‹ Erreurs dévoilées des physiciens modernes dans l'explication des phénomènesChapitre 11 sur 37 · O" ERREURS DÉVOILÉES · texte numérisé non relu

O" ERREURS DÉVOILÉES

du néant ; tout de même que la lune et les planètes qui sont opaques, n'ont pas été formées de la terre et encore moins de Télher. mais faites de rien ainsi que notre globe, (i)

Si le hasard avait présidé à la formation de la lumière , elle n'aurait eu nécessairement qu'une seule manière d'exister. Mais Dieu voulant prouver qu'elle était l'ouvrage de sa toute-puissance , lui a donné, comme à toutes les autres parties de la matière , plusieurs propriétés très-distinctes et même quelquefois opposées entre elles. En effet, tantôt la molécule de lumière est lumineuse ou éclairante, et tantôt elle ne peut pas être distinguée de la plus profonde obscurité. Dans tel cas elle nous peint exactement les objets qui nous environnent, et dans tel autre son crajon fidèle ne peut pas les dessiner. Enfin elle est tour-à-tour lumineuse et obscure. Ces qualités opposées semblent au premier coup d'œil impliquer contradiction ; mais c'est en cela même qu'éclate la prévoyance du souverain Ouvrier , et toute la grandeur du bienfait qu'il a accordé aux humains. Si les files des molécules de lumière étaient lumineuses par elles-mêmes , leur ensemble formerait un océan de clarté qui blesserait nos regards , et nous empêcherait de distinguer aucun objet. Mais Dieu , voulant que la lumière éclairât nonseulement Thomme dans ses travaux, mais encore qu'elle lui servît de voile quand il voudrait se

(i) Nota, l.a sainte Ecriture , dans un récit simple, clair , lumineux et composé de peu de paroles , nous enseigne plus de vérités sur le principe des choses, que n'ont pu le faire , depuis des siècles , tous les pliysiciens , astronomes et géomètres philosophes, même avec l'appareil imposant de l'a'gèbre et des mathématiques ; sciences qui n'ont pas su encore leur faire entrevoir ce que c'était que la lumière; mais qui, par compensation, leur ont fait enfanter péniblement tant d hypothèses absurdes ou insensée» sur 1 origine du monde.

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délasser dans les bras du sommeil et jouir d'un doux repos , a tempéré cet éclat qui n'aurait pas été proportionné à la faiblesse liumaine, en refusant à ces files de luire par elles-mêmes. Elles n'ont donc que la propriété de transmettre la clarté ou les couleurs reçues , mais d'une manière si fidèle, qu'elles ne confondront point les rayons dont elles sont le véhicule ; qu'elles n'altéreront point les nuances , mais qu'elles les feront passer au-delà pour en peindre la vraie image. Leurs molécules peuvent donc être à-la-fois illuminées ou colorées en plusieurs endroits de leur circonférence pour former autant de rayons, en laissant toutefois dans l'obscurité les parties intermédiaires. De là vient qu'un rayon de lumière peut traverser de part en part une grotte obscure sans éclairer son intérieur; et quun rayon , qui vient de 1 orient, poursuit sa route vers l'occident; tandis qu'un autre, qui arrive du midi, peut tendre vers le nord, en passant par la même molécule, sans qu'un rayon puisse nuire à l'autre. Par rayon, je n'entends pas ici proprement un corps , mais la manière dont la file des molécules de lumière peut être éclairée.

Ces molécules de lumière seront-elles toujours obscures quand elles ne communiqueront pas avec un corps lumineux ? Point du tout. Elles deviendront brillantes et éclairées , sans intermédiaire , lorsque leurs bases se toucheront et qu'elles s'arrangeront autour d'une autre lumineuse pour composer un globule dont celle-ci formera le noyau.

Dans leur état le plus ordinaire , ces lumineuses ne peuvent adhérer les unes aux autres que par l'extrémité de leurs atmosphères ; parce que celles-ci , tendant à conserver leur expansibilité , ne sauraient se réunir entièrement. ]Mais s'il afflue

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sur ces molécules de lumière une plus grande quantité de corpuscules ignigènes que n'exigent les pores où elles sont placées , ce qui arrive également quand elles recouvrent momentanément la liberté dans la décomposition d'une substance enflammée ; alors les couches de l'atmosphère des lumineuses, se condensant à l'instar de celle des opaques des corps liquides non diaphanes , s'attirent et s'unissent dans ce moment. C'est donc à l'instant de cette union parfaite que paraît la flamme d'un corps qui brûle; mais celte union et cette clarté ne dureront qu'autant que ces lumineuses continueront de recevoir de nouvel ienigène qui puisse conserver , dans cet état de densité , les diverses couches de leur atmosphère ; car si celle-ci cesse de recevoir , il faut qu'elle perde. Et véritablement toutes les molécules de lumière qui occupent les pores de l'air et des corps environnans, ainsi que les opaques de plusieurs substances, tendent à enlever cet ignigène surabondant , jusqu'à parfait équilibre : les métaux sont surtout dans ce cas, ce qui est cause qu'ils s'échauffent plus facilement , même au soleil , que les autres substances.

