‹ Erreurs sociales et maladies moralesChapitre 64 sur 93 · Ibicl,, p. 460, note · texte numérisé non relu

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plus de puissance paternelle ; c'est tromper la nature que d'établir ses droits par la contrainte. » Je ne voudrais faire de peine à personne, mais je trouve qu'il faut avoir en soi une belle source d'admiration disponible pour ne pas trouver ce langage parfaitement impropre. L'homme, avonsnous déjà répété, ne vit point à l'état de nature; il fait partie d'un groupe social, et l'unité de ce groupe, c'est la famille.

La masse déshéritée de la nation est surtout frappée par le décret conventionnel. Comment l'ouvrier peut-il fonder un foyer? La loi de partage décrète l'impossibilité où il est de léguer à ses descendants l'intégrité du toit familial. Il faut vendre tout cela ; que reste-t-il à chacun ? L'égalité dans la misère.

La propagande actuelle contre la procréation dont nous avons parlé plus haut, cette propagande» pour abominable qu'elle soit, ne fait que presser les conséquences ultimes issues du décret conventionnel. Puisque chacun doit être misérable, que les malheureux ne voient pas le jour. La ligue pour la dépopulation recrute à son service des avo-, cats qui ont la partie belle ; ils n'ont qu'à développer par voie déductive les éléments d'un principe fiscal inscrit dans la loi.

Notre époque, avec toutes les incohérences ei les thèses saugrenues qu'elle défend, ne fait que fournir Tessor à des cohsidérations logiques. Un<

équation, mal posée à son origine, donne naissance, à mesure que se poursuit la démonstration, à une série d'équations de plus en plus absurdes. Pour reprendre pied sur le terre-plein des réalités, il faut remonter à l'équation initiale et en corriger les termes. L'amour-propre et les préventions de chacun n'accepteront pas aisément l'aveu que des formules révérées à Tégal d'un dogme ne reposent que sur des conceptions irréfléchies dans leur principe et folles dans leur application.

Le problème de la dépopulation, abordé en surface et par ses côtés secondaires, n'aboutit qu'à des solutions puériles et inefficaces.

Le remède sortira-t-il du bouleversement du Gode civil? Cela fait, il resterait encore la tâche la plus ardue : le relèvement moral des âmes. Cette seconde partie du programme réclamera, pour sa réalisation, une série de mesures tout aussi énergiques^ et allégées aussi nettement du ioug des erreurs sociales et des préjugés actuels.

Il y a quelques mois, deux médecins étaient condamnés pour escroquerie. Ils avaient porté dommage à la fortune matérielle de leur prochain. Quand on fait tort non plus à Targent, mais à la dignité et à la valeur morale de ses semblables, l'acte n'est plus repréhensible. On peut s'en donnera cœur joie. L'intérêt vital d'un pays ne tire pas davantage à conséquence. Les forces

morales d'une nation, quel estFesprit assez arriéré pour chercher à les préserver du naufrage? La marque d'un homme affranchi est de précipiter la débâcle.

La natahté de la France baisse ; en 1907, le chiffre des décès a excédé celui des naissances. Pendant ce temps, l'Allemagne accroît sa population de près d'un million d'âmes chaque année, (deux miUions de naissances; mortalité, onze cent mille, gain neuf cent mille). C'est le moment choisi pour prêcher la restriction des naissances.

Quel remède à ce danger de la dépopulation? La réforme du droit de succession, sans doute, c'est quelque chose. La suppression des impôts directs pour les familles nombreuses, la réduction de la mortalité infantile, voilà d'autres palliatifs. Les facilités de naturalisation pour les étrangers sont recommandées par quelques-uns. Ici, il y aurait à faire de grosses réserves. C'est un grand péril d'étabhr un ennemi chez soi K Aux jours de l'invasion le conquérant trouve toutes prêtes des sympathies pour l'accueillir. Les Romains, au cinquième siècle, en ont fait l'expérience et à leurs dépens.

En réalité, le seul remède est le retour aux croyances héréditaires. Il n'y a pas à dire que leur temps est passé; les plus grands des savants s'in-

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