Comtesse de Noailles, Poésies
de plus conforme, en effet, à une loi naturelle et de plus légitime que le désir d'éclairer notre pauvre vie d'un rayon de soleil, bien chaud et toujours présent? Déjà, il y aune centaine d'années, la préoccupation de Stendhal demeurait opiniâtrement fixée sur un pareil dessein. Les douceurs de la sensation, la légitimité du désir, la beauté de la passion avaient trouvé en lui un délenseur d'une verve dégagée et âpre; l'honnêteté niaise et la moralité bourgeoise n'avaient qu'à bien se tenir. Il ne les ménageait pas. La seule règle de la vie, c'est la poursuite du bonheur : telle apparaît la conclusion de toute son œuvre. Ce qui fait défaut, ce n*est pas le talent de l'auteur, c'est la vérité de sa thèse.
« Une règle de bonheur, dit fort bien M. Gaultier, ne peut être autre chose qu'une série de conseils plus ou moins ingénieux pour parvenir à la félicité. Il n'y a point là trace d'obligation ^ » Et pour cause : un commandement impératif serait fort empêché, chacun, en dehors du devoir, concevant le bonheur à sa manière.
Alcibiade et Héliogabale avaient leur manière ; Verlaine et son ami Bibi-la-Purée avaient la même et encore une autre à côté. Ils buvaient comme des outres, ce que ne faisait point Alcibiade et ce que dédaignait quelque peu Héliogabale, trop