La flamme est donc un composé des lumineuses qui se sont unies ensemble pour former des globules plus ou moins gros et plus ou moins parfaits. Voilà pourquoi la flamme ne se divise point , lors même que le vent qu'on excite lui fait changer de position. Elle tend à s'élever, parce que les lumineuses, comme plus petites, sont moins pesantes que les molécules de l'air atmosphérique. Sa hauteur est renfermée dans de certaines bornes, parce que ces lumineuses sont obligées de se séparer, en perdant rapidement la quantité surabondante de l'ignigène qui leur donnait une qualité attractive. Enfln la flamme

n'adhère au corps qui brûle , que par les lumineuses qui sortent du corps enflammé , et qui remplacent celles qui, en s'élevant, se sont séparées comme nous venous de le dire.

La flamme se peint aussi de plusieurs couleurs suivant la quantité et la disposition des lumineuses autour de celle qui doit former le noyau ; mais le blanc vif résulte du plus grand nombre et de la réunion la plus intime.

L'attraction existante entre les molécules de lumière qui composent la flamme a lieu également à l'égard des lumineuses d'un corps incandescent; tels sont les charbons, les métaux et les autres substances quand elles sont embrasées ; mais ici le phénomène a une marche presque opposée. Ce ne sont plus des lumineuses qui , mises en liberté , se réunissent ; au contraire , celles qui sont dans les pores du corps qu'on soumet à l'action du feu, demeurent fixes, et se formant alors une atmosphère plus étendue et plus comprimée aux dépens de la substance inflammable qui se décompose, attirent les lumineuses de celle-ci ou de Tair ambiant, pour constituer dans ces mêmes pores un globule plus ou moins parfait ; et de sa parfaite sphéricité naîtra un éclat vif comme celui de la flamme la plus éclatante. Tant que les lumineuses conserveront leur atmosphère empruntée, cet éclat subsistera; mais il s'anéantira si celle-ci revient à son état ordinaire. Car les lumineuses qui composent ce globule étincelant , venant à perdre l'ignigène surabondant , seront repoussées par l'atmosphère des opaques , en même temps qu'elles reprendront leur première élasticité , et se soulevant comme de petits ballons , s'éloigneront de la lumineuse qui les a attirées. Par- là ce brillant globule se désunira et son éclat disparaîtra. Or c'est ce qui

arrive en peu de temps aux métaux , et surtout aux autres corps qu'où fait chauffer jusqu'à Tiucaudesceuce , et auxquels on soustrait ensuite l'ignigène. Si !e bois et le charbon embrasés paraissent faire une exception à cette règle, c'est que leurs opaques en s'oxidant ou se réduisant en cendres, fournissent aux lumineuses de celles qui sont au-dessous , l'ignigène dont elles ont besoin pour demeurer unies. Si celte oxidation cesse d'avoir lieu , ou si elle se ralentit, les molécules de lumière groupées se désuniront par la raison que nous avons dite , et le charbon ou le bois s'éteindra. Au reste la couleur rou£:e du charbon ou des métaux pénétrés de feu, indique que l'agrégation des lumineuses y est moins parfaite que dans la flamme et lincandescence.

On a souvent lieu de remarquer que certaines substances brûlent plus facilement et plus promptement que d'autres. Et pourquoi? C'est que l'ignigène qui entoure les opaques de ces corps combustibles, adhère moins à ses bases; et que cellesci ont alors plus de tendance à lâcher cet ignigène pour prendre l'oxigène de l'air; tandis qu'à l'égard des métaux et autres substances qui ont une forte attraction pour leurs particules atmosphériques, on a tant de peine à les brûler ou à les décomposer en les soumettant au feu d'un fourneau.

Par le parfait équilibre dont j'ai parlé précédemment , il ne faut pas entendre une égale quantité de particules atmosphériques répandues autour de toutes les lumineuses, mais celle qui leur est nécessaire pour occuper le poste où elles se trouvent.

Les bases des corps diaphanes , lorsque ceux-ci sont colorés, perdent un peu de leur force répulsive par rapport aux lumineuses , à proportion que leur couleur est plus obscure, c'est-à-dire , à

proportion qu'elle descend du ronge au violet et surtout au noir. Or cela facilite à ces opaques le moyen de se rapprocher davantage les unes des des autres, et de resserrer leurs pores pour former des corps de plus en plus opaques , quoique conservant même l'état liquide s'ils en sont susceptibles. En effet, c'est ce qui rend l'encre si peu diaphane; parce que ses opaques , étant moins repoussées par les lumineuses , se sont un peu rapprochées entre elles , de manière que chacune de leurs rangées se trouve à peu près vis-à-vis une rangée de ces lumineuses ; et cette disposition , interrompant les files de ces dernières , les empêche de transmettre au-delà la clarté reçue et par conséquent l'image des objets. Mais ce fluide deviendrait transparent , si l'atmosphère de ses bases , changeant de forme , d'étendue ou de nature , permettait aux lumineuses de former des files non interrompues.

