ERREURS
MENSONGES HISTORIQIjES
MON SIEGE EST FAIT
a Donnez-moi deux lignes d'un homme, et je le ferai pendre,» disait je ne sais qui, mais à coup sûf l'auteur de cette parole, souvent citée, n'était qu'un homme à paradoxes ; car, rien de moins certain et surtout de plus inj uste que cette façon de faird le procès aux gens et de les étrangler. L'impatience ou la vivacité peut arracher à l'être le mieux doué un mot que l'on aurait cependant grand tort de tourner contre lui, pour en faire une sentence de condamnation et, qui plus est, un arrêt capital. C'est pourtant ce qui est arrivé, au siècle dernier, à l'abbé de Yertot, auteur de nombreux ouvrages historiques estimés et particulièrement d'une Histoire de V ordre de Malte, à propos de laquelle il aurait commis la boutade qui pèse encore, à l'heure qu'il est, sur sa mémoire d'érudit.
a Le mot, — dit M. Ed. Fournier (l), — se trouve, je
(l) L'Esprit dans l'histoire, ete., 3* édit., 1867, p. 296, note 1.