‹ Erythrée [conte] OrnéChapitre 1 sur 3 · PRÉFACE DE CES CONTES · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE CES CONTES

/)ans /'Aphrodite de M. Pierre Louya, après avoir parle de Orphée à la petite reine Bérénice, Démétrios ajoute : « /e n'ai pas dit cela pour .pie tu co}nprenues. Je t'ai conté une histoire pour te calmer un peu. Maintenant il est tard et il faut dormir. ))

Les histoires dont vous alle^ lire la piemière, J'aurais aimé à les épii^naphier de cette phrase : Je ne les ai pas écritespour

que vous les comprenie.~, mais seulement f>oiir m amuser un. peu en essayant de plaire quelques instants à ceux qui ont échappé à la ridicule inanie de vouloir un rapport brutal entre tous les alinéas qui, typo graphiquement, se suivent.

Il ne faut pas chercher la logique paradoxale d'un Essai ou la continuité d'un Roman là où. l'on s'est proposé de plaquer des phrases, selon l'imprécision d'une émotion., un peu comme l'on griffe des accords énervés aux soirs orageux d'autoînne.

fe sais que ceux qui, sans se satisfaire de l'unité de sens qui sera certainement donnée à mon livre par ce que M. Henri de Régnier appelle : « les concordances mystérieuses qui existent malgré tout entre toutes choses », voudront atteindre

à c/e5 si-rrnificaiwns; secondaires, trouveront dans CCS contes plus et moins que Je ny ai voulu mettre. Un Essai, un Roman

'^ii'ent a/jir mer clairement : /e Pense qu'un Conte doit être comme un miroir que l'auteur cisèle Pour que des rejîets sy encadrent.

// \' .iii'rj sef^t contes parce que l on disiinoue sept couleurs da7is un spectre pur, et un huitième parce que ces couleurs dispersées se mêlent en la seule lumière blanche.

J'écrivis l un de ces contes dans le parc triste d'une ancienne abbaye où des ruines de chapelles écroulées se dressent au bout des allées sombres

Une amie jolie, frêle et passionnée, et qui savait chanter les mélodies de Schiimann, de Grieg et de Hahn, se pencha sur les feuillets qii éparpillait la brise levée sur la mer chanQ^eante

A la fin des nuits d'hiver oii le retour froid le long des avenues désertes succède au rire des amis dans les salles brillantes, j ai attendu les co7iseils du matin

Chacun de ces contes sera fonction d'un décor large ou morne et des baisers gui l'auront scandé. Et c'est parce qu'elles tiennent ainsi à nous que nous avons quelque/ois flus de tendresse pour ces productions de nos paresses fatiguées et rêveuses que pour les livres vivants où nous nous efforçons.

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