Ce que je dirai bientôt du son et de la transparence prouvera de plus en plus que la lumière ne parvient jusqu'à nous ni par émission , ni par pression , ni par vibration, ni par ondulations.

Fausses notions des Chimistes modernes sur la Lumière.

On ne peut se dissimuler que , malgré leurs brillantes expériences par lesquelles ils développaient tant de chaleur et de clarté , les chimistes modernes n'ont pas mieux connu que les physiciens et les astronomes la nature de la lumière et du calorique. D abord on les voit en suspens entre l'opinion de Newton qui fait venir la lumière du soleil et des étoiles, et celle d'Euler qui la fait consister dans l'ébranlement ou les vibrations d'un certain fluide rare qu'il place dans 1 espace, et auquel la célérité du mouvement de ces astres

communiquerait une extrême rapidilé ; ensuite Monge , dont Fourcroy préconise l'iiypothèse , supposa que « le calorique et la lumière sont pour » ainsi dire deux états ou deux modifications du » même corps, le feu lui-même. » D'après cette hypothèse fort à peu près la même que celle enseignée par Nollet dans la section première de sa quinzième Leçon , « le feu se dégagera et se » montrera comme chaleur quand il sera chassé « doucement ou lentement des corps dans la com- M position desquels il entrait ; il brillera comme » lumière, quand il sortira brusquement des com- M posés , quand il s'élancera très-comprimé de » leur sein , quand il aura reçu un mouvement » accéléré. »

Ainsi « le calorique pourra devenir lumière , » et la lumière calorique réciproquement ; il )) suffira pour cela que le premier prenne plus M de rapidité dans son mouvement , et que la >j seconde se ralentisse, (r)

Les chimistes n'avaient d'abord regardé cette opinion de Monge que comme une simple hypothèse ; mais bientôt ils ont fini par la recevoir comme une vérité certaine ; car suivant eux , « tous les faits de physique et de chimie se réu- ^> nissent aujourd'hui pour prouver que la lumière » et le calorique ne sont qu'un même corps dans » leur état de combinaison surtout. » (2)

Ce sera donc par un mouvement plus ou moins rapide qu'une substance pourra devenir calorique ou lumière? Mais comment a-t-on pu imaginer une si fausse hypothèse? C'est, disent quelques physiciens qui se traînent servilement sur les pas des chimistes modernes, c'est parce que certams

(0 Voyez Système des connaissaaces chimiques, tom. I. ii°' 24 et a5 , pag. i'i%.

(î) Ibid. pag 142 , u» 7.

corps lumineux échauffent , et que d'autres ne font qu'éclairer.

On voit bien ici clairement que les uns et les autres ignorent absolument la nature de la lumière et du calorique, puisqu'ils ne savent pas encore que la lumière, toujours la même, se comporte néanmoins différemment selon l'atmosphère dont ses molécules sont entourées , et qui est tantôt toute iguigène , tantôt toute oxigène, et tantôt enfin mélangée d oxigène et d'ignigène; ce qui forme tiois principales variétés d'une même substance dont les bases ne changent pas. Ainsi l'on voit que le calorique ne saurait devenir lumière, ni celle-ci calorique.

Pour que l'état de chaleur ait lieu , il faut que l'ignigène , qu'on nomme calorique, s'échappe des bases qui le retiennent. Vient-on à comprimer un gaz quelconque, par exemple, on rapproche par ce moyen ses molécules-bases, et par conséquent l'on rétrécit les pores qu'elles forment par leur réunion. Or, j'ai déjà dit que dans chacuQ de ces pores , ainsi que dans tous les pores des autres substances, il existait une molécule de lumière qui, pouvant augmenter ou diminuer son atmosphère ignigène , devenait de cette manière le canal ou le véhicule naturel du calorique. Donc, par le rétrécissement de ces pores, les molécules de lumière ne pouvant conserver toute l'amplitude de leur atmosphère, sont forcées d'en lâcher une portion plus ou moins grande qui , en se portant successivement sur les corps voisins , leur communique, si elle est assez sensible, ce qu'on appelle chaleur : mais comme ces lumineuses restent encore isolées dans leurs postes , il n'y a pas de lumière ostensible. Il en arrive de même quand on écrouit des métaux : on resserre leurs pores , on chasse une partie de l'atmosphère

ignigène des molécules de lumière qui y résident, et l'on produit ainsi de la chaleur sans lumière ; car on doit se rappeler que j'ai démontré que les molécules de lumière ne devenaient éclairantes que lorsqu'elles se rassemblaient autour d'une molécule de la même espèce pour former des globules plus ou moins parfaits.

La clarté et la chaleur se manifestent à la fois quand les gaz ou autres substances en se décomposant laissent momentanément en liberté, nonseulement les molécules de lumière qui, se réunissant, comme je viens de le dire, deviennent visibles; mais encore l'ignigène qui forme leur propre atmosphère ; lequel se portant en partie sur les corps environnans, élève leur température, ou procure leur combustion et leur fusion , s'ils en sont susceptibles.

