OBSERVATION X
Hoëp/fl.
Femme de 37 ans ; amputation du sein,10 grammes de gaze iodoformée : symptômes généraux, avec troubles psychiques : apparition d’un exanthème sur toute la surface du corps. La mort arriva le 30° jour : à l’autopsie,dégénérescence du cœur, du foie el des reins.
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OBsERvATION XI.
Due à Pobligeance du Professeur Fournier.
Gerôme, mécanicien âgé de 46 ans, entre le 12 mars 1889, à l’hôpilal Saint Louis.
Antécécents personnels : impétigo el rougeole dans son enfance. À 27 ans, chancre syphilitique, plus tard divers accidents spécifiques. A Ja fin de février 1889, une ulcération de la jambe droite réapparaît au niveau de la malléole interne. Le médecin consulté ordonne un pansement avec cataplasmes de fécule et poudre d’iodeforme le 6 mars.
Le 11 mars, cautérisation de la plaie avec le nitrate d’argent.
Le 13 mars, le médecin prescrit de nouveau l'application de la poudre d'iodoforme.
Le 13 au soir, démangeaisons au scrotum, grattage réiléré. Badigeonnage à la glycerine. À ce moment, à la partie supéro-interne des cuisses, à la partie inférieure et antérieure de l'abdomen, à la verge et au scrotum, aux jambes et aux cuisses, on voit une éruption érythémateuse-en nappe, trèsprurigineuse.
Le repos au lit détermine un augment des démangeaisons. Dans la nuit du 14 au 15, application d’un cataplasme de fécule. Le 15 l’éruption s'accroît encore ; le prurit est plus intense, mais la verge est désenflée : le malade entre à l'hôpital.
Aujourd'hui l’éruption semble à son déclin ; sur les régions primitivement envahies, les. démangeaisons sont
gi moins vives, mais, le dos, la région fessière et l’aine sont envahis à leur tour.
Pas de sommeil. Bon appétit.
Bien que le pansement à l’iodoformen'aitété appliqué que quelques jours, et que la quantité d’iodoforme employée ait été minime, le diagnostic fut portée érythème iodoformique. La suite démontra le fait d’une facon indubitable.
Pendant son séjour à l'hôpital, le malade fut vacciné. La pustule qui en résulta prit une extension considérable et un aspect analogue à celui d’un chancre induré.
On prescrit de l’iodoforme en poudre.
Nouvelle éruption érythémateuse semblable àla première.
OBservaTION XII
Due à l’obligeance du docteur Lucas-Champoinnière. gl p
Camusez Pierre entre à l’Isolement le 21 avril 1888 ; âge 42 ans. Chute sur le genou, il y a quinze jours. Développement d’un épanchement séreux 4 ou 5 jours après. Ouverture de la collection qui est vidée et pansée à l'iodoforme ; 8 jours après, eschare au sacrum, de la largeur d'une pièce de 2 francs. Pansement à la poudre antiseptique employée dans le service composé de poudre de benjoin, d’eucalyptus, d'iodoforme etc, après 2 heures, apparition de démangeaisons. On lève le pansement: l'éruption partie de la plaie a la forme d’un erythème papuleux qui gagne rapidement la presque totalité du corps: les vésicules se montrent en différents points : la température monte à 390 else maintient vers 38° pendant sept jours. — Le malade avait eu
déjà des manifestations eczémaleuses.
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OBsERvATION XIII
Due à Janonwky de Prague, empruntée aux Comptes-Rendus du | Congrès de Copenhaque (1884).
Un jeune homme âgé de 28 ans contracte un chancre mou au commencement de février. L'ulcère siégait à gauche dans la rainure ; les ganglions étaient infiltrés. Après la dis-' section du frénule faite à cause de la propagation de l’ulcère, j'ai pansé avec de l’iodoforme, le lendemain malaise général: il a des frissons. La température du soir s’élève jusqu’à 39°. Pas de localisation : l’ulcère était lardacé serpigineux. Au troisième jour, chute brusque de la température à 370. Au côté antérieur du tronc, de l'abdomen, et de la poitrine, se présente un phénomène intéressant. Du ligament de Poupart droit se répand un érythème prononcé et distinct jusqu’à une ligne allant de la spina ossisilei jusqu'à l'ombilic. L'’érythème bien marqué se perd ici. À gauche, dans la région hypogastrique deux taches érythémateuses, ainsi qu’à la région antérieure de la poitrine.Sous le ligament. de Poupart droit, on voit un érythème qui s'étend jusqu'au côté interne de la jambe : l'érythème cède à la pression du doigt et le malade ressent des petits picotements dans ia région affectée. La peau n’est pas infiltrée : Point de bulles ni de dermatite érysipélateuse ; le quatrieme jour, les îlots du côté gauche confluent, un érythème symétrique à celui du. côté droit, déjà pâlissant, s'étend à gauche. La température est sous-normale. Le sixième jour, on voit apparaître un érythème aux avant-bras, et dans la région lombaire ; le dixième jour, on voit aux endroits affectés un peu de décolle-
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ment de la lamelle épidermique. D'abord je croyais à un érythème causé par un embarras gastrique chronique. Mais après deux jours, quand je voyais les mêmes phénomènes se produire après l'application du pansement listérien, je Soupçonnais déjà l’iodoforme, l'observation de la marche de la maladie confirmait mes soupçons: une expérience vint les corrober. Le quatorzième jour je réappliquai l’iodoforme ; et deux jours après je voyais réapparaîlre un nouvel érythème qui se terminait au côté gauche,
OBsErvaTION XIV Due à Janowsky
B. J. menuisier, âgé de 22 ans, entre sous le Ne 8763 à la clinique le premier octobre de l’an passé. Il a une ulcération depuis 4 semaines et une adénile à l’aine depuis quinze jours. L'ulcération siégeait sur la face externe du prépuce. A l’aine droit on voit une tumeur fluctuante de la grosseur d'une orange. J’ouvris l’abcès et appliquai notre pansement typique à l’iodoforme. Le 2 octobre nouspouvons cons tater l’éruption, sans fièvre, d’un exanthème qui se compose de petits poinis isolés et confluents et qui se répand jusqu’au côtélatérai droit du thorax et descend au-dessous de laine, au côté antérieur de la jambe. On trouve aussi léruption au côté antérieur de l'avant-bras gauche. Au dos de rares traces de l’exanthème. Au troisième jour, l’exanthème se dissipe mais réapparaît avecle renouvellement du pansement d'iodoforme.