DE LA DYSSENTERIE
Le praticien oriental dira, probablement, que cette maladie ne peut pas être traitée autrement que par la saignée et le calomel? Mais est-il bien sûr qu’il comprenne ce que signifie le mot dyssenterie ? Je ne parlerai point de son étymologie , mais j’exposerai les symptômes d’après Sydenham. — « Le malade est saisi de frissons et d’un tremblement j, auxcpiels succèdent une vive chaleur dans tout le corps. Bientôt après les gripes et les évacuations arrivent. » Qu’est-ce que la dyssenterie? une fièvre, avec augmentation de sécrétion de la surface muqueuse des intestins , au lieu de la peau. Le B.r Gu mm in g, dernièrement au service médical de la Compagnie des Indes, nous informe qu’en remontant le Nil , en 1836, il fut attaqué de la dyssenterie. Après avoir souffert pendant huit jours, avec des intervalles rémittents il se regardait comme perdu, ainsi que ses compagnons, attendu qu’il n’avait pas de sangsues avec lui. En désespoir de cause, il se fit éponger d’eau chaude ^ et il n’employa que ce simple remède (attention à
la température) avec des fomentations sur le ventre. Il prit aussi un peu de vin et d’eau qui restèrent dans son estomac, il put alors sommeiller pendant quelque temps, sa peau devint moins brûlante et il se rétablit rapidement. Une semaine après il écrivait dans son journal : — « Ma guérison est presque complète, et la rapidité de ma convalescence me conduit à comparer cette attaque à une autre tout-à-fait semblable que j’eus à Cawnpore, dans l’automne de 1829. Dans celleci, je fus saigné largement au bras, on m’appliqua cinquante sangsues au ventre , et pendant les quatre premiers jours de la maladie , on ajouta des frictions mercurielles, avec 216 grains de calomel que l’on me fit avaler. Il est vrai que je fus guéri ou plutôt que je ne mourus pas; mais je serais fort embarrassé de dire si je fus sauvé par ce singulier traitement, ou malgré lui. Ma figure était gonflée énormément, toutes mes dents branlaient dans leurs alvéoles, et, pendant six ou huit semaines, je ne pus prendre aucune nourriture solide. Ma constitution reçut alors un choc dont elle ne s’est jamais remise, et je fus obligé de prendre un congé pour revenir en Europe. Dans la dernière circonstance, le vis medicatrix naturœ fut mon seul médecin (il oubliait l’usage de l’éponge) et je suis actuellement presque aussi bien qu’avant l’attaque. Dans mon humble opinion , la pratique