Voir, sur les tétralogies, l'introduction, page
LES SEPT CONTHE TIIKHES.
adiiiirnlioM pour vc di-aiiip « toiif plein de Mais ». le__sijxiiiuL- : Polynice et Ktéocle élaieiil les deux lils d'Œdipe. Chaj^sé de Thebes par son frère, Polynice vient tenter de la r^onquérir, avec Taide des Argiens qui lui ont donné asile. Nous sommes au jour même de l'assaut suprême, comme le devin Tirésias l'a annoncé à Ktéocle. Nos extraits et nos analyses montreront qnel i)ai'ti Eschyle a tiré de cette donnée. L'action est encore assez simple. (pioi(pie lieanconp plus variée (pie dans les Suppliantes.
Le devin Tirésias a donné avis à Ktéocle que les enneinis préparent u» assaut général. Étéocle, apivs ayqir envoyé un émissaire en reconnaissance, rassemble sur rAcropoli^ de Thèbes tous les citovens et les exhorte au combat. .
Étkoci.k. — ('iloyens de la ville de Cadiiiiis, il faut (juil dise ce (jui convient aux circonstances, celui qui, pareil à un pilote, accomplit sa lonction à la poupe de la cité, manœuvrant le gouvei'nail, sans laisser le sonnneil fermer ses paupières. Car si nous réussissons, la cause, dit-on, en est aux Dieux! Si au contraire, — et puisse-t-il n'en être pas ainsi! — un malheur venait à survenir, seul le nom d'Ktéocle, dans toute la ville, passerait de houclieen bouche, répété par les chansons des citoyens et [)ar leuis lamentations. Mais puisse Zeus, (pii détoui'ue les maux, mérilei" le nom (pie lui donne la ville des (ladnn''ens! lN)ur vous, il faut maintenant (pie ceux qui n'ont pas atteint encore ràjic viril, et ceux (pii l'ont dépassé. ap[»elant à leur aide toute la viiiueui' de leur corps, avec ceux (pii son! dans la l'oi'ce de l'âge, chacun selon son pouvinr, défendent la ville et les autels des Dieux de la patrie, pour (pie leurs honneurs ne soient pas ellacés, et lenrsenfaids, et la Terre noire mèi'e, notre chère nouiiice : car c'est elle (pii, prenant poui' elle toute la |)eine, recevanl les petits eidanls qui rampent sui' son sol bienveillant, les a nouiiis pour en faire des ciloyens p(n'leuis de boucliers, afin (pie \oiis
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lui soyez fidèles pour cette tâche ! Et maintenant jusqu'à ce jour, la Divinité penche de notre côté! Car depuis que dure ce siège, grâce aux Dieux, la guerre a presque toujours été heureuse poi^r nous. Mais aujourd'hui a parlé le devin, qui veille sur les augures*, le devin qui, privé de la lumière, à l'aide de ses oreilles et de son esprit, observe avec un art infaillible les oiseaux fatidiques; il dit, le maître souverain de ces présages, que les Achéens méditent nuitamment et vont diriger un assaut suprême contre la ville. Tous donc, aux créneaux, aux portes des remparts, marchez, élancez-vous, en armes. Remplissez les parapets, placez-vous sur la charpente des tours, et gardez, avec courage, les issues des portes. Ne vous laissez pas effrayer par la foule des assaillants : h Divinité y mettra ordre. Pour moi, j'ai envoyé vers le camp ennemi des émissaires en reconnaissance, et j'ai confiance qu'ils ne se seront pas mis en route en vain; quand j'aurai entendu leurs rapports, je ne me laisserai pas surprendre par la ruse.
Le Messager. — Etéocle, chef souverain des Cadméens, je viens t'apporter des nouvelles certaines de là-bas, de l'armée ennemie; moi-même j'ai vu de mes yeux les choses. Sept guerriers, sept chefs impétueux, inunolaient un taureau dont le sang coulait dans un bouclier noir, et, trempant leurs mains dans ce sang, ils ont fait serment par Ares, par Enyo et par Phobos*, ami du carnage, ou ])ien de ruiner la ville et de renverser de force la cité des Odméens, ou bien de périr et de tremper la terre de leur sanc Puis, ils attachaient au char d'Adraste des souvenirs qu'il pût rapporter à leurs parents, à son retour"; et ils
1. Le texte est plus hardi : le devin, pasteur des oiseaux (qui portent les présages).