Voilà comment la lumière peut être accompagnée de chaleur; mais ce n'est plus de même lorsque les molécules de celte lumière ostensible n'ont pour atmosphère que l'oxigène, et que de la part des opaques il n'y a aucun dégagement d'ignigène. C'est ainsi que la matière lumineuse qui brille dans les vers-luisans et autres insectes phosphorescens , ne brûle point l'animal ; car non-seulement l'atmosphère des molécules de cette matière est tout oxigéne , mais de plus elle est fixe à l'instar de celle des opaques des autres substances. On conçoit bien que ces lumineuses avaient auparavant l'ignigène pour enveloppe atmosphérique, et qu'elles l'ont quitté pour l'oxigène dans l'animalisation ; et qu'enfin , comme dans toute substance concrète ou liquide, il se trouve aussi dans leurs pores une lumineuse à atmosphère ignigène ; ce qui est particulier à toute matière lumineuse par elle-même qui n'aurait pas une atmosphère ignigène.

La lumière renfermée dans certains diamans lumineux, s'il en existe de semblables, appartient à la variété dont nous venons de parler; parce qu'elle a aussi l'atmosphère oxigéne. Or, cette dernière atmosphère ne saurait les rendre brûlans. Il en est de même de la matière brillante du soleil et des étoiles; elle n'est point chaude par ellemême : elle ne peut donc ni échauffer, ni brûler le noyau terreux qu'elle recouvre, parce qu'elle n'a aussi que l'oxigène pour l'enveloppe de ses bases. Mais , dira-t-on , le soleil échauffe et brûle ici -bas. Oui, mais c'est que disposant, par sa très-grande clarté , les lumineuses des substances, et souvent les bases de ces mêmes substances sur lesquelles il se réfléchit, à s'approprier plus de particules ignigènes qu'elles n'en ont dans leur état naturel , il élève de cette manière leur température ; et quelquefois de telle sorte que ces substances, si elles sont combustibles, finissent par s'embraser en faisant troc, en dernier lieu, de leur ignigène , soit naturel, soit acquis, pour l'oxigène; mais cela ne veut pas dire que la matière lumineuse du soleil et des étoiles, soit ellemême brûlante comme celle d'un volcan.

La matière électrique , dans l'état de repos, ou d'un cours non interrompu , ne manifeste pas plus de chaleur que celles des vers phosphorescens ; parce qu'elle n'a pas le seul ignigène pour l'enveloppe de ces bases. En effet, est-elle sédentaire sur un corps, un tube ou un plateau? renfermée dans la bouteille de Leyde ? glisse-t-elle en forme de globule lumineux le long d'un conducteur continu? dans tous ces cas, elle ne doit point faire monter le thermomètre ; parce que l'atmosphère de ses bases est fixe dans ce moment, et qu'elle est composée d'oxigène et d'ignigène à la manière de plusieurs substances. Si elle produit

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fUvers effets chimiques sur lés corps , ce n'est qu'en y arrivant en masse considérable , ou en y parvenant au moment qu'elle se réunit en globule; car dans ces deux états d'agglomération , elle leur donne ou leur ravit soit l'oxigène , soit Tignigène, selon qu'elle a plus d'affinité, dans cet instant, avec l'un ou l'autre de ces deux principes atmosphériques.

Ainsi il est évident, d'après ce que nous venons de dire , que la molécule de lumière , "proprement dite , ne peut pas voyager ; puisque dans son état le plus naturel elle occupe les pores de toutes les substances ; qu'elle ne saurait être composée de plusieurs rayons joints ensemble , puisqu'elle forme dans ces pores un tout unique avec son atmosphère ; qu'elle ne consiste pas en certaines vibrations , puisqu'elle est nne vraie matière ; et qu'enfin elle ne doit pas être confondue avec le calorique , puisque celui-ci est une autre matière très-distincte , destinée à former son atmosphère dans son état le plus ordinaire.

Ce que je viens de dire me dispense de parler des prétendues ondulations de la lumière , imaginées par Huyghens et renouvelées de nos jours par quelques physiciens , pour démontrer par quel moven la lumière parvenait jusqu'à nous. Dans cette hypothèse, par laquelle on prétend expliquer tous les phénomènes, on est obligé de supposer toujours que la chaleur et la lumière sont identiques , ce que nous venons de reconnaître être faux; et d'admettre l'existence d'un prétendu éther, fluide, selon eux, éminemment subtil et élastique , universellement répandu , variant de situation et d'intensité, et n'étant pas toujours en équilibre dans les corps, et surtout distingué de l'air et de la lumière, mais qui, recevant les vibrations de celle ci , les propage de tous cotés

