‹ Erreurs sociales et maladies moralesChapitre 1 sur 93 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Nous assistons depuis quelques années à de singulières mœurs en matière d'enseignement.

Dès qu'un élément passionnel a pouvoir de se glisser dans un programme pédagogique, les faits y sont déformés, par ordre supérieur, dans le sens commandé par Tintérêt de secte. La tentative demeurerait insignifiante et sans portée si elle se bornait à meubler les esprits de connaissances théoriques. Mais des conséquences morales et sociales sortent de ces falsifications criminelles. L'àme de notre pays s'y dissout et bientôt, si une réaction salutaire ne nous arrête sur la pente, la France sera rayée de la carte de TEurope.

Tant occupé soit-il, un homme de science, s'il consent à sacrifier ses distractions légitimes et à réduire ses heures de repos, a le temps de si-

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gnaler ces erreurs fondamentales. Son devoir est de le faire pour peu que son intervention coure chance de fixer quelques hésitants et de ramener les âmes honnêtes qui par perversion de jugement ou faiblesse de caractère se sont laissé enrôler dans un parti où, debout sur les traditions méconnues, les passions débridées encouragent et multiplient des expériences mortelles au pays qui a le triste courage de les adopter.

Ce livre est divisé en quatre chapitres : 1° Les Erreurs de la Science; 2° les Erreurs de l'histoire, celles-ci plus spécialement envisagées par le côté de rhygiène ; 3** les Erreurs morales et sociales résultant de l'individualisme, tel qu'il nous a été légué par les philosophes rationalistes du xvm® siècle.

Le quatrième chapitre, plus spécial, aborde un certain nombre à' attitudes ou de maladies morales mal interprétées à notre sens ou peu décrites.

Sur les anciens livres de médecine, une double appellation signalait le signataire de l'œuvre. Au dessous du nom de l'auteur, était inscrite la double qualification de médecin et de philosophe. L'influence du moral sur le physique, nos pères

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la connaissaient; il leur semblait impossible de traiter les maladies du corps sans posséder la clef qui ouvrait celles de Tàme.

L'auteur du présent ouvrage s'est efforcé de son mieux à combiner cette association de vues psychologiques et de connaissances positives que réclamait la perspicacité des anciens.

Dès les premières pages, le lecteur fera une remarque. Les différents sujets traités ne le sont pas dans la plénitude de leur développement. Dans les questions de controverse^ l'auteur n'a abordé que les lignes essentielles, négligeant systématiquement les traits secondaires d'un intérêt moins immédiat ou qui ne prêtent point matière à discussion.

Le monde moderne est pressé. Il n'a guère de temps à consacrer à ses lectures. Une substance nutritive condensée sous un mince volume tel apparaissait l'idéal alimentaire de Berthelot. La nourriture de l'esprit, plus encore que celle du corps, réclame de la discrétion dans l'abondance et de la prévision dans le choix. Au lecteur de juger si nous avons rempli les conditions de ce programme.

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