CHARDON
Celte spléno-contraction est le facteur primordial de la polyglobulie. Son seuil d'apparition, chez le chien chloralosé, est à 8.000 m. (soit une tension partielle de l'oxygène de 56 mm.
Hg.). C'est le même que celui de la polyglobulie (BEYNE, BINET et STRUMZA, 1934, (14).
Le rôle de la rate est ici bien mis en évidence à partir de 1926, par BINET et ses collaborateurs (16, 32, 13). Les anoxies sont créées soit par asphyxie, soit par dépression barométrique, soit, enfin, par inhalation de mélanges gazeux pauvres en oxygène. Or, chez l'animal splénectomisé, la polyglobulie n'apparait pas. Il en est de même si les vaisseaux du pélicule splénique ont été pincés par un clamp vasculaire. Cependant, si, au cours de l’anoxie où immédiatement aprés, on Ôle ce clamp, le nombre des hématies augmente brusquement.
On sait enfin qu'une splénocontraction. provoquée par injection cndoveineuse d'adrénaline, fait apparaître une polyglobulie rigoureusement analogue à celle de l’anoxie.
La rate, apparait donc comme devant être, en se contractant, l'organe essentiel de la polyglobulie des anoxies aigües. il s'agit d'une polyglobulie par chasse splénique (polyglobulie de chasse).
Par ailleurs, ce seuil de 8.000 m. établi expérimentalement par BEYNE, BINET et STRUM- ZA, n'a pas une valeur absolue. Praliquement,
Du
en effet, il peut être considérablement abaissé. Comme le font remarquer ces mêmes auteurs, (15), il est fonction, non pas du déficit en oxvgène dans Pair inhalé, mais en réalité, du degré d’anoxémie. Cr, celui-ci dépend de trois facteurs : Papport d'oxygène au sang, la quantité et le pouvoir de fixation de lhémoglobine, et enfin, la consommation d'oxygène par les tissus. Ce dernier facteur est extrêmement important. Il est conditionné par des causes diverses (activité physique, froid, activité thyroïdienne, etc), qui peuvent s'ajouter à la dépression barometrique pour augmenter Fanoxémie. Enfin, divers éléments peuvent, indépendaniment de lanoxie, augmenter directement lPadrénalino-sécrétion et, de ce fait, favoriser Ja splénocontraction, C’est par exemple, le cas de Pémotion.
Pour ces diverses raisons, la polyglobulie de chasse a pu être décrite à des altitudes inférieures à 8.000 m. et même au dessous de 35.000 m1. (J. GAULE, 1901, (29) ;. CALUGAREAUNU et V.