DES PHYSICIENS MODKRNES. 8 f

par ses ondulations f^i). Ce ne sera donc plus la lumière qui nous éclairera ; l'élher seul exercera cette noble fonction. Mais cet éther sera-t-il celui qui est au-delà de notre atmosphère et qui en est la continuation? Non : c'est un être fantastique imaginé pour rendre raison de ce qu'on ne comprend pas. Mais quoi! au moyen de ces suppositions gratuites tout sera-t-il expliqué, toutes les difficultés sur la lumière et la chaleur résolues? Ou le prétend. Cependant on est forcé d'avouer ensuite ,que « la théorie chimique de la combi- » naison du calorique avec les corps est nécessai- » renient modifiée dans ce système , puisque ce » n'est plus l'accumulation , mais seulement les » mouvemens du fluide éthéré qui produisent la » chaleur, foi) » Mais, ajoute-ton, est-ce là une raison pour rejeter cette hypothèse? Hé non , sans doute, si elle plaît à ces physiciens, et qu'elle leur procure l'agréable satisfaction de briller par des calculs fondés sur des causes et un éther imaginaires? Cela ne suffit-il pas? Car qu'importe le vrai, diront certains philosophes, si l'on peut se rendre célèbre avec des notions erronées ?

De la Transparence et de l'Opacité.

J'ai déjà démontré que toutes les molécules propres des corps étaient opaques ; qu'étant arrondies, elles laissaient dans leur réunion de petits vides ou pores toujours occupés par une molécule de lumière ; que celte dernière molécule était seule diaphane, c'est-à-dire qu'étant éclairée, elle communiquait , au côté opposé , la clarté reçue, sans qu'il y eût ni pression, ni ondulations, ni vibrations, ni émission. Or, lorsque

(•) Voyez le Mannel de Physique, qui est comme le répertoire des opinions pliviiques qui dominent le plus en ce moment. {%) Voyez le Manuel de Physique, pag. i65.

Sa ERREORS DÉVOILÉKS

ces pores sont droits et disposés en tous sens, les lumineuses qui y sont logées forment aussi des files droites qui , n'étant point interrompues , transmettent, à l'œil l'action des corps ou lumineux ou éclairés. De là la transparence.

Mais lorsque les pores d'un corps ne correspondant plus les uns aux autres, les lumineuses n'y composent plus que des files plus ou moins obliques , le corps a de l'opacité , parce que ses molécules constituantes, qui sont réellement opaques , se trouvant fréquemment vis-à-vis de ces lumineuses, celles-ci, quoique illuminées, ne peuvent plus transmettre leur clarté à leurs semblables qui sont au-delà, parce que ces opaques leur opposent une barrière impénétrable ; et l'opacité de ce corps sera d'autant plus grande , que l'union de ses molécules constituantes sera plus parfaite.

Pour expliquer le phénomène de la transparence. Newton, et ceux qui suivent sa doctrine, n'ont émis que des opinions dont la fausseté se décèle elle-même.

En effet, comme la clarté est transmise dans toutes les directions possibles , par un corps transparent , tel que le verre, ils prétendent que les distances entre les molécules d'un tel corps sont incomparablement plus grandes que leurs épaisseursfi); et voilà pourquoi ils avancent que les molécules des corps ne se touchent point par un contact immédiat. On voit bien ici que nos physiciens ne prennent pas la peine de digérer leurs idées ; car si les distances entre ces molécules

(i I Voytz Haùy, Traité élémentaire de physique, u"" H99 de la a*édif.,t-t to57 df la 3* Le Dième auteur rapporte, ij°'8'jet86, mêmes édit. , uue idic de l'auleiiide la Mécanique céiesl«; laquelle consis'e à supponi ajx mulécu.'e» des corps ces très- grande» distances.

DES PnYSICIE^'S MODERNES. 83

isont telles qu'ils le pensent, et si celles-ci ne se touchent pas immédiatement dans aucune substance, il ne saurait y avoir aucun corps compacte dans la nature; et tous doivent être compressibles comme les fluides élastiques.

Mais à ces grandes distances supposées gratuitement entre les diverses molécules pour expliquer la transparence , ces physiciens peuvent encore ajouter, d'après Newton, que ces molécules sont véritablement transparentes (i) ; c'està-dire qu'elles doivent être criblées de pores ; et que par ce moyen elles livreront passage à la lumière qui parvietit sur les corps. Eu effet, pour que des rayons qu'on prétend se mouvoir avec une vitesse incompréhensible, puissent se fraver une route à travers ces molécules, il faut qu'elles soient percées à jour de toutes parts. Mais comment ces rayons ne s'embarrasseront-ils pas dans leur course rapide en pénétrant de tous côtés dans ces molécules? C'est une question que les Newtoniens n'ont pas encore résolue. ^lais poursuivons:

« Les jDarticules des corps transparens, limpi- » des, et sans couleur, disent-ils encore, sur- » passent en ténuité la pliis petite épaisseur qui » soit capable de réfléchir la lumière, et en con- » séquence les rayons qui pénètrent les molécules » situées à la surface sont transmis. » (i)

Mais qui ne voit que quelque petite que soit une particule, elle doit s'opposer au passage d'une

(l) « Voici maintenant , dit encore M. Haiiy, n° 996 de la a* édit. , et n° 11 62 de ia 3^, le» conséquences que IS'ewton a déduites de toutes ses observarions relaiivement à la coloration des corps. Les particules de ces corps , même de ceux que nous appelons opaques , sont réellement transparentes. Ce que j'ai déjà dit,denoontre que cette opinion de Newton est une véritable absurdité. La suite fera voir ce qui y a donné lieu,

(a) Haùy, même ouvrage, n°' 1009 de la a« édition, et 11 65 de la 3<.

