authenticité et k divinité des livres saints , contre Fautorité , Iç gouvernement et les usages de l'Eglise : portraits brillants des persécuteurs, des hérésiarques , de tous ceux qui ont causé les plus grands désastres , ou les plus grands bouleversements dans là religion : images , peintures affreuses de ceux qui Vont protégée par leur puissance , ou qui Font soutenue avec courage et avec zèle, ou quji Font honorée par de grandes vertus: parallèles odieux du christianisme avec les fausses religions , et dans lesquels on donne toujours Favantage aux fausses religions sur le* diristiànisme : maximes détestables qiiî ne font passer dan^ Famé que les sentiments de Forgucil, le goût de la volupté , Fambur de FîndépendanCe , le dédain de toutes les lois de religion , de mœurs et de vertus. Voilà ce qui remplit la volumineuse collection que nous combattons ; voilà les tableaux qui y sont présentés , la doo-^ ti'inè qui y est enseignée , la manière de penser et de juger qui y est inspirée ; et Fou peut hardiment affirmer , que cette collection est le dé^ p6t funeste de tout ce que Fimpiété et le libertinage ont jamais imaginé, pour renverser tous les principes , pour rendre odieuse et méptî- * i5.

sable la religion , et pour percîre les moeuTs. ,/ « (alarmons les ennuis de cette vie % ( di- » soient ceîs libertins qui, sont peints clans le » livre de la Sagesse), moquôns-nous <ïun M avenir inconnu, coixronnons-nous de ros^ ^ n tandis qu'elles sont fraîches et brillantes; >i que la puissance et la force soigit notre unî- » que loi; ces prétendus sages qui s'avisent de » nous remontrer, de nous censurer, de nous M reprocher nos crimes , n'oublions rien pour » les couvrir d'opprobres, les écraser, les auQan- » tir. » Voilà la doctrine intéressante et .les belles maximes sur lesquelles on trouve, dans cette collection, les commentaires les, plus étendus qt les plus variés qui sont développés avec toute l'adresse et la chaleur dont Técrivaii^ «st capable , et avec un succès dont il n'y a que les puissances infernales qui puissent dignement le féliciter.

Aussi ne veut-on plus aujourd'hui d'un K^ gîslateur qui nous ordonne d'être doux et humbles à son exemple; les vertus courageuses par lesquelles on doit s'assurer une heureuse immortalité , ne sont plus qu'un sujet de dérision, de raillerie et de mépris; la raison étant devenue aussi foible que la Foi , on ne songe plus qu'au personnage qu'on jouera surJa scène du monde , on ne songe qu'à jouir de totis les plaisirs, età suivre l'impulsion de toutes les passions.

» Sap. a.

DE yOLTAiRB. 5ij

. Si xm^ partie, de notre nation gémit avée amertume sur le dépérissement de la religion , sur le libertinage , sur Taisance avec laquelle on passe par-dessus les devoirs les plus sacrés y saj^ les ménagements timides et politicpes dont on use envess ceux qui entretiennent la licence par leurs écrits, sur le peu de vigueur de ceux qui sont obligés par état de veiller à la conservation de la foi et des mœurs ; n'allons pas cbercber plus loin la cause d'une si aflligeante révolution. C'est là le beau fruit ^e la lecture des écrits de Voltaire ; c'est la suite de la manière de penser et de juger, que les écrits de y oltaire ont inspirée ; et tandis que la funeste collection desesOEuvres restera entre les mains de la nation , j'aurai le courage de le dire ; tandis qu'elle restera entre les mains de la nation, jamais on ne verra renaître l'esprit de religion.

Bien des gens seront surpris de la hardiesse du jugement que je porte. Je le comprends; j*en vois les suites , et je ne m'en épouvante pas. Les philosophes, les homnies qui ne sont chrétiens qu'à demi , les âmes fortes qui se sont garanties de la contagion philosophique de ce siècle , porteront aussi leur jugement sur mon ouvrage.

" Les philosophes et tout ce qui tient à la secte des philosophes, n'en parleront qu'avec mcv pris, ils le rejettergnt avec dédain j ils le traî-

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tero&t d'écrit fanatique. Hais doit-on s'attendre à un autre jugement de leur part? Ne sait^gir pas qu'ils traitent de fanatisme tout ce qui ezr^ prime le respect pour la reKgion , et tout ce qm vient du zèle de la religion?

Les demi-chrétiens , c'est-à-dire , ceux qui n^ sont ni assez pervers pour adopter tous les principes philosophiques, ni assez courageux pour ne jamais rougir de FEvangîle, désapprouve^ ront la vigueur avec laquelle on ose s'étever cOïitre celui qui est regardé comme le plus bel esprit de ce siècle ; ils accuseront le censeur de manquera la modération que la prudence exige, et que la religion même conseille ;. ils diront qu'il faut ménager les esprits et non pas les offenser, les gagner et non pas les irriter. Mais à ces médiateurs timides et politiques , ou ne répondis que par ces paroles du législateur divin : Cest être contre moi, que de ne sepasdéclarei^ pour moi '. x

Pour ces âmes de sentiments élevés, qui pe connoissent rien de plus grand que la religion, elles trouveront qu'il est beau de dédaigner toutes les considérations humaines, quand il s'agit de la soutenir et de la défendre \ elles applaudiront au courage de ceux qui osent déma»^ quer ses ennemis , faire coanottx:e le poison que' leurs écrits renfeiment, et présenteriez moyens

* Matth. a».

néces^ires pour s'en garantir ; et ce sont là les seuls suffrages à respecter, elles seuls dont rhoâime chrétien doive s'applaudir !

Religion auguste! rincrédulitë, le libertinage , les passions effrénées se sont réunis dans ce siècle pour voUs faire la guerre ; et moi je TOUS voue et vous consacre jcusqu'à mon dernier soupir, et je réunirai toutes mes forces et mes sentiments pour vous défendi'C et vous venger. C'est là mon engagement solennel , et mon dernier testament. Le courroux et les ressenti-' ments des incrédules et des libertins ne m'ont point encore effrayé. Depuis vingt ans cjue je combats contre eux, ils ont répandu sur moi les torrents de leur fiel et de leur indignation. Mais j'en ai été bien t6t consolé pat cet oracle de Jésus-Christ : « Lorsque les mé- » chants déploieront leur haine contre vons , » qiiils vous pei'sécuteront à outrance, qvHîh » s'efforceront de vous charger de calomnies » et d'opprobres , soyez dans les transports dé » la joie , pavce que vous en serez bien dédom- » mages par les récompenses du ciel. » Et si mon nom est écrit dans le ciel , que m'importe ce que diront de moi les méchants sur la terre?

Religion auguste ! e'estpeut-e tre ici le dernier ouvrage que je consacrerai à votre défense. Que n'ai-je la foixie et les secours qui me seroient nécessaires pour entreprendre de nouveaux combats î Mais avec la grâce du Seigneui', le zèle et

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