‹ Éruptions IodiformesChapitre 9 sur 20 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Due à M. Vanheuverswyn.

Joséphine Spr..….., âgée de 16 ans, est en traitement dans le service de M. le professeur Luret,depuis 10 mois environ, pour une synovite fongueuse des péroniers latéraux de la jambe droite.

Le 16 mai 1887, on fait de l’ignipuncture profonde au niveau du trajet des gaines synoviales intéressées, sur le tiers inférieur de la jambe et la parie postérieure de la face externe du pied. On enfonce la pointe fine du thermo-cauière vingt fois environ jusqu’à une profondeur de 7 ou 8 millimètres. On saupoudre la plaie avec l’iodoforme en paillettes, on applique un pansemeut de Lister ; puis le piedet les 2 tiers inférieur de la jambes sont recouverts d’un appareil silicaté.

Le lendemain, 17 mai, à la contre-visite du soir, nous constatons sur le corps de l’enfant une éruption de taches rouges, très peu surélevées, éruption qui se localise plus spécialement sur certains points de la surface du derme.

En effet, un examen attentif nous montre qu'elle a respecté toute la portion antérieure et latérale du tronc, la face antérieure et la face interne des cuisses jusqu’au tiers inférieur, la région externe des deux bras etle cou. — Le pied et la jambe du côté sain, (étant donné le caractère bilatéral de l'éruption 1l en est sans doute de même pour le pied etla

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jambe du côté malade qui sont recouverts par l'appareil), les mains, les avant-bras, la région interne du bras, le front, la face, les joues, le menton, le cuir chevelu, le dos sont recouverts par l’exanthème.

Les taches sont rosées, surélevées, assez régulièrement arrondies. La pression les fait disparaître. Elles ont diverses grandeurs, depuis la dimension d'une tête d'épingle jusqu'à celle d’une lentille ou d’un pois. Des espaces de peau saine de 5 à 10 millimètres les séparent : on les‘ trouve mélées partout à des plaques, formées sans doute par la confluence de taches d’abord isolées. Ces plaques sont irrégulières et ont toutes les formes. Elles sont en languettes, en fer à cheval ele. Au-dessus du genou, à la face antérieure de la cuisse, à l'endroit où l’enfant porte ses jarretières, on constate à droite comme à gauche, uné bandelette transversale, longue de 5 à 6 centimètres, large de 7 à 8 millimètres.

L'enfant n’a pas de fièvre, mange bien, dort de même. Elle ne se plaint point de démangeaisons ; mais l'infirmière du service nous dit qu’elle se gratte un peu au niveau des parties envahies par l’éruption.

Le 18 mai. — L’éruplion est d’un rouge plus pâle. Quelques plaques confluentes sont moins surélevées, au front, aux cuisses par exemple. Les bandelettes signalées au niveau des jarretières sont presque complètement disparues. Sur la muqueuse de la langue. derrière la pointe, existe de chaque côté de la ligne médiane antéro-postérieure de cet organe, deux érosions très-légères à grand diamètre dirigé suivant cette ligne. Elles sont longues d’un centimètre, larges de 5 millimètres. Leur fond rouge vif, lisse, tranche sur l’aspect rose pâle et tomenteux du reste de la muqueuse. On dirait qu'à leur niveau les papilles ont été rasées à leur

SET Que base, — Il n’y a pas de fièvre, l'appétit est conservé ; mais les démangeaisons sont un plus peu vives que la veille, quoique très-légères encore.

Le 19 mai. — La surélévation des plaques d’erythème a disparu à certains endroits ; ailleurs, elle a persisté et paraît même avoir reparu au niveau des taches où on nela constatait plus hier.

Bref, l'éruption parail se faire par poussées successives ; et ce qui tend à le faire croire, c’est qu'on constate aujourd’hui sur le ventre quelques boutons surélevés.

Léger furfur par ci par là.

Le 20. — Plus de plaques ni de boutons surélevés, encore quelques taches au front, sur la peau du dos et une sur les avant-bras,

Le 21. — Il ne reste plus rien de l’éruplion. — Pas de fièvre, pas plus qu’hier.

OBsEeRvaTION I]. -

Due à M. Walich interne des Hôpitaux.

s’agit d'un malade entré le 3 août à l’hôpital Lariboisière dans le service du docteur Blum, suppléé par le docteur Richelot. ;

Le nommé X..., âgé de 34 ans, cocher, sans aucun antécédent pathologique personnel ou héréditaire, fut mordu par un cheval, le 25 juin dernier, à la main gauche. La troisième phalange de l’index fut complètement enlevée. Ce malade se présenta alors à la consultation de chirurgie d’un de nos hôpitaux, On appliqua un pansement à la poudre d'iodofor-

4 Ge me, qui fut renouvelé Lous les deux jours pendant tout le mois de juillet. *

Le 3 août, le malade vint se présenter à la consultation de l’hôpital Lariboisière, se plaignant d’une sensation très-vive de brûlure à l’index de la main gauche. La plaie était presque guérie ; le moignon de son doigtne présentait plus qu’un bourgeon terminal. L’épiderme de la deuxième et de Ja troisième phalange était soulevé et mortifié, laissant voir, audessous de lui, le derme mis à nu, lisse et rouge vif. La première phalange du médius, dans ses régions dorsales el palmaires, présentait le même aspect. Le malade ne s’expliquail pas ces modifications, ayant été pansé, comme d'habitude, {rois jours auparavant. Nous crûmes nous trouver en présence d’une brûture au deuxième degré, produite par un liquide caustique, tel que l’emploi par mégarde, pour lavage d'une solution d’acide phénique trop concentrée. Les portions d’épiderme morlifiées furent excisées. La plaie fut pansée avec de la gaze iodoformée enduite de vaseline, le tout enveloppé dans de l’ouate. Le 6 août, trois jours après l'entrée du malade, le pansement souillé de pus futrenouvelé. L'épiderme de toute la main gauche était mortifié, s’enlevait comme un gant, laissant au-dessous de lui un derme rouge vif, saignant et suppurant, Continuation du même pansement (gaze iodoformée enduite de vaseline ; ouate.

Le 8, le même aspect de brûlure se montre sur l’index et le médius de l’autre main. On y applique un pansement semblable au précédent.

Le 40, sur les avant-bras et sur la moitié inférieure des deux bras, se montrent des plaques rouges confluentes ; sur chaque plaque se trouvent de larges vésicules plates conte-

nantun liquide séreux. Le diagonic n'en devient que plus

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