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autre parlicule , à moins qu'elle ne soit expulsée de sa place. Or , c'est ce que ne prétend pas Newton. Donc si celte particule, étant fixe, la lumineuse passe au-delà malgré l'obstacle opposé, il faut que celle-ci se partage; ce qu'on a déjà vu n'être pas possible , puisqu'elle est indivisible. Ainsi il est facile de s'apercevoir que toutes ces idées systématiques se contredisent , surtout après que le newtonien Smilh a avancé que toute la lumière existante entre Saturne et le Soleil ne contient pas autant de matière qu'un pied cubique d'air ij. Car si cette lumière est si déliée, ses molécules seront nécessairement plus petites que celles des corps transpareiis, comme elles le sont réellement; et par conséquent ces dernières pourront toujours réfléchir une molécule de lumière qui les rencontrerait ; à moins que Newton ou ses disciples ne croient que celle-ci peut être tout à la fois plus grosse et plus petite; ce qui serait certainement merveilleux.

« Pour qu'un corps soit transparent , il suffit, 5) selon d'autres partisans du géomètre Anglais, 3) que les intervalles qui séparent les molécules » dont ce corps est formé, soient remplis par un » milieu de même force réfringente ou densité ^ » que ces molécules (i) ; et que plus la densité » des molécules d'un corps approche d être égale à >» celle du milieu qui sépare ces molécules , plus le » corps doit être transparent , et conséquemment » que sa transparence serait parfaite , s'il existait » une exacte égalité entre la densité du milieu qui » sépare les molécules d'un corps et celle de ces » mêmes molécules, c est-à-dire ^ si le corps était » homogène et absolument dénué de pores (3). »

(i) Voyez Paulian , Diction, de physique, art. Vuide.

(%) Voyez Libes,Tr. complet et cK'Oi. de Pbys. , tom. 3, p. JijS.

(3) Ihid pag, i/|6, u" i537.

DES PHYSICIENS MODEREES. 8')

Et ailleurs , ils ne veulent pas que la transparence dépende de la disposition rectiligne des pores d'un corps par lesquels la lumière se puisse communiquer; « puisque , disent-ils , des corps très- » durs et trés-denses , tels que le diamant , offrent » un passage libre au fluide lumineux; tandis que » des corps très-poreux, tels que le liège, jouis- » sent du privilège de l'opacité, (i) »

C'est pour tout ramener au système de Tattractîon newtonienne, que nos physiciens, qui croiraient se fourvoyer dans leur route s'ils ne s'accrochaient obstinément à la ceinture du savant Anglais, se sont plu à adopter ces fausses explications; mais ils démontrent par-ià qu'ils ignorent tout-à-fait la nature des substances ; qu'ils ne savent point distinguer entre pores et pores ; c'est-à-dire qu ils ne voient pas que ceux d'une substance criblée de trous, telle que le liège ou l'éponge, proviennent de la séparation réelle de quelques-unes de leurs molécules constituantes; tandis que dans le diamant, les pores inaperçus, parce qu'ils sont ])lus petits que ses molécules propres , ne sont formés que par les vides laissés naturellement par la jonction de ces dernières. C'est donc faussement qu'ils s'imaginent que cette pierre précieuse pourrait devenir obscure, si elle avait des pores; et que plus le corps sera opaque, moins le milieu ou la matière , qui sépare les molécules les unes des ajitres , devra avoir de densité ; puisque cette matière est la même pour toutes les substances, solides, liquides ou fluides élastiques; c'est-à-dire la seule molécule de lumière entourée de son atmosphère ignigène, plus ou moins étendue , suivant la rareté , la densité et la nature des diverses substances.

(i) Ibid. pag. i44, n» i5'34.

86 EBRELRS DÉVOILÉES

La cause principale de ces fausses explications, c'est qu'on s'obstine à regarder la lumière , non comme fixe dans les corps, mais comme un fluide émanant du soleil , et dont les rayons lancés par cet astre se fraient un passage facile au travers des molécules par l'attraction que celles-ci exerceraient sur eux ; et qu'enfin on n'a jamais pensé que toutes molécules quelconques sont parfaitement arrondies, et puis jointes ensemble dans les corps solides par le moyen de leurs atmosphères , et que ces mêmes molécules laissent, comme je viens de le dire , des porcs imperceptibles , toujours occupés par une molécule de lumière , et disposés en lignes droites dans les corps diaphanes, mais en lignes coupées ou interceptées dans ceux qui sont opaques.

