DE L’HYDROPISIE
Comment pourrait-il exister une surabondance morbifique d’une sécrétion quelconque, sans un changement correspondant de température? Celui qui analysera avec soin cette maladie , trouvera que les mêmes frissons qui précèdent la transpiration dans la fièvre, sont les précurseurs de la tuméfaction du ventre et du gonflement des j ambes. On peut donc appeler l’hydropisie , une fièvre , avec transpiration interne . Que ce soit une maladie rémittente, rien n’est plus clair d’après la diminution du gonflement à certaines époques, sans parler des espérances du malade et du médecin , dans ces jours où une amélioration semble apparaître dans tout le corps. Comment donc traiter cette maladie? Non pas selon la pratique moderne , avec des sudorifiques et des diurétiques
seulement, mais par une combinaison et une alternation de ces remèdes avec ceux d’une efficacité reconnue dans le type le plus parfait de toutes les affections : la Fièvre. Je pourrais citer une centaine de guérisons obtenues en suivant cette méthode; mais à quoi bon ? mon récit ne ferait que démontrer les symptômes de la fièvre , avec effusion de fluide dans les cavités ou substance cellulaire , au lieu d’une transpiration par les pores ; et les remèdes, comme de raison, seraient la quinine., l’opium, l’arsenic, l’acide hydrocyanique combiné ou alterné avec la créosote , l’ipécacuanlia , le colchique , le mercure , etc. Quelles autres preuves faut-il de l’unité de toutes les maladies? Le payeur-général des Royales eut une hydropisie qui, malgré le traitement d’usage, devenait plus grave de jour en jour. Le D.r Stephenson, du 13. e dragons, suggéra l’application , sur les reins , de cataplasmes de Lichen vulgaris . Dès ce moment, le malade devint mieux et ne tarda pas à être guéri. Or, tout le monde se figura qu’il y avait quelque chose de magique dans le lichen; mais M. Brady, chirurgien du régiment, pensa que la guérison provenait bien plutôt de la chaleur > que des vertus de la plante, chaleur occasionnée par le cataplasme. Il se décida donc à faire emploi du même moyen dans une autre occasion semblable, et l’application d’un cataplasme de riz confirma ses conjectures par le succès ob-
tenu. Depuis que je pratique dans ie monde, j’ai souvent employé, avec avantage, les cataplasmes aux reins ; et j’ai réussi, dans des cas qui avaient résisté à tous remèdes internes, avec des emplâtres de poix, de galbanum, etc.