ARGUMENTS D'ORDRE CLINIQUE ET ÉPIDÉMIOLOGIQUE
Ce sont des faits d'ordre clinique qui attirérent les premiers l’attention à une époque où on ne possédait mi la cuti-réaction à la tuberculine, ni le radio-diagnostic, ni les méthodes précises qui permettent actuellement de mettre en évidence le bacille de Koch par la culture et l’inoculation au cobaye.
Uffelmann insiste le premier en 1872 sur la fréquence avec laquelle l’érythème noueux survient chez des sujets issus de familles tuberculeuses. Depuis, les observations n’ont pas cessé de se succéder, ayant trait soit à des érythèmes noueux chez des sujets vivant en contact avec des tuberculeux, soit à des érythèmes noueux suivis de mani-
festations cliniques indiscutables de tuberculose viscérale ou osseuse.
Lallier, en 1876, apporte la première observation française d’érythème noueux avec purpura marquant chez une femme de 22 ans le début d’une phtisie.
Dans les années qui suivent on signale de très nombreux cas de tuberculoses viscérales, plus particulièrement de pleurésies sérofibrineuses et de méningites tuberculeuses se déclarant quelques semaines après un érythème noueux (Dehme, Altemaire, Uffelmann, Schmits, Baumler, Goldscheider, Comby, Oppert, H. Lévy, Arborelius).
Récemment enfin les travaux de l'Ecole Suédoise, portant sur plusieurs centaines de cas de cette maladie si fréquente dans les pays nordiques, viennent confirmer cette Opinion.
L'étude même de ces petites épidémies, qui constituaient un des arguments principaux donnés par Trousseau en faveur de l’érythème noueux maladie autonome, permettra de retrouver presque toujours un cracheur de bacilles tuberculeux dans le fover contaminé. Les cas rapportés par Gendron, Lundius, Landau, Wallgren sont absolument démonstratifs à ce sujet.