La manière dont Newton et ses copistes ont entrevu la transparence est, comme on voit, des plus curieuses; car, selon eux, il faut tantôt que les distances entre les molécules des corps soient incomparablement plus grandes que leurs épaisseurs; tantôt que ces molécules soient réellement transparentes ; ensuite qu'elles surpassent en ténuité les rayons mêmes de la lumière ; enfin que les intervalles ou les pores qui séparent ces molécules soient remplis par un milieu dont la densité approche de celle de ces molécules; et ce milieu consistera en certains merveilleux fluides subtils, plus ou moins denses suivant le besoin, et qu'ils ont inventés à plaisir pour rendre raison de cent phénomènes qui passent la portée de leur génie philosophique.

Nota beiie. H convient de donner des preuves de ce que je viens de dire ; car peut-être on ne le croirait pas.

a L'existence de ce fluide (subtil), dit M.Brisson , » dans son Dictionnaire raisonné de Physique ,

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» 26 édit. , article Matière subtile , est avouée par » tous les philosophes : Descartes l'a admis sous » le nom de premier élément... Newton , ce grand M philosophe, qui avait le plus besoin du vide, l'a » cependant admis ; et tout bon physicien doit Vad- » mettre. Il lui a donné le non à'Éther^ et Ta » supposé 700000 fois plus rare et en même temps M 700000 fois plus élastique que Tair que nous » respirons. C'est au moyen de ce fluide qu'on peut V rendre raison d'un grand nombre de phénomènes » qui seraient inexplicables sans lui. »

M. Brisson ne parle que d'un seul fluide subtil, mais, suivant le besoin, les physiciens lui donnent différentes densités , ce qui forme ainsi plusieurs fluides subtils. Aussi , M. Haûy , dans son Traité élémentaire de Physique , n" 997 de la ae édition , et i 1 53 de la 3<' , dit positivement que les pores qui séparent les molécules des corps « renferment différens fluides subtils : » Voilà comment nos savans , pour paraître Bons physiciens., admettent des hypothèses absurdes sans presque les examiner et les approfondir!

Il me semble superflu de dire que ce qu'on a pris pour divers fluides subtils , n'est d'abord que la molécule de lumière avec son atmosphère contenue dans les pores de tous les corps; puis les atmosphères des molécules propres de ces corps ; et qu'enfin ces atmosphères diverses , n'étant pas toujours uniformes , mais variant par rapport à leur étendue et à leur énergie , étaient la cause d'une foule de phénomènes qu'on ne sait encore comment expliquer; parce qn'on n'a jamais soupçonné l'existence de ces atmosphères et de ces molécules de lumière ainsi placées.

On voit encore que si Newton a admis l'éther, ce n'est pas celui dont j'ai fait mention , et qui est la continuation naturelle de notre fluide atmosphérique.

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Du Son , et de sa transmission.

Les Physiciens ont cru jusqu'à présent que Tair était le véritable véhicule du son ; mais les phénomènes qu'ils ont mal vus et mal expliqués , prouvent qu'ils se sont encore ici trompés; car le son se propage également à travers plusieurs substances, telles que le bois, la pierre et le fer, où l'on ne saurait soupçonner la présence de l'air. L'eau et les gaz lui livrent aussi le passage. Or si le son peut ainsi se transmettre indépendamment de l'air, ce fluide n'est pas la cause immédiate de la transmission du son. Mais du moins, dans certain cas, ne sera-t-il pas le vrai corps sonore, ainsi que différens fluides élastiques? Non ; ni les molécules propres de l'air , ni celles des corps sonores, ne donnent ni ne transmettent le son. Quelle sera donc cette cause ? les seules molécules de la lumière qui se trouvent dans les pores de toutes les substances. Ce sont ces lumineuses qui résonnent quand on frappe un corps ; ce sont encore ces lumineuses qui transmettent le son de concert avec leur enveloppe atmosphérique.

Voici quelques expériences qui viennent à l'appui de ce que je dis ici.

Si l'on souffle avec un bon soufflet sur deux tas de bois, dont l'un soit éteint et l'autre bien allumé, on remarquera que ce dernier tas rend seul un son, et que ce son sera encore plus fort si le soufflet est dirigé vers la flamme raènie. Il en sera de même d'une feuille de papier entortillée qu'on secouera dans l'air. Dans son état ordinaire elle sera comme muette, malgré l'air qui l'entoure et qu'elle frappe ; mais ell^ se fera entendre fortement si elle est enflammée. Le même phénomène se renouvellera à légard d'un gros flambeau allumé , puis éteint , sur lequel on soufflera,

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OU qu'on agitera vivement de droite à gauche et de gauche à droite. Dans tons ces cas, on observera que la flamme seule est retentissante. Cette vérité est encore rendue évidente par les effets du fusil ordinaire et du fusil à vent. Celui-ci chasse la balle en silence , et l'autre avec fracas; et pourquoi ? Parce que dans ce dernier cas la flamme accompagne la sortie de la balle , et que les molécules de lumière, qui composent cette flamme, frappent avec force celles qui sont dans les pores de l'air. Enfin l'éclat bruyant de ces globes de feu qui s'élancent d'un nuage électrique ne doit point laisser de doute que ce ne soient les molécules de lumière qui sont la vraie cause du son.

