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DE LÀ FIÈVRE JAUNE

Je trouve, dans le même auteur, que la fièvre jaune des îles n’est pas moins remarquable par ses rémissions périodiques et ses exacerbations , que par ses frissons et ses alternations de température , caractéristique de toutes les maladies. L’apparence jaune du malade est le simple effet, comme dans la jaunisse douce de notre climat, d’un spasme dans les conduits du fiel. La jaunisse est donc plutôt un symptôme qu’une maladie, puisqu’elle résulte d’un spasme qui se développe dans le paroxisme fébrile. On me dira peut-être : — « Mais vous ne voudriez pas administrer de la quinine ou du quinquina pour guérir de la jaunisse? » Pourquoi pas? Je peux citer une centaine de cas où j’ai guéri cette maladie avec l’un ou l’autre de ces médicaments. Le D.r Madden rap-

porte lui-même une guérison obtenue par la quinine. — « Si le gentleman eût été saigné, dit-il, selon l’habitude du pays, il est probable qu’il serait mort, ou, s’il avait vécu, il aurait eu certainement à combattre , pendant sa convalescence , avec une constitution débile et une diathèse hydropique. »

Avant mon départ pour les Indes-Orientales, où j’ai servi, pendant cinq ans, comme médecin dans l’armée, j’avais lu l’ouvrage du D.r James Johnson, sur les maladies des climats des Tropiques. Imbu de ses doctrines, je mis à l’épreuve son traitement sanguinaire et ses petites doses de calomel. Mais bien loin de confirmer ses assertions, ma propre expérience m’a conduit à adopter des conclusions à peu près semblables à celles du D.r Madden. Le capitaine Owen, de la marine, qui ne pouvait avoir aucune théorie à défendre , ni aucun intérêt particulier à servir, donne aussi de nombreux détails sur la mortalité qui eut lieu parmi ses gens , lorsqu’il était employé à faire lever le plan de la côte d’Afrique. — « C’est une question digne d’être examinée, dit-il, que de s’assurer si la perte des hommes ne doit pas être attribuée au traitement pratiqué par les médecins européens la saignée et le calomel étant décidément les ennemis les plus meurtriers dans un climat tropical. Pendant tout le temps de la durée de la fièvre , nous n’avons pas eu un seul rétablisse-

ment parfait après l’usage de la saignée et du mercure. » Le capitaine Owen ajoute qu’il s’était tiré d’affaire, sans le secours de ces deux terribles remèdes , tandis que le médecin du vaisseau luimême devint la victime de sa propre croyance. Il se fit saigner, prit du calomel et mourut !

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