Les expériences que je vais rapporterprouveront cjue c'est aussi à ces lumineuses que l'on doit la transmission des sons.

« Un physicien étant descendu dans une des car- » rières situées au-dessous de Paris , chargea quel- » qu'un de frapper avec un marteau contre une » masse de pierre qui forme le mur d'une des » galeries pratiquées au milieu des carrières. y^ Pendant ce temps il s'éloignait peu à peu du » point où la percussion avait lieu, en appliquant » une oreille contre la masse de pierre ; bientôt il » distingua deux sous, dont l'un était transmis » par la pierre et l'autre par l'air ; mais le premier » arrivait à l'oreille beaucoup plus tôt que l'autre.

M Des corps de diverses natures, tels que des » barrières de bois et des suites de barres de fer » disposées sur une longueur plus ou moins con- » sidérable ont donné des résultats analogues, (i) »

Dans ces expériences on voit que le son enfilait deux chemins, l'un au travers de l'air, l'autre à travers les corps solides. Or, puisque les physiciens

(i) Voy. Haùy, Traité élém. de physique, n'' 479 de la a'cdit.

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sont convenus qu'un corps ne saurait faire de vibrations qu'autant que ses parties peuvent se comprimer, il est évident q>ie les molécules propres du bois, du fer, de la pierre et de toute autre substance qui , comme celles-ci , ne seront pas compressibles, ne peuvent point transmettre le son ; puisque adhérant entre elles par des contacts immédiats qui les unissent fortement , ces molécules sont incapables de faire des vibrations. Il faut donc que la transmission du son , à travers les corps compactes, soit dû à des parties qui puissent se mouvoir en liberté dans les pores de ces corps; ce qui ne convient qu'aux molécules de la lumière qui, dans les diverses susbtances ne composent pas un tout immobile; et qui, séparées les unes des autres , ne correspondent avec leurs semblables que par l'extrémité de leurs atmosphères. Or, si c'est aux molécules de la lumière que Ton doit la transmission des sons dans les corps solides, il est évident qu'elles en seront encore le véhicule dans les substances fluides et liquides.

La lumineuse concourt donc avec son atmophère à la production du son. Cette atmosphère vient-elle à être frappée, d'une certaine manière, dans quelque point de sa circonférence, le choc passe jusqu'à la molécule de lumière qui fait entendre ce qu'on appelle un son. Toutes les lumineuses , quelle que soit la nature de leur enveloppe, sont ainsi sonores; mais celles qui ont l'atmosphère ignigène , peuvent seules produire la variété des sons et les communiquer ; parce qu'il n'y a que cette dernière atmosphère qui ait une élasticité convenable; les autres molécules de lumière, qui n'ont pas une atmosphère semblable, ne doivent être considérées que comme des corps solides, mais sonores par eux-raèmes ,

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et qui choquent la lumineuse ordinaire avec un son qui leur est propre , sans modification.

La lumineuse choquée produit donc le son, et son atmosphère igmgéne le transmet. La nature de cette atmosphère facilite ce mécanisme, puisqu'elle est moins dense vers sa base que vers ses extrémités. Elle peut donc ainsi se condenser vers cette base; et c'est ce qui arrive quand elle reçoit le choc , car alors la lumineuse semble avoir changé de nature. Et véritablement elle cesse d'exercer son action expansive erivers les parties des diverses couches de cette atmosphère, opposées à celles qui ont été choquées ; ce qui est cause que les premières se précipitent sur cette lumineuse pour y adhérer à l'instar de l'atmosphère des opaques. 3Liis dans ce même instant, la lumineuse, reprenant son action expansive, repousse ces mêmes couches atmosphériques , et les oblige d'aller choquer, à leur tour, l'atmosphère des lumineuses qui sont vis-à-vis, et de répéter ainsi les effets que nous venons de décrire; et comme dans l'origine de tout choc , il y a , pour ainsi dire , un faisceau de lumineuses frappées, leur réaction se fait sentir de tous côtés; et voilà pourquoi alors le son s'étend comme des rayons qui aboutiraient du centre à la circonférence.

Nous avons vu que lorsque les atmosphères des opaques étaient en contact, et qu'elles avaient U même configuration ou qu'il existait entre elles quelque analogie, elles se confondaient, et leurs bases s'unissaient, mais il n'en est pas de même des lumineuses. Dans leur état ordinaire , leurs atmosphères, quoiquesemblables, nepeuvent point se mêler ensemble ; parce qu'elles tendent à conserver leur expansibilité. Or , c'est cette propriété qu'a J atmosphère de la lumineuse, de se conserver

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